Dans le Kansai, grand voyage sur le chemin de l’encens, sillage de la culture japonaise
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Sur les routes parfumées de l’île d’Awaji, Nara et Kyoto
GRAND REPORTAGE - De son berceau Awaji, l’île des senteurs, à Nara et Kyoto, les anciennes capitales impériales où l’art d’apprécier les odeurs a connu son acmé, plongée dans les volutes sacrées du pays.
Passer la publicité Passer la publicitéSur la rue étroite bordée de vieilles maisons, une grand-mère joviale pousse son vélo orné de colifichets. Dans l’air saturé d’arômes boisés, elle marche lentement en suivant la ligne d’ombres portées. Chapeau de coton fleuri vissé sur les oreilles, tablier rose noué dans le dos, cette ouvrière se rend, comme chaque matin, à l’atelier de fabrication d’encens où elle travaille depuis près de quarante ans. Une petite entreprise familiale centenaire au charme suranné, encore éclairée au néon.
Même si certaines tâches pénibles ont été automatisées au fil des années (le malaxage de la pâte puis le façonnage des bâtonnets au laminoir comme des spaghettis frais), les gestes ancestraux restent inchangés. Dans ce village d’Ei, sur l’île d’Awaji, à l’ouest du Kansai, la tradition de la fabrication d’encens (senko) remonte aux années 1850. Bien que le port d’Ei fût florissant à l’époque d’Edo, ses marins cherchaient désespérément du travail à terre quand la mer Intérieure de Seto les empêchait de naviguer.
Passer la publicitéGratitude aux défunts
Face à ce désœuvrement, un marchand voyageur au nez creux, Tatsuzo Tanaka eut l’idée de lancer des unités de production d’encens sur cette côte occidentale de l’île. Le vent d’hiver qui était un fléau pour les îliens de l’ouest est alors devenu un atout pour faire sécher leurs bâtonnets d’encens. Aujourd’hui, les 15 ko-shi (maîtres artisans créateurs de fragrances) et les membres des 15 manufactures familiales de la coopérative d’encens d’Awaji, la Hyogo Incense Coop, viennent régulièrement se recueillir sur les tombes de M. Tanaka et des premiers producteurs.
Séjours de nos partenaires
Chaque jour, ils allument des bouquets de sticks dont la fumée, en s’élevant vers le ciel, transmet leur gratitude aux défunts. Si l’âge d’or de l’encens d’Awaji se situe dans les années 1950, avec 90 maisons productrices, la suite ne fut qu’un lent déclin jusqu’au sursaut de ces dernières années. Cette histoire, nous la découvrons dans le petit musée situé dans l’ancienne école d’Ei. L’établissement scolaire a été transformé en 2022 en un lieu de vie prodigieux, Ei-to. Au rez-de-chaussée : ravissant café intergénérationnel, vaste concept store de mode, d’accessoires et d’objets sourcés localement, laboratoires d’artisans et de designers… Et en haut de l’escalier, changement de décor.
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Sur les routes parfumées de l’île d’Awaji, Nara et Kyoto
Dans une des grandes salles de classe, encore dans son jus, un espace didactique dédié à la fierté d’Awaji, plus grand producteur d’encens du Japon (avec 70% du volume national). Des maquettes, des reproductions miniatures des ateliers d’autrefois avec les différentes étapes de fabrication : le mélange de fines poudres de végétaux séchés et bois aromatiques (santal, clou de girofle, gingembre, cannelle…) avec de l’eau, puis la transformation de cette pâte en bâtonnets que l’on fait sécher minutieusement sur des plaques pour qu’ils restent bien droits et ne se collent pas les uns aux autres. Sur les étagères, des dizaines de flacons d’encens de toutes les couleurs rangés par fragrances dévoilent la créativité des maîtres ko-shi d’Awaji.
À travers les carreaux, les rayons du soleil éclairent les particules de poussière et une indicible nostalgie. Mais la collaboration avec des parfumeurs de Grasse, la demande croissante de prestigieuses m< arques étrangères de niche et l’esprit innovant des Japonais bien décidés à sauver ce savoir-faire ancestral ouvrent de nouveaux horizons.
