«On ne recherche pas un élément de décor mais une vraie incarnation» : figurant à l’opéra, un métier de l’ombre de plus en plus prisé
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RÉCIT - Comédiens mimes, danseurs externes ou acrobates, ils sont près de 300 à nourrir chaque saison les productions lyriques de l’Opéra de Paris. Ces professionnels, qui restent dans l’anonymat, sont pourtant essentiels à la dramaturgie du spectacle. Le Figaro est allé à leur rencontre.
Passer la publicitéEn cette première quinzaine de mai, la salle Ravel de l’Opéra Bastille bruisse de rires joyeux. Depuis une heure, les dix-sept comédiens mimes de La Cenerentola, mise en scène par Guillaume Gallienne, répètent leur scène d’arrivée au bal. Sous le regard scrutateur d’Alejandro Stadler, son assistant metteur en scène, les filles se toisent. Singent la dispute silencieuse des prétendantes. Les visages, particulièrement expressifs pour être vus de loin, expriment ici la jalousie ou la réprobation. Là, la surprise ou la déception.
Courant de cour à jardin, la régisseuse de scène Sabine Blachère veille au grain. Distribue déjà les tops de départs, sur les notes enlevées de Rossini. « À Garnier, vous devrez faire bien attention à vos pieds et vos chevilles, prévient Alejandro de sa voix rocailleuse. Le terrain est très accidenté. On est à Naples, aux abords d’un volcan. On a fait des marquages avec du scotch pour simuler les différents éléments. La ligne jaune, c’est la coulée de lave qui s’est…
