Jacinda Ardern, la première ministre qui a redéfini le leadership : « La vie publique s’est déshumanisée »
Par LENA
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VU D’AILLEURS - Après six années au pouvoir, le départ de Jacinda Ardern a marqué l’aboutissement d’un style de gouvernance différent, à rebours des leaderships hypermasculins qui continuent de dominer le monde.
Passer la publicitéPar Mónica Ceberio Belaza (El País)
À une époque où la réalité ressemble souvent à une dystopie invraisemblable, Jacinda Ardern donne l’impression de venir d’un autre monde. Un monde où l’on défendait l’idée que le pouvoir pouvait s’exercer autrement, où l’empathie n’était pas une faiblesse, mais une force. Un monde séduit par la manière de gouverner d’une jeune première ministre d’un petit pays lointain, presque invisible sur la scène médiatique, dont le style tranchait avec le leadership hypermasculin aujourd’hui dominant. Elle se distinguait à bien des égards, jusque dans sa façon de quitter le pouvoir : en 2023, après six ans de mandat, elle a annoncé sa démission. La voix brisée, lors d’une conférence de presse qui a fait le tour du monde, elle a confié ne plus avoir « assez d’énergie ».
Près de trois ans plus tard, l’ancienne première ministre de Nouvelle-Zélande (Hamilton, 45 ans) arrive ponctuelle à l’entretien, vêtue d’un trench-coat beige, visage à peine maquillé, cheveux…
