Nantes : un adolescent tué par balle, les jours d’un deuxième jeune très gravement blessé «ne sont plus en danger»
Par Le Figaro avec AFP
à vos sources préférées
- Lire dans l’app
-
Nouvelle fonctionnalité !
Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils.
Sauvegarder un article
Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils.
-
Lien copié
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d’un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade «manifestement liée au trafic de drogue» et a souligné que les jours d’un deuxième jeune très gravement blessé «ne sont plus en danger».
Passer la publicité Passer la publicitéUn adolescent d’une quinzaine d’années a été tué par balle jeudi soir et deux autres mineurs blessés, dans un quartier populaire de Nantes, déjà touché fin avril par des tirs mortels sur fond de narcotrafic. Il y a un «très probable fond de narcotrafic», a déclaré la maire Johanna Rolland dans un communiqué, évoquant «un drame absolu». «Tous les moyens de police et de justice doivent être mis en œuvre pour interpeller et condamner les auteurs de ce meurtre», a-t-elle ajouté.
Les tirs ont eu lieu vers 19h30 dans un immeuble et les auteurs présumés des coups de feu, venus sur un deux-roues, ont pris la fuite, selon des sources concordantes proches de l’enquête. L’adolescent décédé a reçu une balle dans le cœur, ont précisé ces sources. Le pronostic vital de l’un des deux adolescents blessés transportés à l’hôpital, âgé de 13 ans, est «très engagé», selon le procureur de Nantes. L’autre adolescent est âgé de 14 ans. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se rend sur place vendredi matin, a annoncé son entourage à l’AFP.
Passer la publicitéLe quartier populaire de Port-Boyer, hérissé de barres d’immeubles construits au bord d’une rivière, l’Erdre, au nord de la ville, était quadrillé jeudi soir par les forces de police, a constaté une journaliste de l’AFP. Installée à bord d’une voiture, la mère d’une des victimes criait de désespoir.
«Comme dans un cauchemar»
Stella, 35 ans, une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) en recherche d’emploi, a vu son fils de trois ans échapper de peu à la fusillade et son neveu de 14 ans a été hospitalisé après avoir été touché à la cuisse. «Ils étaient ensemble pour aller chez leur grand-mère. J’étais à la maison quand c’est arrivé, c’est un policier qui m’a appelé pour me ramener mon fils et m’annoncer que mon neveu était blessé. Je suis comme dans un cauchemar et en colère car j’ai failli perdre mon fils», a-t-elle témoigné auprès de l’AFP, tenant fort dans sa main son petit garçon dont le pantalon était taché de sang.
À lire aussi « On s’habitue à ce que ça tire » : à Nantes, les coups de feu du narcotrafic s’ancrent durablement dans le paysage
«On sortait des courses avec ma mère et mon chien. On a entendu des tirs - une dizaine, à deux reprises - et j’ai tiré ma mère par le col pour rentrer dans notre tour. J’ai juste vu beaucoup de monde, des gens cagoulés et habillés tout en noir, qui couraient dans l’herbe», raconte Angeline, une prothésiste ongulaire de 18 ans. «Depuis 15 ans ça n’a cessé de se dégrader ici. Les gens ont peur, les fusillades sont fréquentes, lance-t-elle. La dernière fois c’était dimanche dernier à 16h. L’après-midi, les parcs pour enfants sont déserts car les parents ont trop peur pour eux».
«Je ne me sens pas en sécurité. Petite, je sortais seule sans souci. Maintenant j’ai même peur de descendre sortir les poubelles», témoigne encore cette jeune femme. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rendra sur place vendredi matin, a fait savoir son entourage à l’AFP.
La maire déplore un «drame absolu»
La maire de Nantes, Johanna Rolland, hors de la ville jeudi soir, a indiqué sur X qu’elle rentrait «immédiatement» pour se rendre sur place. «Face à ce drame absolu mes premières pensées vont à ses parents et aux habitants du quartier où l’émotion est immense», a-t-elle ajouté, en précisant que ses adjoints de quartier et à la sécurité étaient sur les lieux de la fusillade aux côtés du procureur et des forces de police.
Fin avril, un jeune homme avait été tué et un autre gravement blessé par balle dans le même quartier, des violences potentiellement liées au narcotrafic, avait alors indiqué le procureur de Nantes, Antoine Leroy. Les deux victimes fin avril, connues de la justice, avaient été prises pour cibles par un tireur muni d’un pistolet, qui s’était enfui.
Dans la Cité des Ducs, et en particulier dans le quartier de Port-Boyer, les violences liées au narcotrafic s’ancrent durablement dans le paysage. Huit épisodes de tirs avaient été recensés dans le secteur rien qu’entre octobre et décembre 2025. Ce quartier et Pirmil ont récemment détrôné le secteur Nantes Nord en termes de nombre de coups de feu tirés.
