Mort de Jean Pormanove en direct: la justice face au sinistre business de la maltraitance en ligne
Par Esther Paolini
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DÉCRYPTAGE - La mort de cet ancien militaire de 46 ans, après de multiples violences et humiliations diffusées sur la plateforme Kick, pose la question des moyens de la justice pour endiguer ce phénomène alarmant.
Passer la publicitéIl est mort après avoir été, durant des mois, le souffre-douleur de toute une communauté. Dans la nuit du 17 au 18 août, Raphaël Graven, plus connu sous le pseudonyme «Jean Pormanove» ou «JP» est mort en direct lors d’un live sur la plateforme de streaming Kick qui durait depuis 12 jours. Cet ancien militaire de 46 ans faisait l’objet d’humiliations et de violences de la part de deux autres «streameurs», sous l’œil complice des internautes. Une autopsie doit avoir lieu jeudi afin de déterminer les causes de la mort. Mais l’affaire suscite une vague d’indignations et interroge quant à l’action de la justice face à cette marchandisation de l’humiliation.
«Faire le buzz»
Depuis environ deux ans, la victime «Jean Pormanove» réalisait avec Owen C., plus connu sous le pseudo «NarutoVie», Safine H., alias «Safine» et un certain «Coudoux», un homme handicapé sous curatelle, des contenus faisant la promotion de la maltraitance en direct sur Kick. Moins connue que sa concurrente Twitch, la plateforme est pointée du doigt pour sa modération très souple concernant les contenus violents ou à caractère sexuel.
Dans un local de l’arrière-pays niçois, «Jean Pormanove», parfois en compagnie de Coudoux, était filmé en train de subir coups, strangulations, insultes ou brimades. Pour réagir et participer à distance à ce sinistre tableau…
