Nantes : une filière caucasienne à l’origine d’au moins 122 cambriolages
Par Simon Cherner, Le Figaro Nantes
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Deux quinquagénaires ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour une série de vols qui a commencé à l’automne dernier. Des complices sont toujours recherchés.
Passer la publicité Passer la publicitéUn « coup d’arrêt » à la série de cambriolages qui sévissait dans l’agglomération depuis l’automne dernier. À Nantes, la brigade d’atteinte aux biens de la police nationale ainsi que la compagnie de gendarmerie locale ont annoncé ce mardi avoir interpellé, la semaine dernière, deux individus mis en cause dans au moins 122 vols avec effraction, dans des logements. L’équipage agissait depuis novembre 2025 dans l’ensemble de la métropole de Nantes, aussi bien dans la cité des ducs qu’à Basse-Goulaine, Rezé, Carquefou ou encore Saint-Sébastien.
Identifiés au terme d’une enquête de long cours, les deux hommes ont été déférés samedi 30 mai devant le parquet du tribunal judiciaire de Nantes. Ils ont été mis en examen pour « vols et tentative de vols avec effraction, en bande organisée » puis placés en détention provisoire. L’un des deux mis en cause, de nationalité géorgienne, âgé de 51 ans, avait déjà été condamné à une peine d’emprisonnement pour des faits similaires. Le second, âgé de 59 ans, de nationalité arménienne, agissait comme receleur.
Un « carnage »
Plus de 300 objets ont été saisis lors des perquisitions, dont certains issus de cambriolages commis à l’automne 2025. Bijoux de famille, objets connectés, montres de collection, bouteilles de spiritueux, flacons de parfum… Ce qu’il reste du butin encore conservé au commissariat central de Nantes, mardi matin, ne représente qu’une infime partie des biens volés - dont l’essentiel aurait été transféré en Arménie. « Il s’agit de professionnels qui avaient toujours recours à un même mode opératoire. Gantés et organisés, ils visaient en particulier des immeubles chics et des résidences sécurisées », note le lieutenant Laura Rogeon, à la tête de la brigade nantaise d’atteinte aux biens.
L’équipage avait ainsi pris l’habitude de passer une première fois en repérage devant les appartements visés, deux à trois jours avant les cambriolages, qu’ils réalisaient de nuit, pendant les week-ends. Pour vérifier l’absence des habitants, du gras était déposé sur les œillets doubles des judas et des filets de colle apposés sur le bas des portes. Les voleurs préparaient par ailleurs leur passage dans les différents bâtiments en occultant les caméras de surveillance et en bloquant les portes d’accès, notamment à l’aide de ruban adhésif.
« C’est une satisfaction d’avoir pu mettre un terme à cette grosse série de faits », a indiqué le commissaire divisionnaire Éric Eudes, directeur adjoint de la police de Loire-Atlantique, en saluant la collaboration de la gendarmerie sur ce dossier. « Ça a été un véritable carnage depuis l’automne, mais nous observons désormais une amélioration sur le front des cambriolages. Nous restons toutefois vigilants, puisque nous savons que d’autres équipes opèrent également sur le secteur ». Malgré l’incarcération des deux individus, l’enquête se poursuit encore au sein du service local de police judiciaire. Les rares témoins des tentatives de vols ont fait état de trois voleurs. Les complices du binôme sont toujours recherchés.
