«Business as usual» ou presque : au Maroc, les touristes encore peu affectés par les manifestations de la jeunesse
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Alors que les autorités présentent des chiffres records de fréquentation cet été avec une hausse de +15 % par rapport à 2024, l’activité des destinations les plus prisées du royaume se poursuit normalement. Hôteliers et tour-opérateurs n’annoncent aucune annulation de voyage.
Passer la publicité Passer la publicitéLes rassemblements de protestation du mouvement de la jeunesse marocaine «Gen Z 212» n’ont à ce jour pas eu de répercussions sur le tourisme au Maroc, plus d’une semaine après les premiers troubles qui ont fait 3 morts et 400 blessés à travers le pays. Le portail dédié aux conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay n’a pas été mis à jour depuis le 16 septembre. Il ne publie aucune recommandation en dehors d’anciennes mises en garde tandis que les autorités belges préconisent sur le site du ministère des Affaires Étrangères «d’éviter les lieux de manifestations» sans appel à annuler les déplacements prévus au Maroc. Même son de cloche du côté de l’Italie ou de l’Espagne.
Pour les acteurs touristiques français, la situation est suivie de près alors que débute la haute saison touristique pour Marrakech et le sud du Maroc. Aucun vol annulé du côté d’Air France, Royal Air Maroc, Transavia ou Ryanair. Pour les compagnies «la crainte est plutôt liée aux grèves des contrôleurs aériens en France attendues la semaine prochaine du 7 au 9 octobre» nous disait-on vendredi soir.
Par mesure préventive, la sécurité a été renforcée. Nos équipes suivent attentivement l’évolution de la situation en lien constant avec les autorités locales Passer la publicitéLes tour-opérateurs sont également peu touchés par les événements. TUI possède quatre clubs de vacances au Maroc dont deux à Marrakech, une porte-parole annonçait hier soir «suivre les annonces du ministère des Affaires Étrangères (...) Une navette d’un des clubs vers la place Jemaa el fna a été annulée jeudi soir par précaution». Kuoni ne parlait en parallèle «d’aucun impact lié à la situation». Le Club Med exploite un établissement de 300 chambres dans la Palmeraie à Marrakech. Un membre de la direction nous confiait vendredi dans l’après-midi que «les activités de notre resort fonctionnent normalement. Nos clients continuent de profiter pleinement de leurs séjours sans restriction particulière à ce jour. Par mesure préventive, la sécurité a été renforcée. Nos équipes suivent attentivement l’évolution de la situation en lien constant avec les autorités locales.»
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Thomas Chabrière a créé Marrakech Insiders, une société qui offre des tours originaux de la ville en side-cars. «Je n’ai aucune annulation de mon côté». Toujours à Marrakech, Olivier de Kermel dirige l’hôtel Bab, un quatre-étoiles situé dans le quartier du Guéliz. «Nous n’avons eu aucun report. Les clients viennent chez nous pour visiter Marrakech et ne pas rester au bord d’une piscine. À ce jour, les restaurants sont pleins, les fameuses calèches également ! Nous sommes situés près de la gare et hier soir il y avait un rassemblement pacifique mais rien qui puisse perturber le séjour des visiteurs.» Dans les autres régions touristiques, les conséquences sont également minimes : «business as usual» déclarait samedi matin le représentant d’une agence anglaise spécialisée dans les séjours sportifs liés au kitesurf à Dakhla dans le sud du pays.
Cyril Blandin traverse le Maroc avec un groupe d’amis. «Jeudi soir à Casablanca, nous avons senti quelques tensions, certaines entreprises avaient appelé leurs employés à rentrer chez eux à 16 heures, nous sommes maintenant à Rabat et nous avons pu visiter la ville normalement». Sophie Moreau expliquait par téléphone de sa chambre d’un hôtel du groupe Iberostar à Agadir «que tout est normal à l’hôtel et en ville, on en parle un peu au petit déjeuner mais sans plus. À aucun moment nous nous sommes posé la question d’un retour en France. Ici il n’y a eu aucun rassemblement autour des hôtels».
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Pas d’annulation mais une situation qui devrait durer
Les lieux choisis par les manifestants sont à quelques exceptions près éloignés des principales attractions touristiques. Certains visiteurs sont d’ailleurs peu ou pas au courant des troubles actuels comme Anaïs venue en vacances à Fès et qui déclarait samedi que «ce sont nos proches en France qui nous ont parlé des manifestations, ici il ne se passe strictement rien.» Un hôtelier possédant plusieurs établissements de grande capacité ainsi que des riads mais souhaitant rester anonyme pense pour sa part «qu’il est trop tôt pour faire un bilan, comme tous mes confrères nous n’avons aucune annulation. Il faut cependant être vigilant sur la suite des évènements que j’espère pacifique».
En off, plusieurs acteurs locaux du tourisme pensent que «la situation est amenée à durer». Les prochains grands évènements pourraient alimenter les protestations comme la Coupe d’Afrique des Nations, le championnat de football qui démarre au Maroc le 21 décembre prochain. Dans les premiers jours de protestations, les organisateurs des manifestations avaient en ligne de mire ce grand rendez-vous sportif. On entendait dans les rassemblements «Les stades sont prêts, mais où est l’hôpital ? » alors que ce vendredi soir des appels à manifester de 18 heures à 21 heures étaient maintenus dans treize villes.
