Gironde : cinq hommes jugés pour avoir rendu un jeune aveugle lors d’un «bizutage» de quartier
Par Le Figaro avec AFP
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Ce qui était présenté comme une «chasse à l’homme» destinée à «endurcir» les plus jeunes du quartier s’est soldé par un drame irréversible, en 2020, à Cenon.
Passer la publicité Passer la publicitéLe procès de cinq jeunes hommes, accusés de violences qui avaient rendu aveugle un garçon alors âgé de 15 ans lors d'un «jeu» en banlieue de Bordeaux en 2020, s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises des mineurs de Gironde.
Aujourd'hui âgés de 22 à 25 ans, les mis en cause avaient entre 16 et 19 ans au moment des faits commis le 17 octobre 2020 dans une cave du quartier Palmer à Cenon. Jusqu'à vendredi, ils sont jugés pour des violences en réunion ayant entraîné une infirmité permanente - l'un d'eux est poursuivi pour complicité.
Passer la publicitéLes accusés qui comparaissent tous libres et la victime (21 ans) étant aujourd'hui tous majeurs, la cour d'assises des mineurs a prononcé la publicité des débats.
Poursuivre les «petits»
Les différents protagonistes interrogés durant l'enquête ont évoqué un «jeu», sorte de passage rituel dans le quartier, au cours duquel les plus grands menaient une «chasse à l'homme» en poursuivant des «petits», frappés s'ils étaient attrapés.
Ce 17 octobre, le jeune garçon de 15 ans rentre chez lui le visage tuméfié, avec «plusieurs bosses sur la tête», selon l'accusation. Il raconte à sa mère avoir été tabassé dans une cave, parce qu'il s'est rebiffé lors dudit «jeu», présenté aussi comme un «bizutage» pour endurcir les plus jeunes.
Devant les enquêteurs, l'adolescent décrit un déferlement de violences : des gifles puis, alors qu'il s'énervait et essayait de repousser ses agresseurs, des coups de poing «très forts» et notamment à la tête. Un autre jeune du quartier finit par intervenir dans l'attroupement pour interrompre les coups et ramener la victime, en pleurs, chez elle. Les jours suivants, son état se dégrade et le garçon est hospitalisé. Une hémorragie intra-orbitaire lui compresse les nerfs optiques, entraînant une cécité «totale et définitive» des deux yeux, comme l'ont relevé les experts médicaux.
Parmi ses agresseurs présumés, l'un conteste toute participation aux faits quand trois autres la reconnaissent mais minimisent les coups, qualifiés de «petites claques», en affirmant que le «jeu» a «mal tourné», voire que la victime s'est cognée la tête toute seule. L'adolescent avait tu pendant plusieurs jours les identités de ses agresseurs par peur des représailles et parce que certains étaient des amis de son frère.