Containers colorés
Pour les Japonais, avant d’être l’île des senteurs, Awaji est LA terre originelle. Selon la mythologie, elle serait la toute première île de l’Archipel, créée par la déesse Izanami-no-mikoto. En quittant Ei, vers l’intérieur des terres, se dresse le sanctuaire shinto Izanagi-jingu, le plus ancien du pays. Au premier jour de l’automne – Risshu sur l’ancien calendrier japonais –, se déroule le rituel de Yudaté Kagura, la danse de l’eau. Par une chaleur étourdissante, une miko vêtue de blanc (jeune prêtresse shinto, considérée comme chamane) asperge la foule dans une chorégraphie magnétique.
Passer la publicitéPar ce rituel divinatoire, elle recueille les oracles des dieux. Est-ce que les récoltes seront bonnes cette année ? Île agricole, couverte de forêts et de champs, Awaji est depuis l’Antiquité une « miketsukuni »,un grenier, un jardin maraîcher, un vivier… fournisseur officiel de la cour impériale. Ce terreau nourricier a engendré un dynamisme culinaire d’exception. Les initiatives, parfois éphémères, germent au gré des saisons. On nous recommande d’aller voir de drôles de containers colorés sur la route côtière occidentale.
Awaji, terrain de jeu de trois grands architectes
Comme des food trucks, ces « tiny restaurants » servent de la street-food élaborée par des chefs de renom. Autre expérience gastronomique, la cuisine végane et fermentée de Nobuaki Fushiki. Le chef officie au Zenbo Seinei, une retraite zen conçue au milieu des arbres par l’architecte star Shigeru Ban. Inspiré par les shukubo, les hébergements des pèlerins, il a créé un ovni architectural d’une divine beauté. Son autre réalisation sur l’île est le Haru San San, le restaurant d’une ferme écologique modèle, coiffé d’une charpente de tubes de papier. Deux autres prix Pritzker d’architecture ont laissé leur empreinte à Awaji. Kenzo Tange avec le Wakoudo-no-hiroba Park. Et bien sûr, Tadao Ando, avec deux œuvres majeures.
Tison odoriférant
Au nord-est de l’île, dans le Parc national Akashi Kaikyo, il a dessiné le complexe commémoratif du grand séisme de Kobe (1995), dont l’épicentre se trouvait à Awaji. Dans une imbrication poétique de lignes géométriques, il abrite le jardin Hyakudan-en. Le nom de ce complexe ? Awaji Yumebutai. Ce qui signifie en japonais « Awaji, un endroit pour les rêves ». Un autre lieu nous laisse songeur, le temple Honpukuji. En s’affranchissant de la tradition, Ando a osé un acte architectural révolutionnaire pour ce sanctuaire sacré de la branche Omuro du bouddhisme Shingon. En son sein, une statue de Yakushi Nyorai, le Bouddha de la médecine et de la guérison, baignée de volutes d’encens, flotte dans l’éternité.
Les historiens s’accordent à dire que l’encens serait arrivé au Japon au début du VIe siècle, avec les rituels bouddhiques venus de Corée et de Chine. « L’encens est nourriture du Bouddha et on lui offre ses fumées purificatrices. Mais jamais les parfums de l’encens ne gagneront le cœur des anciens sanctuaires shinto *. »
À Awaji, on entretient une légende qui ferait de l’île le berceau de l’encens japonais. Non loin d’Ei, le Kareki-jinja, un petit sanctuaire célèbre cette croyance. Les Chroniques du Japon racontent qu’en 595, des pêcheurs d’Awaji auraient jeté au feu un morceau de bois singulier échoué sur la plage. Un parfum envoûtant se dégagea alors du brasier. Subjugués, ils sauvèrent le tison odoriférant des flammes et l’offrirent à l’empereur. L’engouement pour les fumées parfumées serait né…
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L’encens arrive au japon avec le bouddhisme
Promu par le prince Shotoku, le bouddhisme s’impose à la cour impériale au début du VIIIe siècle. À 90 kilomètres d’Awaji, Nara, nommée alors Heijo-kyo, est de 710 à 784 la première capitale fixe du Japon. Prospère et inspirante, elle connaît une ébullition culturelle et un développement poli tique éclatant. Les trésors impériaux, toujours plus grandiloquents s’amoncellent. Parmi eux, les bois précieux parfumés, dont une pièce de kyara (agar, ou aloès) nommée Ranjatai, à la valeur inestimable. L’empereur Shomu, mécène et fervent bouddhiste, fait édifier le Todai-ji, encore considéré aujourd’hui comme un des temples les plus impressionnants du Japon.
