Au terme de débats vifs mais sans surprise, le Sénat a adopté ce mardi à 229 voix contre 110 le projet de loi visant à «sécuriser» le travail le 1er mai pour les salariés volontaires des boulangeries artisanales et des fleuristes. Le projet du gouvernement se dirige désormais vers l’Assemblée nationale, où les discussions s’annoncent encore plus houleuses.
Un texte de «bon sens» pour la majorité de centre-droit, une «brèche» vers de nouveaux reculs sociaux pour la gauche et les syndicats : le projet du gouvernement se dirige désormais vers l’Assemblée nationale, où les discussions s’annoncent encore plus houleuses.
Le texte prévoit que les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes puissent faire travailler leurs salariés ce jour-là, sous réserve qu’un accord de branche fixe les conditions de recueil de leur volontariat et de leur rémunération.
CHRONIQUE - Réindustrialisation et boulangeries le 1er Mai, même combat : il faut créer des dérogations à défaut de savoir simplifier radicalement, et provoquer une mobilisation politique au plus haut niveau.
«Les contrôles réalisés ce jour-là ont été conformes à l’activité habituelle de l’inspection du travail» a déclaré le ministre du Travail lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale.
REPORTAGE - Cette année, travailleurs, syndicats et politiques de gauche ont célébré la fête des travailleurs dans une ambiance inquiète à l’approche de la présidentielle et face à la possible libéralisation du travail ce jour férié.
La marche du 1er-Mai se termine dans le calme et sans débordement sur la place de la Nation. Les slogans antifascistes «Siamo tutti antifascisti», ou encore «La jeunesse emm**» se font entendre. Certains se couchent ou s’assoient sur l’herbe. L’ambiance est plutôt détendue.
Anne, 57 ans, est cadre commerciale. « Je travaille dans une grosse entreprise d’agroalimentaire, la première mondiale. Je vous laisse deviner laquelle», plaisante-t-elle. Militante CGT et habituée de la marche du 1er mai, « cette année est spécialement symbolique parce qu’on essaie de nous retirer ce 1er mai chômé, non travaillé et payé.»
Les slogans antifascistes se font entendre lors de la manifestation du 1er mai à Paris. «Détruire le sionisme, abattre l’impérialisme», ont tonné Unité communiste et Reconstruction communiste, deux organisations indépendantes du PCF.
Le cortège s'élance au départ de la place de la République, à Paris, pour la traditionnelle manifestation du 1er mai, alors que le gouvernement cherche à donner aux commerçants davantage de flexibilité s'agissant du caractère chômé de cette journée.
Le Parti socialiste est désormais une cible régulière des manifestations de l’intersyndicale. Son premier secrétaire, Olivier Faure, a été enfariné dans le centre-ville d’Amiens (Picardie) ce vendredi 1er mai, lors du traditionnel défilé, rapporte Ici Picardie .
Deux journalistes du média identitaire Frontières ont été chassés du cortège, escortés vers les camions des CRS par une vingtaine de personnes au son de «à bas l’Etat, les flics et les fachos». «Vous ne pouvez pas nous interdire d’être là, c’est un pays libre» a déclaré l’un des deux hommes qui filmaient.
Le premier secrétaire du Parti socialiste a été pris à partie par des manifestants lors du défilé qui s’est ébranlé peu avant 11 heures dans le centre-ville, rapporte Ici Picardie.
Présent à Paris pour la manifestation du 1er mai, le chef de La France insoumise n'a pas mâché ses mots. «Les voilà qui nous parlent du 1er mai comme de la fête du travail. Ce n’est pas la fête du travail. Le travail est le propre des êtres humains, mais il ne faut pas confondre le travail et le travail salarié», a-t-il déclaré en référence aux femmes et hommes aux foyers. «Le 1er mai, c’est une journée de lutte, depuis le premier jour. Et pas autre chose.»
Ambiance bonne enfant sur la place de la République à Paris alors que le cortège de la manifestation du 1er mai doit partir dans quelques minutes. Danses, grillades, drapeaux palestiniens ou encore références aux YPG kurde syrien sont présents. Entre 20.000 et 40.000 manifestants sont attendus pour battre le pavé dans la capitale.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a fustigé la normalisation du travail de certains salariés le 1er mai, qualifiant les pratiques des entreprises de «délinquance patronale». La «cacophonie gouvernementale a laissé libre à la délinquance patronale», a ainsi dénoncé vendredi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, interrogée sur l’ouverture de commerces en ce 1er-Mai, peu avant le départ de la manifestation parisienne.
