«Je ne me sens rien d’autre qu’un citoyen français» : Marc Bloch, un patriote au Panthéon
Par Jean Sévillia, pour Le Figaro Magazine
à vos sources préférées
- Lire dans l’app
-
Nouvelle fonctionnalité !
Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils.
Sauvegarder un article
Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils.
-
Lien copié
Le 23 juin, Marc Bloch entre au Panthéon. Éminent spécialiste d’histoire médiévale, il fut un combattant de la Grande Guerre et de la campagne de 1940. Résistant sous l’Occupation, exécuté par les Allemands en 1944, cet intellectuel fut aussi un homme d’action.
Passer la publicitéEn mars 1941, Marc Bloch confiait à Philippe Wolff, un de ses élèves : « Je vous parle en père d’une nombreuse famille et je vous dis ma conviction que, sans le sacrifice suprême d’un grand nombre d’entre nous, la France ne pourra être rachetée. » Il ne pouvait savoir que, trois ans plus tard, son engagement lui coûterait la vie, mais peut-être le pressentait-il. Car Marc Bloch était non seulement un intellectuel de haute volée, mais encore un homme d’action.
Il vient au monde en 1886, enfant de la bourgeoisie cultivée. Son père, Gustave Bloch, est professeur à l’université de Lyon. Spécialiste réputé de l’Antiquité romaine, il enseignera plus tard à Paris, à l’École normale supérieure puis à la Sorbonne. En 1871, après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, les Bloch, juifs implantés dans la région depuis deux siècles, ont opté pour la nationalité française. Passion de l’histoire et patriotisme forment un héritage familial qui a indissolublement imprégné le jeune Marc Bloch.
