Analyse des données : le groupe américain Palantir renouvelle son contrat avec Airbus
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Dans le cadre d’un nouveau contrat de dix ans, le géant de l’aéronautique continuera à utiliser le logiciel Foundry de Palantir pour sa plateforme Skywise.
Passer la publicité Passer la publicitéAirbus renouvelle sa confiance dans Palantir. Le géant européen de l’aéronautique a confirmé, ce mardi, une information du média Intelligence Online. «Nous poursuivons notre relation contractuelle avec Palantir dans le cadre de notre solution Skywise, qui permet à plus de 150 compagnies aériennes dans le monde d’exploiter les données liées à leurs opérations afin de réduire leurs coûts et d’augmenter la disponibilité de leurs flottes», précise un porte-parole du constructeur. Le contrat avec le spécialiste américain de l'analyse des données a été formellement signé fin 2025. Il s’agit d’un nouveau succès pour l’éditeur de logiciels américain en France. Mi-décembre 2025, ce dernier avait annoncé avoir prolongé, pour une durée de trois ans, son contrat avec la DGSI, le renseignement intérieur français, à qui il fournit son logiciel spécialisé baptisé Palantir Gotham.
Palantir poursuit donc un partenariat avec un de ses trois premiers clients en France, hors gouvernement. « Nous avons commencé à travailler pour Airbus en 2015, avec un premier contrat pour l’aider à résoudre des problèmes rencontrés dans la production de l’A350 (le nouveau long-courrier qui venait d’entrer en service et dont la montée en cadence s’enclenchait, NDLR). Puis, Airbus a choisi notre logiciel Foundry pour équiper Skywise », rappelle Josh Harris, vice-président de Palantir et bras droit de son PDG, Alex Karp, dans un français quasi parfait.
Passer la publicité150 compagnies clientes
Lancée en 2017, Skywise représentait un pari fou : proposer aux compagnies aériennes un outil numérique commun sécurisé, collectant et analysant les données de vol de leurs flottes en service. Cela, afin d’offrir des solutions pour optimiser leurs opérations, réduire les immobilisations d’avions en améliorant et en réduisant le coût de leurs opérations de maintenance grâce à des modèles prédictifs. Un an après son lancement, Skywise avait convaincu douze compagnies.
Aujourd’hui, elles sont plus de 150 à être devenues clientes. Plus de 12.300 avions sont connectés à la plateforme qui exploite les données émises par les capteurs des appareils en temps réel. Au total, Skywise est utilisée par plus de 55.000 personnes de l’aérien dans le monde. Ainsi, easyJet a évité 120 annulations de vols, réduit 500 retards atténués, soit 12 millions d’euros économisés par an. Autre exemple, Qantas a réduit de 11% le temps de maintenance lors des «grandes visites» de ses avions (avec dépose du moteur, NDLR) grâce aux outils de prévisions.
Skywise permet aussi à Airbus d’avoir une connaissance fine et un historique du comportement de ses avions en conditions réelles d’utilisation. «Aucun constructeur n’a réussi à mettre en œuvre une telle idée, c’est un grand succès», salue Josh Harris.
Un outil pour optimiser la production
Skywise est aussi un outil utilisé pour les besoins industriels d’Airbus. La plateforme analyse également les données de production des usines et sites d’assemblage, ainsi que celles de plus de 20 fournisseurs qui sont des partenaires certifiés. Et a permis de développer «plus de 600 applications à usage interne, utilisées tous les jours pour assurer les opérations quotidiennes et le processus décisionnel», précise Airbus. « L’analyse des données aide Airbus à planifier sa production, à augmenter ses cadences, à améliorer le contrôle qualité et à mieux maîtriser sa chaîne d’approvisionnement », précise Pascal Tea, président de Palantir France.
Dans le cadre de son offensive en Europe, Palantir a déjà convaincu une douzaine de pays européens d’adopter son logiciel Gotham et de grands noms de la banque/assurance, telle que la Société générale en France, de l’automobile (Stellantis) ou encore de la pharmacie. «La France est notre troisième plus important marché en termes de chiffre d’affaires», précise Josh Harris.
Passer la publicitéCe qui soulève des questions, certains accusant Palantir d’être un faux nez de la CIA, ses logiciels d’avoir des «back-doors» permettant d’aspirer les secrets industriels de ses clients... L’entreprise a en effet été créée, en 2003, notamment par Alex Karp et Peter Thiel, un milliardaire libertarien, qui a cofondé PayPal. Celui-ci est un proche de Donald Trump, dont il est un soutien actif. À sa fondation, la mission première de la société était de développer des outils pour lutter contre le terrorisme. Palantir a d’ailleurs bénéficié d’une aide financière provenant d’un fonds de la CIA.
Des suspicions tenaces
De quoi alimenter les suspicions surtout dans le contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Europe, et de la France. « C’est du pur fantasme. Ce sont des rumeurs qui tournent depuis treize ans. Tout est faux : aucun de nos clients n’accepterait de travailler avec nous si c’était le cas », réagit Josh Harris, pour qui «il y a beaucoup d’incompréhension sur la façon dont nous fonctionnons et beaucoup de désinformation de la part de concurrents européens». À preuve, « ce sont nos clients qui choisissent leur infrastructure, leur cloud - souverain ou public - ainsi que leurs serveurs. Nos logiciels tournent sur leur infrastructure. Nous n’avons aucun accès aux données qui sont protégées et encryptées par nos clients : la clef est dans leurs mains », détaille Pascal Tea.
Les données des clients européens sont, à ce titre, protégées des lois d’extraterritorialités américaines, affirme Palantir. En clair, les informations d’Airbus ainsi que celles de ses partenaires sont à l’abri des regards des ingénieurs de la société américaine, et elles ne peuvent être transmises à la justice américaine. Malgré cela, plusieurs ONG continuent à déplorer l’usage de ces logiciels américains... qui, selon elles, serviraient aux gouvernements à mettre en place de la surveillance de masse, d'atteindre aux libertés individuelles et à la protection des données.