Au pied du mont Wakakusa bordé par le parc de Nara, on déambule dans ce complexe merveilleux. Ici, le pavillon central, plus grand édifice en bois au monde. Là, la statue en bronze du Grand Bouddha Vairocana, chef-d’œuvre de 15 mètres de haut. « Dans les volutes d’encens, les fervents se connectent au Bouddha », nous explique un moine résident du Todai-ji. Sur ses lèvres, son front et sa poitrine, des traces de poudre d’encens. Ce geste commun chez les moines vise à « purifier la parole, l’esprit et le cœur », nous dit-il. Si l’encens imprègne depuis toujours les sphères du religieux, il trouve vite d’autres usages plus profanes, dès l’époque de la cour de Nara. Les aristocrates se piquent de créer des parfums à brûler (neriko). « L’encens n’est plus uniquement une offrande rituelle, c’est le divertissement et l’univers raffiné d’une élite d’oisifs » (La Voie de l’encens, de Louise Boudonnat et Harumi Kushizaki, Éditions Philippe Picquier, 2000).
Chanoyu, ikebana, kodo
Si cet art éclôt à Nara, il se développe ardemment à l’époque de Heian (794-1185). L’ancienne Kyoto est alors capitale impériale. Les arts et les lettres sont florissants. Les dames de cour rivalisent de séduction avec l’art de la composition des mélanges odorants. La littérature, Les Notes de l’oreiller et Le Dit du Genji en font l’écho poétique. Chez les samouraïs, la pratique de l’encens est plus austère. Elle clarifie l’esprit et rappelle l’impermanence de ce monde. Dans la deuxième partie du XVe siècle, sous l’impulsion du shogun Ashikaga Yoshimasa retiré « dans les montagnes de l’Est », à Kyoto, se développe la culture Higashiyama.
En réaction à l’exubérance de la cour, elle prône la délicatesse, l’introspection, le zen, le raffinement discret et une certaine idée de la nature qui infusent encore l’esthétique japonaise actuelle. Elle a donné naissance aux trois arts traditionnels : la cérémonie du thé (chanoyu), les arrangements floraux (ikebana), et la voie de l’encens (kodo). On peut aujourd’hui s’imprégner de ces pratiques à l’école Kodokan de Mme Hamasaki. Cette universitaire a fait restaurer une maison traditionnelle de Kyoto pour perpétuer l’enseignement de la culture classique japonaise. Un ravissement. Tous les arts y sont enseignés.
Le kodo (dont les deux kanjis signifient « l’encens » et « la voie »), transmis sur l’Archipel à travers deux écoles, Oie et Shino, y tient une place importante, bien qu’il soit moins populaire que la cérémonie du thé ou l’ikebana. Un jeune adepte nous en vante les vertus : « Le kodo développe les relations sociales mais aussi l’intériorité, aiguise la pensée et la mémoire, initie des gestes différents de la vie quotidienne, permet d’apprécier un moment éphémère qui s’inscrit dans le temps éternel. »
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Nous le découvrons au temple Senyu-ji. Célèbre pour abriter les mausolées de plusieurs empereurs, il est aussi un haut lieu de la pratique du kodo. Ce jour-là, le vice-maître d’encens de la famille impériale mène le jeu. Les participants, assis en seiza (à genoux) sur les tatamis, font circuler et sentent à tour de rôle le koro. Ce petit bol en céramique (un chauffe-parfum) contient, sur un cône de cendres tièdes ratissées comme un jardin sec, une petite plaque de mica sur laquelle un fragment de bois aromatique exhale ses senteurs. Il faut les mémoriser, puis les reconnaître et les énoncer à un calligraphe.
Le gagnant remporte la calligraphie de la séance. La cérémonie est d’un raffinement exquis mais élitiste (du fait du prix des bois). Plusieurs grandes maisons d’encens ancestrales et très renommées de Kyoto, telles Shoyeido ou Kungyokudo, ont leur salle de kodo. On resterait des heures dans les arcanes de leurs magasins, entre archives et dernières innovations, tenu en haleine par le souffle parfumé du Japon
Carnet de route
- Y aller
Air France (36.54) opère 3 vols directs par semaine au départ de Paris pour Osaka. À partir de 1158€ en cabine Economy et de 3204€ en cabine Business pour un aller-retour.
