La mairie de Bordeaux refuse un legs d’objets d’art africains pour les restituer à leurs pays d’origine
Par Marie-Hélène Hérouart, Le Figaro Bordeaux
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La ville, qui s’était vu léguer par testament cette collection, a décidé de refuser l’héritage. Une décision qui vise à promouvoir une «politique muséale responsable» dans le respect des principes de coopération internationale.
Passer la publicité Passer la publicitéL’affaire aurait pu faire polémique. Mais la mairie de Bordeaux a décidé de prendre une décision rare. Elle doit refuser, lundi prochain en conseil municipal, le legs d’une collection d’art africain. Composée de 53 objets dont des bijoux et accessoires touaregs, cette dernière avait été constituée et léguée par testament à la ville en 2022 par la Bordelaise Marie-Thérèse Petit. Cette dernière, née Deleigne, était sage-femme. Avec son époux Jacques Petit, chirurgien, elle a vécu au Togo, au Gabon et au Niger de 1947 à 1982 avant de rentrer en France. Les objets d’art qu’elle a amassés sont originaires de ces pays ou encore de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Togo et de la République démocratique du Congo (RDC).
Le lot le plus intéressant, composé de 33 biens, provient du Gabon. Certaines pièces, issues de la culture tsogho, sont peu représentées dans les collections publiques des musées, y compris au Gabon.
Passer la publicité«Respect des droits culturels»
Le pays a donc demandé leur restitution en septembre 2023, afin de les exposer dans un musée de Libreville, sa capitale. En parallèle, le Nigeria (13 biens) et la Côte d’Ivoire (sept biens) ont également fait savoir qu’ils aimeraient récupérer les objets d’art originaires de leur territoire.
Des desiderata auxquels Bordeaux a répondu favorablement. « La Ville souhaite promouvoir une politique muséale responsable, éthique et concertée, dans le respect des droits culturels et des principes de coopération internationale », a déclaré Thomas Cazenave dans un communiqué. Pour récupérer lesdits biens, les pays concernés devront engager des démarches auprès du notaire en charge de la succession de Marie-Thérèse Petit.