«Ce n’est pas le vol du 1er mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement. C’est un grand plan pour l’augmentation des salaires», a expliqué la secrétaire générale de la CGT.
REPORTAGE - S’ils ont obtenu une dérogation pour travailler ce vendredi, beaucoup de commerçants ne comprennent pas l’imbroglio politique qui a agité l’Hexagone ces dernières semaines.
Le candidat LR à la présidentielle a choisi Cholet, la principale commune des Mauges qu’il connaît bien, pour exprimer sa vision du travail en ce jour symbolique du 1er mai.
FIGAROVOX/TRIBUNE - La bataille autour de l’ouverture des boulangers et des fleuristes le 1er-Mai pourrait faire sourire mais elle est le symptôme d’un pays qui consacre son énergie à sanctuariser les acquis du passé plutôt qu’à préparer l’avenir, dénonce Olivier Babeau, président fondateur de l’Institut Sapiens.
D’après les chiffres de Beauvau, 158.000 personnes ont défilé en France, dont 24.000 à Paris. La CGT avait avancé, en fin de journée, une estimation nettement plus élevée : 300.000 manifestants en France, dont environ 100.000 à Paris.
Fleur du 1er mai par excellence, le muguet n’a pourtant pas livré tous ses secrets. Origines, variétés, traditions : testez ce que vous savez sur cette plante que l’on croit connaître par cœur.
On l’offre à ses proches, on la cueille en forêt, on la pose sur la table du salon… et pourtant, le muguet est l’une des plantes les plus toxiques de nos jardins. Ce que vous devez savoir avant le 1er mai.
Le Conseil d’État considère que le gouvernement «n’entend pas donner une instruction par laquelle il ferait obstacle» au cadre légal actuel autour du travail le 1er mai.
Avec les récents débats autour de l’élargissement du travail le 1er mai, il est difficile d’y voir clair. Quels commerces ont actuellement le droit d’ouvrir ce jour-là ? Quelles sont les dérogations supplémentaires accordées cette année ? Le Figaro fait le point.
Alors que la loi le leur interdit, boulangers et fleuristes indépendants pourront finalement faire travailler leurs salariés ce vendredi. Une décision du gouvernement qui sème la confusion.
Le 1er Mai révèle, à lui seul, toute la mécanique des blocages français : une loi rigide, des principes intouchables, et, pour les contourner, une tolérance officieuse qui entretient flou et insécurité.
INFO LE FIGARO - Alors que plus de 300 mobilisations pourraient réunir jusqu’à 160 000 participants dans toute la France, les artisans du chaos pourraient perturber le bon déroulement de cette journée syndicale.
Jean-Pierre Farandou a précisé, ce mercredi, n’avoir «donné aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail» pour ne pas sanctionner les boulangers et fleuristes qui feraient travailler leurs salariés, ce jour férié.
Le premier ministre avait annoncé que les salariés volontaires des boulangeries et fleuristes indépendants pourraient travailler le 1er mai 2026, jour férié et chômé. L’audience se tiendra mercredi à 11h au Conseil d’État.
Chaque année, les virements sont interrompus durant certains jours fériés, en raison de la fermeture des systèmes européens de règlement des paiements entre banques.
LE BLOC-NOTES - Bouter les fleuristes hors du 1er Mai au nom de la religion du non-travail constituerait non seulement une absurdité économique et une injustice sociale mais une offense à la gaieté naturelle d’un jour chômé arraché au labeur annuel.
Soumise aux aléas climatiques ainsi qu’à l’augmentation du coût des charges lié à main-d’œuvre, la production de ces fameuses petites clochettes blanches - particulièrement exigeante - n’est pas un long fleuve tranquille.
Le premier ministre recevait ce vendredi à la mi-journée des représentants des boulangers et des fleuristes, après que le gouvernement a mis en pause l’examen de la proposition de loi sur l’élargissement du travail le 1er mai.
Alors que le gouvernement promet une «solution» et reçoit les professionnels à Matignon ce vendredi, la menace de sanctions plane toujours, entre textes stricts, contrôles incertains et application très inégale sur le terrain.
Ce vendredi 17 avril, en plein débat sur le travail du 1er mai, Sophie Binet a proposé de faire du 8 mars un jour férié, chômé et rémunéré, pour défendre les droits des femmes.
