«Un crève-cœur» : un tilleul centenaire va être abattu à Toulouse, les habitants sont résignés
Par Pierrick Levirois
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La mairie a décidé d’abattre cet arbre très ancien qui est jugé instable et pourrait s’effondrer. Cette décision suscite la défiance de certains habitants, même si beaucoup reconnaissent la nécessité d’une telle action.
Passer la publicité Passer la publicitéL’emblématique tilleul penché de la rue du Languedoc, à Toulouse, connaît désormais son destin. Le pôle arbre de la mairie l’a gratifié d’une trace rouge orangé, signifiant son prochain abattage. Cette décision fait suite à un test de traction effectué sur l’arbre en mars 2026.
Le houppier du tilleul est devenu trop imposant
Les résultats de ce test ont permis de constater que le système racinaire était nettement déficient. Le tilleul, alourdi par un houppier majestueux situé à 23 mètres de hauteur, s’effondre rapidement. Le basculement de l’arbre est d’ailleurs visible à l’œil nu, sorte de tour de Pise égarée en pleine Occitanie, qui menace de tomber sur la devanture d’une boulangerie et d’une enseigne d’appareillage auditif.
Passer la publicitéLa mairie a communiqué via un écriteau accroché sur le tronc : «Pour votre sécurité, cet arbre doit être enlevé.» Sur ce même écriteau, un habitant a inscrit au feutre noir : «Non, arnaque !». Il semble que les enjeux de sécurité sont davantage pris en compte depuis la chute, l’année dernière, d’un micocoulier sur la place Jeanne d’Arc qui était brusquement tombé sur des voitures arrêtées à un feu rouge.
Les habitants ne semblent pas tous convaincus par le choix municipal. Sur Facebook, les commentaires affluent : «Encore l’excuse de l’arbre dangereux ou malade....avec pour objectif final de l’abattre pour le profit de certains...», juge Leinad N. Une certaine Chris T. réagit : «Ça y est maintenant ils nous enlèvent tous les arbres penchés par prévention... L’abus de prévention tue la vie !». Une autre internaute pense savoir que la mairie «adore couper les arbres».
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Les habitants se font à l’idée, non sans réserves
Cependant, cette colère n’est pas représentative de toute la population. Le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) de Toulouse, une organisation pour la préservation de l’environnement, dit comprendre la décision, dans un communiqué : «Nous sommes très tristes car c’est un arbre qui ne pourra jamais être compensé. (...) Mais nous comprenons qu’il ne peut être acceptable de mettre en danger des citoyens et des riverains, un immeuble et que les investigations menées avec soin par le Pôle Arbre sont à saluer.»
Le GNSA formule toutefois le souhait qu’une «replantation patrimoniale» ait lieu ainsi qu’une «anticipation sur les autres tilleuls et arbres du secteur» sans attendre qu’ils soient sur le point de s’effondrer. Une bonne communication, transparente, auprès des riverains paraît également incontournable.
La mairie de Toulouse s’est engagée à planter deux nouveaux arbres à proximité, dans la même rue. La ville a, d’autre part, un plan en cours de végétalisation qui prévoit 13.000 plantations d’arbres chaque année jusqu’à 2030 - l’objectif final étant d’avoir 100.000 nouveaux arbres sur une décennie.
Passer la publicitéMême si les habitants semblent accepter cet abattage, ils sont émus de voir disparaître cet arbre et sont sceptiques face aux promesses. «Ensuite, bien qu’un panneau annonce que l’arbre coupé sera remplacé, les mois, les années passent et rien ne vient...», commente Nicole S. sur Facebook. À suivre.
