Système d’artillerie de longue portée : la France fait le choix de la «souveraineté» en sélectionnant le duo MBDA Safran
Par Nicolas Barotte
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Le groupement MBDA Safran a été choisi pour doter l’armée française du nouveau système qui remplacera les lance-roquettes unitaires. Des solutions américaines indiennes ou encore sud-coréennes avaient aussi été examinées.
Passer la publicité Passer la publicitéL’attente aura été longue du point de vue des militaires : la question des frappes dans la profondeur les préoccupe depuis des années. Mais pour les industriels, les délais pour répondre aux exigences ont été resserrés, entre l’appel à candidature, en 2024, et le choix du finaliste. Quoi qu’il en soit, le successeur du lance-roquettes unitaire (LRU) a été trouvé. La ministre des Armées Catherine Vautrin a annoncé lundi, à l’occasion de l’inauguration du salon d’armement Eurosatory près de Paris l’ouverture de discussions avec le groupement MBDA Safran en lice avec leur système Thundart. « Nous sommes en phase de négociations exclusives », a-t-elle indiqué. C’est le principe de « souveraineté » qui l’a emporté au moment du choix. Les discussions vont désormais commencer avec les industriels dans l’espoir d’accélérer les livraisons.
Dans la course au réarmement, les frappes de longue portée terrestre constituent une priorité. Avec seulement neuf systèmes LRU en fin de vie, l’armée de terre était menacée de rupture capacitaire et de déclassement alors que la capacité de frapper au-delà de 100 km est devenue indispensable dans la nouvelle configuration du champ de bataille. « J’ai honte », soupirait un gradé récemment. L’armée de terre souhaiterait augmenter le nombre de ses artilleurs. Mais sans matériels pour les équiper, elle doit temporiser.
Passer la publicitéLe choix de l’indépendance
Les systèmes, qui seront retirés du service en 2028, ne pouvaient plus être prolongés. Les boîtes de vitesses notamment ne sont plus fabriquées... Face à l’urgence, alors que l’hypothèse d’un choc militaire avec la Russie est sur la table avant 2030, les militaires plaidaient pour une solution « sur étagère ». L’américain Lockheed Martin proposait à la France d’acquérir des Himars et de les livrer en 18 mois. Cette artillerie de longue portée, notamment équipée de ses munitions ATACMS, a fait ses preuves en Ukraine. Surtout, l’industriel promettait avoir du stock pour livrer rapidement les forces armées françaises. Une roquette est produite toutes les 12 minutes, faisait-on aussi valoir chez l’industriel. La France aurait pu aussi bénéficier des ATACMS d’une portée de 300 km voire des nouveau Precision Strike missiles (PrSM) d’une portée de 500 km. Des solutions indiennes ou sud-coréennes avaient aussi été examinées.
Mais dans le contexte de relations transatlantiques dégradées, la France a préféré faire le choix de l’indépendance pour se doter d’une capacité de frappe à 150 km. Deux groupements étaient en compétition : ArianeGroup et Thales, avec le FLPT, et MBDA et Safran, avec le Thundart. Un premier tir de test a été réalisé en avril par MBDA et Safran. Le groupement assure pouvoir livrer un système opérationnel en 2029. Chez le missilier, qui va prochainement ouvrir une nouvelle usine près d’Orléans, on souligne disposer d’ores et déjà de capacités de production. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoyait l’acquisition de 13 nouveaux systèmes en 2030. Sa version actualisée en prévoit au moins 26.
