« Première transmission sexuelle interhumaine » : un foyer de « gale de boue » identifié dans des saunas gays de Lyon
Par Antoine Sillières, Le Figaro Lyon
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Une équipe d’épidémiologistes a détecté la présence de dermatophilose, une zoonose d’origine bactérienne, après l’apparition de lésions sur la peau d’une dizaine d’hommes.
Passer la publicité Passer la publicitéLa chaleur et l’humidité pourraient constituer des facteurs aggravant de transmission. Un foyer de « gale de boue » constitué d’un groupe d’une dizaine d’hommes fréquentant des saunas gays a été identifié à Lyon ces derniers mois. Rare chez l’homme, cette maladie connue sous le nom scientifique de dermatophilose, était jusqu’alors observée chez quelques cavaliers ou fermiers en contact avec des bêtes infectées. Elle semble cette fois avoir été diffusée de l’homme à l’homme par contact sexuel, d’après l’étude publiée par une équipe d’épidémiologistes des Hospices civils de Lyon (HCL) dans la revue américaine Emerging Infectious Diseases, début juin.
« La similarité génomique et les expositions sexuelles partagées suggèrent fortement une transmission sexuelle interhumaine de cette bactérie zoonotique », écrivent les chercheurs, qui se sont basés sur un groupe de neuf patients venus consulter aux HCL. Tous sont « des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à Lyon et Paris » et ont été infectés entre décembre et février dernier. Aucune relation entre les membres du cluster n’a été établie, mais sept des neuf patients ont rapporté des rapports sexuels dans des saunas gays lyonnais, parfois les mêmes, dans les jours ayant précédé l’apparition des lésions.
Passer la publicitéTraitement antibiotique
En tout, une quarantaine de cas, dont une trentaine à Lyon, ont été répertoriés de janvier à juin, indique l’un des coauteurs de l’étude au Parisien. Les patients infectés ont vu des pustules et des croûtes apparaître sur leur peau. Dans les neuf premiers cas lyonnais, ces lésions se situent autour de zones génitales mais aussi sur le tronc, autour de la bouche et sur les membres inférieurs. Chez l’animal, ces lésions superficielles peuvent évoluer vers une forme étendue potentiellement mortelle.
Heureusement rien de semblable pour les patients humains diagnostiqués depuis l’hiver : aucun n’a été hospitalisé. Ils ont été traités par antibiotique, des cachets d’amoxicilline en l’occurrence, « parfois associée à des soins antiseptiques topiques », avec une amélioration rapide à la clé. Il n’y a pas eu de rechute, mais une réinfection dans un sauna pour un des patients.
Le contact de peau à peau semble ainsi avoir été le facteur de transmission. Mais elle aurait été amplifiée par l’humidité et la chaleur, qui favorisent la libération de « zoospores ». Ces bactéries peuvent se déplacer dans l’eau et pénétrer l’épiderme. La proximité du génome de la maladie observé chez les différents patients suggère une souche unique.
