Air France-KLM chute en bourse, après un été moins bon que prévu
Par Le Figaro avec AFP
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Air France-KLM a chuté en bourse jeudi après avoir réalisé un été moins bon que prévu, conséquence d'un «environnement difficile» de baisse de la demande aux États-Unis et d'augmentation des charges. Le groupe aérien franco-néerlandais a vu son bénéfice net s'éroder de 7% au troisième trimestre sur un an, à 768 millions d'euros, également affecté par une relative contre-performance du fret et de sa compagnie low cost Transavia, même si la baisse des cours du pétrole lui a permis d'alléger sa facture de carburant.
Le chiffre d'affaires a crû de 2,6%, à 9,21 milliards d'euros, tandis que la marge opérationnelle est restée quasi stable à 13,1% (-0,1 point). Encore la référence était-elle basse puisque l'activité avait été lestée au début de l'été 2024 par une désaffection des touristes habituels envers Paris, en raison des Jeux olympiques. Les investisseurs ont mal réagi, le titre Air France-KLM dévissant de 14% à 10,1 euros à 15h00 à la Bourse de Paris, dans un marché en baisse de 0,67%.
Passer la publicitéL'entreprise a certes confirmé ses objectifs annuels, mais ses chiffre d'affaires et bénéfice d'exploitation (1,2 milliard d'euros) étaient inférieurs aux attentes du marché. Les analystes d'Oddo BHF ont noté une «déception en termes de recettes unitaires». «Je pense que l'on peut dire que cela a été un trimestre difficile, et même un trimestre décevant», a concédé le directeur financier, Steven Zaat, lors d'une conférence de presse téléphonique. Il a cité «les conséquences de la situation des visas et de l'immigration aux États-Unis», où l'administration de Donald Trump a pris des mesures pour limiter l'immigration et rendu plus ardue l'obtention de visas de tourisme et d'études.
Ce phénomène, déjà invoqué par Lufthansa lors de la publication de ses résultats trimestriels, est visible sur le taux de remplissage des avions d'Air France et KLM desservant l'Amérique du Nord, en baisse de 1,1 point sur un an à 89%, mais aussi sur l'ensemble du réseau long courrier (-0,7 point). La classe économique est davantage affectée que les sièges plus onéreux (classe affaires, Première) qui continuent à bien se vendre, selon le groupe. L'ensemble franco-néerlandais a attiré 4,7% de clients en plus l'été dernier qu'un an auparavant, avec 29,2 millions de passagers entre début juillet et fin septembre. Mais cette progression a été inférieure à l'augmentation des capacités, aboutissant à une baisse du taux de remplissage de 0,5 point à 88,8%.
Le modèle de KLM en question
Les recettes unitaires, en baisse de 0,5%, ont été plombées par la branche fret, des avions ayant été davantage immobilisés qu'attendu pour des opérations de maintenance. Transavia, qui est en train d'accroître sa flotte, a aussi pesé. Le groupe a relevé l'«effet négatif significatif» de l'augmentation de la fiscalité sur les billets d'avion en France en 2025. Les coûts ont augmenté de 1,3%, dans la fourchette basse des objectifs, conséquence notamment d'un bond de 41% des redevances aéroportuaires à Amsterdam-Schiphol, la plateforme de correspondance de KLM.
Cette situation, si elle perdure, va forcer la compagnie à «revoir son modèle économique», a prévenu jeudi le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, en mentionnant «le nombre d'avions, le type d'avions, les flux de passagers, les destinations, les effectifs, etc.» Le groupe Lufthansa a lui aussi annoncé, le 30 octobre, avoir subi une chute de son bénéfice net au troisième trimestre, de 12% sur un an à 966 millions d'euros. L'autre grand acteur généraliste européen de l'aérien, IAG (British Airways, Iberia...) publiera ses résultats vendredi.
Au cours des neuf premiers mois de l'année, Air France-KLM a engrangé un bénéfice net plus que doublé sur un an, à 1,17 milliard d'euros, sur un chiffre d'affaires en progression de 5% à 24,8 milliards. Le groupe a confirmé jeudi tous ses objectifs financiers pour l'année en cours, dont une augmentation de ses capacités de 4 à 5% par rapport à 2024. La société continue d'investir dans de nouveaux appareils, à hauteur de plus de 2 milliards d'euros par an, et a fait valoir que près du tiers de sa flotte était désormais composé d'avions de nouvelle génération, plus économes en carburant.