La secrétaire générale du syndicat Sophie Binet, opposée à l’élargissement du travail le 1er mai, propose un jour chômé supplémentaire durant la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
On commence par nier le problème, puis on tergiverse parce qu’on n’ose pas le traiter, avant de finir par se résigner. Et malheur à qui dénonce cette impuissance publique, on le taxera immédiatement de populisme.
Le premier ministre doit s’entretenir avec des représentants de la profession. Devant le Sénat, mercredi, il avait promis des «solutions» pour ces artisans.
LE BLOC-NOTES - Condorcet, Fénelon, Charlemagne... Le niveau des grands lycées parisiens accuse une baisse sensible depuis que l’indice social du collège d’origine prime sur les notes de l’élève pour son affectation au lycée. Si l’objectif est de pousser les parents à se tourner vers le privé, c’est réussi.
SONDAGE - 61% des Français sont favorables à ce que l’on autorise le travail le 1er mai, comme le souhaitaient Emmanuel Macron et Gabriel Attal. Mais ils ne tiennent pas rigueur au premier ministre d’avoir fait marche arrière, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro.
TRIBUNE - Le 10 avril, l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi sénatoriale qui visait à autoriser les salariés des commerces de bouche à travailler le 1er Mai, sur la base du volontariat. Dans le même temps, les fast-foods peuvent ouvrir, dénonce le restaurateur.
Le premier ministre a repoussé lundi sine die une proposition de loi permettant d’élargir le travail le 1er mai, soutenu par son parti Renaissance, la droite et le RN, mais dit qu’il souhaitait engager des discussions avec les commerces concernés.
«Il y en a marre de ne pas pouvoir faire ce qu’on veut», déplore Aline Profit, gérante d’une fleuristerie à Paris après le rétropédalage, lundi, du gouvernement sur le travail du 1er mai. «C’est plutôt avantageux d’être payée double un jour férié», renchérit une salariée.
CONTRE-POINT - Sur le plan politique, l’affaire sème la zizanie entre le gouvernement et les forces sur lesquelles il est censé s’appuyer. Chacun se renvoie la balle de l’échec.
INFO LE FIGARO Le président des Républicains dénonce un recul du gouvernement face à la gauche et demande directement à Yaël-Braun Pivet et à Gérard Larcher de réagir en s’appuyant sur une solution constitutionnelle.
Invité sur le plateau de TF1, Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance a réagit à la décision du gouvernement de suspendre les discussions autour de la proposition de loi sur le travail du 1er mai.
Après avoir voulu élargir le travail le 1er mai aux commerces de proximité, l’exécutif a rétropédalé lundi soir sur son propre texte, face aux oppositions. La présidente de l’Assemblée pointe le gouvernement «qui avait plus d’un an» pour négocier, le député du Nord cible «des nuls».
Évoquant le recul du gouvernement sur la question du travail le 1er mai, le patron de Bpifrance a invité les Français à «dézoomer», prenant exemple sur le temps de travail des voisins européens.
Syndicats et gauche restent bloqués dans la lutte des classes, alors que le monde a profondément changé depuis cent ans. La France des 35 heures n’est pas tenable dans un univers de compétition permanente.
CONTRE-POINT - Comme souvent, le premier ministre avance sur une ligne de crête. Il cherche à jouer la carte du dialogue sans renoncer aux réformes. Du moins dans son intention.
La Fête du travail n’est pas un jour férié comme les autres en France, où la plupart des activités sont à l’arrêt ce jour-là. Ce n’est pas le cas chez tous nos voisins de l’UE.
Les dirigeants des huit principales organisations de salariés avaient adressé dimanche une lettre commune au premier ministre pour empêcher l’élargissement du travail le 1er mai, notamment pour les salariés des commerces de proximité.
Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu, les huit principales organisations syndicales dénoncent le « passage en force » du texte à l’Assemblée nationale.
Alors que les syndicats appellent l’exécutif à «respecter la démocratie sociale», Matignon compte sur une commission mixte paritaire pour faire passer le texte avant la fin du mois.
La motion de censure fera-t-elle bientôt son grand retour ? Le patron du PS Olivier Faure a menacé dimanche 12 avril le gouvernement de Sébastien Lecornu du dépôt d'une motion de censure avec les autres groupes de gauche sur la question du travail le 1er mai, estimant nécessaire de «poser des limites» pour «ce jour tellement symbolique».
Dans une lettre commune, CFDT, CGT, FO, CFE‑CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires exhortent le chef du gouvernement à ne pas accélérer l’adoption du texte élargissant le travail ce jour férié, au nom du respect de «l’histoire sociale».
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