«C’était Tokyo Drift dans la vraie vie» : le Japon, destination rêvée des voyageurs férus d’automobile
Par Laura Dinane
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À l’écart des circuits touristiques classiques, la culture automobile s’impose comme une porte d’entrée originale pour découvrir Tokyo, entre rassemblements nocturnes et expériences insolites au volant.
Passer la publicité Passer la publicitéDans la capitale japonaise, le dépaysement s’invite autant dans les paysages que sous le capot. Pour les amateurs de belles mécaniques, Tokyo s’est imposée comme une étape presque incontournable, portée par une culture automobile singulière, façonnée par des décennies de passion autour des modèles JDM (Japanese Domestic Market).
Dans certains quartiers, les sportives et modèles customisés font partie du décor. «Lors de notre premier voyage à Tokyo, on a été marqués par le nombre de belles voitures dans les rues. On en voit partout», raconte Pauline Caruso, travel planner française de 28 ans qui organise des voyages sur mesure en Asie avec son compagnon Nicolas. Pour ces passionnés, le véritable graal reste toutefois un lieu bien précis : le parking Daikoku, au sud de Yokohama, devenu point de rassemblement mythique pour les amateurs de voitures japonaises.
Passer la publicitéRETROUVER NOTRE DOSSIER - Japon, un voyage d’exception : le guide du Figaro
Daikoku, cœur de la culture JDM
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Chaque semaine, des dizaines - parfois des centaines - de conducteurs y affluent pour exposer leurs bolides, souvent tunés : Nissan Skyline, Toyota Supra, Mazda RX-7, véhicules personnalisés - parfois couverts de néons ou de stickers inspirés de mangas - ou modèle rares que l’on ne voit presque jamais hors du pays… «C’est vraiment quelque chose d’ancré dans la culture japonaise, explique Nicolas Dubreucq. Les propriétaires parlent avec fierté de leurs véhicules, des modifications qu’ils ont faites et de l’histoire derrière chaque modèle».
L’accès au parking n’est pourtant pas simple pour les touristes : situé sur un échangeur autoroutier, il n’est accessible qu’en voiture. «Passer par une agence ou un chauffeur local est quasiment la seule manière, pour un touriste, de vivre l’expérience, explique l’homme de 31 ans. Le chauffeur est venu nous chercher près d’un kombini, puis on a roulé environ 45 minutes jusqu’au parking».
Il n’y a pas de grandes courses-poursuites
Nicolas Dubreucq, travel planner français
L’ambiance, pourtant animée, reste maîtrisée et ordonnée. La police veille au grain : si le bruit devient trop intense ou si la foule est trop dense, les conducteurs sont invités à déplacer leurs véhicules vers un autre parking. Mais ce déplacement se fait presque comme un rituel : les passionnés communiquent entre eux et la communauté se reforme ailleurs, fidèle à ses rendez-vous hebdomadaires. «La police est arrivée et a demandé à tout le monde de partir. Mais c’est une vraie communauté : les conducteurs se sont simplement donné rendez-vous dans un autre parking et tout le monde a suivi», se souvient le couple. Et dans les rues, loin des clichés de courses clandestines, «il n’y a pas de grandes courses poursuites, du moins, s’il y en a, c’est très rare», précise Nicolas.
Un tour de 4 heures dans les rues de Tokyo
Pour les voyageurs, l’expérience se vit surtout en passager. «Pour conduire, c’est quand même assez compliqué, il faut avoir un permis traduit en japonais », explique Nicolas. Et même avec ce sésame, la confiance reste rare : «Ils ne laissent pas leur voiture comme ça dans les mains de n’importe qui». Les visiteurs peuvent néanmoins s’installer derrière le volant pour quelques photos, moteur coupé. Le reste du circuit s’apparente à une balade au cœur de la nuit tokyoïte : passage devant la Tokyo Skytree, traversée de Shibuya Crossing et retour à l’hôtel. L’expérience - qui dure généralement entre quatre et cinq heures - dépend toutefois beaucoup du chauffeur. «Il compte pour beaucoup dans la façon dont on vit le moment, précise le trentenaire. Si vous tombez sur quelqu’un d’enthousiaste et qui parle anglais, la balade devient beaucoup plus interactive et amusante».
Passer la publicitéPour les voyageurs désireux d’aller plus loin, des variantes existent. «Nous nous laisserions bien tenter une seconde fois, mais avec une autre voiture ou un autre trajet, poursuit Nicolas. Des excursions - souvent plus coûteuses - vers le circuit de Fuji ou vers Hakone, avec vue sur le mont Fuji, permettent de combiner conduite et paysages emblématiques du Japon».
«Tokyo Drift version Mario Kart»
Certains voyageurs optent pour une version plus décalée. Cyril Blondel, photographe français de 38 ans, a troqué la voiture de sport pour un karting en plein cœur de la capitale. Trouvée sur GetYourGuide, l’activité Neo Tokyo Kart Shibuya promet une virée dans les rues illuminées de Shibuya et Shinjuku - déguisement de héros manga «comme Dragon Ball ou Pokémon» en prime. «Ce qui a été le plus marquant, c’est forcément Shinjuku et Shibuya que j’avais fait à pied durant les premiers jours de mon voyage. C’est assez sympa de pouvoir être dans un karting, ras du sol, et visiter la ville de cette manière», raconte-t-il, bien que la traversée des lieux cultes puisse parfois laisser un léger goût de trop peu : «on s’arrête au feu rouge, on passe, c’est trois secondes».
Et si l’expérience peut surprendre, elle n’en reste pas moins très encadrée. «À aucun moment je ne me suis senti en insécurité», insiste le photographe, attribuant ce sentiment autant au cadre strict qu’à la conduite locale. «C’est en partie, en plus de la sécurité et des explications, lié au peuple japonais qui est très respectueux, très prudent. Ils ont l’habitude, je pense, d’avoir cette attraction au sein de la ville, donc les véhicules restent sur leurs files». De quoi lever les dernières réticences, d’autant que la note reste mesurée. «J’avais dû payer une cinquantaine d’euros», précise Cyril.
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