- Organiser son voyage
Ilanda Travel (01.84.74.93.00), nouvelle agence fondée par deux spécialistes des voyages cousus main, crée des itinéraires sur mesure nourris de rencontres exceptionnelles et d’expériences pointues. Pour Le Figaro Magazine, elle a dessiné un voyage au Japon «Sur les routes de l’encens», de 9 jours/7 nuits (2 nuits sur l’île d’Awaji à l’hôtel Zenbo Seinei, 2 nuits à Nara à l’hôtel Shisui et 3 nuits à Kyoto à l’hôtel Six Senses). Compter à partir de 10.500€ par personne au départ de Paris. Parmi les moments exclusifs à réserver en option : conversation personnelle avec un moine sur le mont Hiei, cérémonie du kodo avec un grand maître au templeSenyu-ji,table d’hôtes privée dans la maison traditionnelle de l’épouse d’un moine dans l’enceinte du Todai-ji, cérémonie du thé chez le maître Kanazawa, visite privée des ateliers d’encens d’Awaji … Le tout dans une voiture avec chauffeur, accompagné d’un guide francophone ou anglophone, voire d’un interprète ayant un sérieux bagage culturel.
- Notre sélection d’hébergements
Sur l’île d’Awaji
Zenbo Seinei n’est pas un hôtel comme les autres, mais une retraite zen et culturelle typiquement japonaise (ateliers de calligraphie, cérémonie du thé, méditation, onsen…) conçue en symbiose avec la nature. Dans cette structure de bois et de verre caressant la canopée, on ne dort guère plus de 2 nuits. Les chambres sont des petites cellules design, lumineuses et fonctionnelles signées Shigeru Ban. Le strict minimum mais la beauté de l’essentiel. Sanitaires à l’extérieur des chambres, mais très bien équipés (du sèche-cheveux à la crème de jour en passant par le linge de toilette). À partir de 296€ le «Zen Stay» pour 1 jour/1 nuit, avec repas et activités.
Grand Nikko Awaji . De l’autre côté du pont Akashi Kaikyo, ce gros paquebot de béton en forme de V s’inscrit dans le complexe Awaji Yumebutai. Si ses 201 chambres, bien que spacieuses et très confortables ne présentent aucun intérêt excepté la vue mer, l’atout de cet hôtel est l’accès piéton direct au jardin et au théâtre en plein air de Tadao Ando. Plusieurs restaurants, grande piscine. À partir de 115€ la nuit.
À Nara
Shisui . Ce nouvel hôtel de la Luxury Collection Marriott s’est installé dans les murs de l’ancienne résidence du gouverneur de la préfecture de Nara. Le bâtiment historique de l’ère Taisho (1912-1926) et ses 3 jardins japonais (avec étang, de mousses, et de fleurs) constituent une oasis de sérénité en plein centre-ville. À partir de 395 € la nuit.
À Kyoto
Six Senses Kyoto . Ouvert au printemps dernier dans le quartier de Higashiyama, cet hôtel à la fibre artistique imaginé par le Blink Design Group pimpe l’épure japonaise de mille et une références à la culture nippone avec un sens du détail accru. 81 chambres et suites, bar cosy, restaurant Sekki ouvert non-stop avec plusieurs propositions locales et occidentales (carte un peu courte), sushi corner, jardin intérieur, spa avec piscine et bain watsu, Earth Lab (atelier où l’on apprend à réaliser son propre pochon d’encens en collaboration avec la maison réputée Tenkodo). Atmosphère créative et décontractée. À partir de 1054€ la nuit.
The Shinmonzen . Une pépite rare. Bordé par la Shirakawa,au cœur du quartier de Gion, cet hôtel confidentiel conçu par Tadao Ando à la demande du commanditaire français (propriétaire également de la Villa La Coste) incarne la quintessence de l’omotenashi, l’art de recevoir à la japonaise. 9 suites réparties sur 3 étages. Œuvres d’artistes et de designers. Restaurant mené par Jean-Georges Vongerichten. Afternoon tea et terrasse sur l’eau. Pop-up d’artisanat signé Ogata. Un condensé d’excellence. À partir de 1480€ la nuit (avec le transfert depuis la gare de Kyoto, le petit déjeuner et une visite à pied du quartier de Gion).
