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Saros est-il (vraiment) le meilleur jeu vidéo de la PlayStation 5 ? Notre test nuancé du nouveau blockbuster de Sony

Par Steve Tenré

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Le héros de Saros est incarné par Rahul Kohli, acteur vu dans plusieurs séries Netflix à grand succès, comme Les Sermons de minuit, La Chute de la maison Usher et The Haunting of Bly Manor. Sony PlayStation

CRITIQUE - Le studio finlandais Housemarque confirme sa stature en livrant un spectacle son et lumière qui concrétise avec brio sa vision du jeu vidéo. Il échoue, cependant, à cultiver sa singularité et à se montrer suffisamment varié.

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Ils sont peu, les titres à pouvoir se targuer de bousculer l’industrie du jeu vidéo. Alors que celle-ci se veut de plus en plus uniformisée, avec ses mondes ouverts vides et ses listes interminables de quêtes annexes, le studio Housemarque tente, depuis des années, de remettre sur le devant de la scène un vieux genre que les moins de 20 ans ne connaissent sans doute pas: le shoot em’ up.

Son âge d’or, qui a vu naître les désormais mythiques Radiant Silvergun, R-Type ou Ikaruga, entre autres, est révolu depuis trente ans. Et pourtant, les développeurs finlandais n’ont eu de cesse de multiplier les tentatives de remise au goût du jour, d’abord avec Resogun (2013), puis Alienation (2016), Nex Machina (2017) et Returnal (2021). Aujourd’hui, Housemarque, sous l’escarcelle de Sony, propose Saros, disponible depuis le 30 avril exclusivement sur PlayStation 5. Et disons-le tout de go: le studio finlandais a atteint le niveau de ses idoles.

Saros est effectivement un déluge d’explosions, de particules, un immense spectacle son et lumière qui retranscrit avec brio l’ambiance de ces jeux d’antan, dont le gameplay primait toujours sur le reste. Il est, surtout, un jeu de tir solide, qui prend à contre-pied tout ce qui est produit en masse aujourd’hui: là où Call of Duty Battlefield  et consorts demanderont au joueur de se cacher pour éviter les tirs ennemis, Saros se conçoit comme une danse, un ballet où chaque hésitation peut causer votre mort, où il faudra toujours se montrer offensif et foncer à travers les balles et les lasers pour espérer s’en sortir.

Une parfaite symbiose

En ce sens, la proposition de Saros, comme celle de Returnal en son temps, est unique. Saros reprend les bases du jeu de 2021, en nous faisant cette fois incarner Arjun Devraj, un super-soldat tout en agilité et en inertie, se contrôlant au doigt à l’œil. Minuscule dans des environnements gigantesques, Arjun se la joue David contre Goliath, et sera constamment confronté à d’immenses ennemis - dont on ne saura jamais vraiment s’ils sont mécaniques ou organiques - tirant des déluges de boules d’énergie de toutes les couleurs.

Ces projectiles contribuent à faire de Saros un choc artistique: on est sans cesse assailli par des tirs rouges, bleus et jaunes dans des environnements à mi-chemin entre la Cité des Machines de Matrix et le Mordor du Seigneur des Anneaux . Leur couleur a une signification: vous pourrez traverser et absorber avec votre bouclier les tirs bleus pour recharger votre «arme énergétique»; si vous êtes touchés par les tirs jaunes, vous accumulerez de la «corruption» et ne pourrez plus vous soigner convenablement; les tirs rouges, eux, ne peuvent être contrés qu’avec une parade que vous débloquerez en cours de partie.

Saros est un déluge constant de projectiles. PlayStation / Housemarque

Une fois ces bases pleinement maîtrisées, place à la contre-attaque. Arjun ne pourra porter que deux armes à la fois (une arme «classique» et une arme «énergétique») et, comme Returnal en son temps, il ne pourra récupérer son arsenal que sur le terrain, selon l’affinité du joueur avec telle ou telle arme. Fait à noter: chaque arme «classique» dispose d’un mode de tir secondaire, que le joueur peut déclencher en appuyant légèrement sur la gâchette gauche. S’il l’enfonce jusqu’au bout, Arjun sortira son arme «énergétique». Il faut d’ailleurs absolument saluer l’excellent support de la manette Dualsense, dont les retours haptiques et les gâchettes adaptatives sont utilisés de la meilleure des façons. En jeu, chaque souffle d’explosion, chaque surface, chaque dégât, vibrent dans nos mains, et les différents tirs déclenchent des vibrations variées au bout de nos doigts.

Toujours est-il que sur le sujet de l’arsenal, on est quelque peu déçu: Saros ne propose que six armes «classiques», chacune comportant trois variantes, allant de l’arbalète aux tirs intelligents au fusil d’assaut aux munitions guidées, en passant par le pistolet à balle «ricochet». Non seulement les armes sont assez peu nombreuses, et les variantes pas bien différentes, mais Housemarque a surtout, semble-t-il, totalement raté l’équilibrage de son arsenal, certaines armes nous faisant rouler sur l’aventure, tandis que d’autres se révèlent être un supplice à utiliser. Si vous voulez progresser, privilégiez donc le fusil aux munitions guidées au lance-chakras, particulièrement inutile...

Il en demeure, toutefois, un gameplay particulièrement jouissif, tout en symbiose, qui vous fera constamment faire des choix. «Faut-il que je traverse ces projectiles bleus ou que les absorbe pour recharger mon arme énergétique?; Dois-je reculer quitte à me retrouver dos au mur ou dois-je esquiver pour contourner les ennemis quitte à me faire encercler?; Dois-je prendre ce fusil à pompe plus puissant mais peu précis, ou garder mon fusil d’assaut?; dois-je accomplir cette zone annexe très difficile pour tenter de récupérer de la vie, au risque de mourir?»... sont autant de questions que vous vous poserez durant la vingtaine d’heures qu’il vous faudra pour compléter le jeu.

Encore et toujours la masculinité toxique

Vingt heures suffiront largement à voir la première fin du titre, mais il faudra en rajouter une dizaine pour tout comprendre au scénario du jeu, brillant sur bien des aspects. Ce qui se présente, à l’origine, comme un voyage interstellaire ayant mal tourné, se transforme au fil des heures en une introspection profonde du protagoniste Arjun, incarné par l’acteur Rahul…

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1 commentaire
  • VINCE TRAN

    le

    Article très intéressant qui m’a fait découvrir par ricochet l’historique des rogue-like. R-type, je suis plus familier depuis l’adolescence (sur borne d’arcade).

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