De nouvelles mesures de sécurité mises en place à l’aéroport de Nantes après le passage accidentel d’un enfant dans un scanner à bagages à rayons X
Par Ilian Valet
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L’incident, survenu le 11 août 2025, avait contraint l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection à ouvrir une enquête.
Passer la publicité Passer la publicitéUn simple incident à l’aéroport de Nantes-Atlantique pourrait-il modifier durablement l’enregistrement des bagages dans les aéroports français ? C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête lancée après le passage d’un enfant dans un scanner à bagages à rayons X il y a plus de sept mois désormais.
Le 11 août 2025, ce dernier a en effet échappé à la vigilance de ses parents pendant qu’ils enregistraient leurs bagages en soute pour grimper sur le tapis roulant menant au scanner, utilisé dans les aéroports afin d’empêcher toute intrusion d’objets illicites à bord d’un avion. Le personnel, également pris de court, n’a pu intervenir à temps.
Passer la publicitéL’enfant a finalement été récupéré quelques instants plus tard puis raccompagné auprès de sa famille, qui a pu poursuivre son voyage sans encombres. Si cet épisode prête à sourire dans un premier temps, il a été estimé suffisamment grave pour que l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) décide d’ouvrir une enquête approfondie, dont les conclusions ont été rendues mercredi 25 mars dernier.
Trois fois supérieur à la dose annuelle réglementaire
Intitulée «exposition anormale d’un membre du public dépassant les limites annuelles réglementaires», le document, que Le Figaro a pu consulter, fait état d’un «événement significatif relatif à l’irradiation d’une personne (enfant)» signalé par les aéroports du Grand Ouest le 15 septembre 2025.
D’emblée, il précise que ce type de scanners sont autoprotégés, «ce qui signifie qu’ils ne présentent aucun risque d’irradiation pour les passagers circulant à proximité dans des conditions normales». Pour autant, le danger est réel en cas de passage à l’intérieur du dispositif. L’ASNR a en effet estimé que l’enfant a été exposé à hauteur de 3 millisieverts, soit l’équivalent d’un scanner pulmonaire.
Un chiffre trois fois supérieur à la dose annuelle réglementaire, obtenu grâce à plusieurs mesures expérimentales menées par l’aéroport de Nantes, malgré des incertitudes qui demeurent «concernant la position de la personne dans le contrôleur à bagages et la durée d’exposition (quelques secondes)», nuance l’organisme spécialisé.
«Une diffusion du retour d’expérience»
«Au regard de la dose reçue par cette personne, l’ASNR classe cet événement au niveau 1 de l’échelle INES, qui comporte 8 niveaux, de 0 à 7», complète-t-il. L’autorité reconnaît ainsi une anomalie, en s’appuyant sur l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (INES) permettant à chaque pays de communiquer de manière similaire sur la gravité d’un événement en lien avec la sûreté nucléaire ou la radioprotection du public et des travailleurs.
Passer la publicitéCette échelle avait été développée à la suite de l’accident de Tchernobyl en 1986. Depuis la publication de ces résultats, plusieurs mesures de sécurité ont été prises sur place, selon Ouest France. Séparations physiques supplémentaires au niveau des tapis, caméras permettant de détecter une présence humaine grâce à l’intelligence artificielle, bouton d’arrêt d’urgence... Des aménagements coûteux mais nécessaires pour éviter un nouvel accident.
Du côté des personnels affectés à l’enregistrement des bagages, ils ont reçu «une sensibilisation de prévention notamment en cas de présence d’enfant et des moyens d’arrêt supplémentaires ont été mis en place». «L’aéroport de Nantes a prévu prochainement une diffusion du retour d’expérience de cet évènement à l’ensemble des aéroports sur le territoire national», conclut l’ASNR.
