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En Gironde, le patron du café du village met en place un système d’abonnement pour sauver son commerce

Par Clément Arion, Le Figaro Bordeaux

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Pascal Szitas a ouvert le commerce il y a un an, à Balizac, un village de 500 habitants, en Gironde. Clément Arion / Le Figaro

REPORTAGE - Pour garantir l’avenir de son commerce, ouvert il y a seulement un an à Balizac, Pascal Szitas a lancé une initiative unique en son genre.

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« J’ai essayé de faire l’abonnement sur internet, mais je n’y arrive pas. » En poussant la porte du café de Balizac, Geneviève, 77 ans, vient apporter son soutien à sa manière. « C’est le seul commerce du village. Je ne viens pas tous les jours, alors je soutiens comme je peux. Et puis je serai bien contente de le trouver ouvert le jour où j’aurai besoin de quelque chose », confie-t-elle, sourire aux lèvres. Depuis un peu plus de trois semaines, Pascal Szitas, 39 ans, a lancé un appel à l’aide pour maintenir son commerce à flot. Son idée : mettre en place un système d’abonnement, donnant droit à différents avantages. Pour 20 euros par mois, par exemple, les adhérents bénéficient d’un café, d’une bière, de 5 % de remise sur leurs achats et d’un accès à des vidéos montrant les coulisses du commerce.

L’initiative lancée par Pascal Szitas. Clément Arion - Le Figaro

« Cela nous permet d’avoir une base de revenus réguliers pour payer les charges. Au départ, je n’y croyais pas vraiment, mais les gens ont été très réceptifs. J’ai de nouveaux abonnements presque tous les jours », explique le commerçant. Entre 40 et 50 habitants ont déjà franchi le pas. « Il faudrait parvenir à une centaine d’abonnés, ça me permettrait d’être plus serein. »

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« J’y crois encore »

Derrière cette mobilisation se cache une réalité économique difficile, accentuée par le début du conflit au Moyen-Orient, en mars dernier. « Avec la hausse du carburant, les gens ont réduit leurs dépenses et viennent moins souvent. Le panier moyen a pris un coup. À cela s’ajoutent les factures d’électricité qui augmentent, les fournisseurs, les impôts, l’Urssaf... À la fin, je ne m’y retrouve plus », déplore Pascal Szitas. Il y a un an, cet ancien vendeur de matériel de laboratoire s’était lancé dans un pari un peu fou : ouvrir un café-épicerie dans ce village d’un peu plus de 500 habitants. On y trouve aussi bien des viennoiseries, des sandwichs, des fruits et légumes que des produits locaux du quotidien.

Mais le lieu est surtout devenu un point de rencontre pour les habitants, un espace de convivialité où l’on vient boire un café, échanger quelques mots ou participer aux animations proposées au fil des semaines. Samedi 13 juin, une soirée-concert dédiée à la chanson française y est d’ailleurs programmée. Malgré les difficultés, Pascal Szitas refuse de se décourager. « Je fais un point sur la situation semaine après semaine. J’essaie de ne pas trop m’en soucier, sinon je ne dormirais plus la nuit. J’y crois encore. »

Pour lui, l’enjeu dépasse désormais le simple avenir de son commerce. « Les habitants veulent sauver leur café. Aujourd’hui, ils sont contents de l’avoir et ils ne veulent pas le perdre. Même les personnes âgées s’y mettent. Ils ne font pas ça pour moi. Ils le font pour conserver un lieu où se retrouver, échanger et faire vivre le village. » Reste désormais à savoir si l’élan de solidarité sera suffisant. À Balizac, chaque nouvel abonnement rapproche un peu le café de la survie. Et éloigne, au moins pour un temps, la perspective d’un rideau définitivement baissé.

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9 commentaires
  • Titi_Parizien

    le

    Bon courage à lui. Je me suis inscrit comme "habitué" même si je ne suis pas sûr de pouvoir y aller.

  • Surtsey-vestman

    le

    C est bien mais ce qui me dérange est que nous arrivons vers une génération d assistes. Comme la création de cagnottes pour suppléer un financement. Tout est ainsi fait pour limiter la responsabilité. Avant de reprendre un commerce, on étudie la pérennité de l affaire. On ouvre pas son bar et on attend les subsides des autres pour rester ouvert. Entreprendre nécessite une prise de risque. Dans ce cas , il utilise bien la responsabilité limitée. Si son commerce échoue, ce sera la faute des autres. Un peu moyen comme raisonnement. Qu en sera t il lorsque les abonnes se lasseront de ce projet?

  • Cocofoiegras

    le

    Je trouve ça incroyable qu’un café épicerie ne puisse survivre Il y a trop de Zones d’activité, les gens y concentrent toutes leurs courses et se fichent d’être insérer dans le local qui est l’âme d’un village.
    Ces zones provoquent des villes dortoirs hélas C’est la responsabilité des Français qui est engagée

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