Yakov Klots : « Contrairement aux autorités de l’Est, la CIA n’a jamais imposé de ligne idéologique »
Par LENA
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VU D’AILLEURS - Des ouvrages interdits en Union soviétique ont été laborieusement tapés à la machine ou imprimés en Allemagne et en Italie. Un professeur new-yorkais les collectionne dans son université. Il explique ici pourquoi cela revêt aujourd’hui une importance particulière.
Passer la publicitéHannes Stein (Die Welt)
Yakov Klots désigne un ouvrage : « Regardez, voici Le Maître et Marguerite. » Le visiteur déchiffre péniblement le nom de l’auteur, reconstituant presque de mémoire les lettres cyrilliques une à une : Mi-kha-ïl Bou-lga-ko-v. « C’est la première édition », précise-t-il. « Elle a été imprimée à Moscou en 1966, mais elle était censurée. Et ceci » – il brandit des liasses de feuilles sans prétention, aux reliures défaites –, « ce sont des copies qui circulaient de main en main ».
Le visiteur se souvient : le roman de Boulgakov, Le Maître et Marguerite, une satire mordante de l’Union soviétique, a été publié à titre posthume dans le magazine Moscou, à 150 000 exemplaires. Immédiatement épuisé, il a été copié par les lecteurs, transmis et appris par cœur.
Yakov Klots poursuit : « Voici l’un des premiers exemplaires complets. » Le visiteur tient entre ses mains un livre à la couverture audacieuse : un énorme chat noir, aux côtés du diable Woland…