Machiya Villa . Dans le quartier des apothicaires, une villa de 2 étages, à l’architecture traditionnelle kyotoïte du début du XXe siècle et au mobilier Art déco. Une maison lilliputienne pour 2 personnes où chaque pièce est mise en scène avec goût par un esthète japonais francophile et francophone. Elle se loue à la nuitée, avec un majordome à disposition et la possibilité de réserver en sus des rencontres avec des sommités du monde de la culture ou de commander un dîner de chef. À partir de 1017€ la nuit avec les petits déjeuners.
- Nos bonnes tables
Sur l’île d’Awaji Haru San San . Sous l’égide du groupe Pasona, cette ferme écolo propose ses produits du jour travaillés par les chefs Nobuaki Fushiki et Masayuki Okuda. Menu 6 plats, 24€.
Aux alentours de Nara
Escapade dans les plaines d’Uda pour un déjeuner yakusen (alimentation inspirée de la médecine chinoise) à Daiganji , préparé par le moine zen et cuisinier M. Koiso (pas toujours bien luné !). 28,50€ le menu complet.
À Kyoto
SEN . Le chef créatif Takeshi Sugisawa sert une cuisine kaiseki (reliée au chanoyu), dans ce restaurant récompensé d’une étoile au Michelin. Il renouvelle son menu tous les mois en fonction du marché local saisonnier. Fleurs, feuilles, fumées odorantes, associées aux plus subtils produits du cru… Menu 4 plats à partir de 95€.
Ondorio . Dans une ambiance très cinématographique, ce nouveau restaurant de Higashiyama fusionne gastronomies italienne et japonaise. Les tomates sont parfumées à la feuille de shiso, le canard rôti de Kyoto est servi avec des figues cuites à la vapeur de saké. Pas de vin, ni de bière, mais des cocktails étonnants. Menu dégustation, 37€. Cocktail, 9€.
Miyamasou . Dans les collines verdoyantes, à 44 km au nord de Kyoto, cette ancienne auberge de temple construite en 1895 se fond dans un paysage d’estampe. Son ryokan surplombe une rivière et ses sources thermales. La table est une ode à la nature. À travers sa cuisine « tsumikusa-ryori », le chef Hisato Nakahigashi (2 étoiles au Michelin) magnifie les herbes sauvages, les champignons, les poissons de rivière, les gibiers… Chaque plat est un haïku culinaire. Un moment hors du temps. Compter 250€ par personne.
- Magasins d’encens
Sur l’île d’Awaji
À Osaki et Gunge, visiter les boutiques des adhérents de la Hyogo Incense Coop . Coup de cœur pour le coffret « Le Mariage » de «fragrances combining» composé de 14 boîtes de 40 bâtons d’encens créés par 14 maîtres ko-shide l’île, 300€.
Kunjudo . Dans la boutique de cette manufacture, on trouve tous types d’encens, des fragrances précieuses comme des produits d’appel ludiques et bon marché ou des créations aux formes innovantes telles les exquises feuilles Ha Ko. Ateliers de création d’encens sur réservation.
À Kyoto
Shoyeido , grand marchand d’encens depuis 3 siècles, et ses expériences immersives.
Sanga , un petit atelier moderne qui crée des encens à base d’ingrédients du monde (palo santo, copal…).
Kungyokudo , le plus ancien fournisseur d’encens du Japon, et sa salle de kodo, une institution.
- Shopping
Sur l’île d’Awaji
Ei-to . Vêtements, photos, gadgets… dans une ancienne école. Une caverne d’Ali Baba design !
À Kyoto
Au salon de thé et élégant flagship de la marque Kyo Amahare , pour la vaisselle et autres objets d’artisanat japonais de belle facture.
Chez Kyonoyuki , les cosmétiques naturels issus de la macération de 27 plantes (japonaises et chinoises) dans l’eau de source de Kyoto.
- À lire
La Voie de l’encens, de Louise Boudonnat et Harumi Kushizaki, Éditions Philippe Picquier.
Philosophie du kodo. L’esthétique japonaise des fragrances, de Chantal Jaquet, Éditions Vrin, collection «Matière étrangère».
Kyoto Serenity, de François Simon, Éditions Assouline.
Et un roman : Le Miroir des courtisanes, de Sawako Ariyoshi, Éditions Picquier.
