«Si c'est la seule solution, nous le ferons» : comment une entreprise peut-elle être «temporairement» nationalisée?
Par Claudia Cohen
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DÉCRYPTAGE - Nombre de sociétés se trouvent affaiblies par la crise du coronavirus. Outre les prêts garantis par l'Etat pour sauver nos fleurons français, des montées au capital, voire des nationalisations «d'urgence», sont envisagées par Bercy.
Passer la publicité«Je peux même employer le terme de nationalisation si nécessaire », martelait Bruno Le Maire fin mars. Le ministre de l'Économie ne s'en cache pas : pour «protéger le patrimoine industriel français » des marchés vautours, le gouvernement est prêt à tout. La récession fait tomber les anciennes doctrines et oblige l'exécutif à revoir sa politique économique.
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En se disant prêt à nationaliser des fleurons français affectés par la crise du coronavirus, le gouvernement opère un revirement brutal, à rebours de la privatisation récente de la Française des jeux et de celle, mise en suspens à cause de la pandémie, d'Aéroports de Paris. «Le ministre de l’Économie et des Finances a été clair : l'objectif n'est pas de nationaliser par principe. Mais à l'inverse, de se dire que si c'est la seule solution pour sauver des secteurs stratégiques et vitaux pour l'économie, nous le ferons », explique au Figaro Martin Vial, le directeur de l'Agence des participations de l'État (APE).
Ce vendredi soir, Bruno Le Maire a annoncé un «soutien historique» de 7 milliards d'euros à Air France, dont l'État possède 14,3% du capital, sous la forme de prêts garantis et d'une avance d'actionnaire. Si une montée au capital par l'État ne semble pas à l'ordre du jour pour la compagnie franco-néerlandaise, plusieurs entreprises pourraient toutefois en bénéficier dans les mois à venir. Et des nationalisations «d'urgence» sont également envisagées en «dernier recours» par Bercy.
Selon nos informations, ces potentielles recapitalisations ne devraient pas intervenir avant…
