Nucléaire: exsangue, l’Iran accroît la pression sur les États-Unis
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GRAND REPORTAGE - Téhéran met le président Biden sous tension en multipliant les entorses à l’accord nucléaire de 2015, pour renforcer sa position dans des négociations sur un retour à cet arrangement.
Passer la publicitéEnvoyé spécial à Téhéran
Au restaurant Ali Khapo, où Bâbak avait l’habitude de sublimer l’Iran devant les touristes étrangers, le jeune guide ne parvient pas à oublier la réalité. «Je me pose des questions, dit-il, je n’ai pratiquement plus aucun ami à Téhéran. Un est parti à Londres, deux en Australie et d’autres au Canada, où tout le monde veut émigrer.» Les Allemands, les Italiens et les Français ont déserté Ispahan, les tombes royales de Persépolis et les temples zoroastriens de Yazd. La stratégie de «pressions maximales» imposée par Donald Trump à l’Iran à partir de 2018, après être sorti de l’accord nucléaire international de 2015, a mis à genoux le tourisme et, au-delà, une bonne partie de l’économie. «Ce sont les cerveaux et les gens fortunés qui partent», regrette Bâbak. Près de 3000 médecins auraient quitté l’Iran, l’an dernier. «Les Iraniens aiment leur pays, ils sont patriotes, insiste-t-il en dégustant son dizi, le ragoût traditionnel, mais ils ont le sentiment d’être dans l’impasse…
