Vivaldi et moi : une histoire vraie dans la Venise du XVIII° siècle ? Le vrai du faux, entretien avec Damiano Michieletto
Par Isabelle Schmitz, pour Le Figaro Histoire
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ENTRETIEN - Le film de Damiano Michieletto : le sort des orphelines de la Pietà de Venise, que l’on destinait à la musique et à une vie cloitrée.
Passer la publicitéDans l’obscurité d’un soir de Mars 1740, la Riva degli schiavoni scintille. Sous les flambeaux qui éclairent la lagune, quelques curieux s’approchent, recevant, portées par la brise, des effluves de notes qui semblent se poursuivre, se cacher et rejaillir, vivaces, sous l’archet des violonistes. Dans l’église, parée pour l’occasion de damas et de brocarts d’or, le jeune électeur de Saxe Frédéric-Christian, fils du roi de Pologne, retient son souffle, ivre de cette musique dont parle l’Europe entière : celle des « muses » vénitiennes et de leur célèbre maestro dei concerti, Antonio Vivaldi.
Les yeux fixés sur les balcons grillagés, à huit mètres de hauteur, le jeune homme tente, comme tant d’autres, d’imaginer la vie de ces créatures aux silhouettes rouges et blanches et à la voix d’ange. Par quel privilège Ana Maria dal violino, Pellegrina dal oboe, Maria dalla viola ou Lucetta organista bénéficiaient-elles de l’enseignement d’un tel maître ? Elles avaient, dès leur plus jeune…
