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À l’école élémentaire, un enfant sur six serait victime de harcèlement, selon Santé publique France

Parmi les enfants qui cumulent «victimation et agressivité, 40,9% présentaient au moins» un trouble émotionnel, ou d’opposition, ou d’attention avec ou sans hyperactivité. DimaBerlin / stock.adobe.com

Plus de 16% des enfants de 6-11 ans, scolarisés du CP au CM2 sont des «victimes probables de harcèlement», et près de 18% ont des comportements agressifs.

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Alors que les dramatiques affaires de suicides d’élèves sur fond de harcèlement se succèdent en France, Santé publique France (SpF) vient de publier les résultats du volet dédié à cette thématique de son enquête Enabee, sur la santé mentale des enfants. Ils révèlent que plus de 16% des élèves de l’école élémentaire - entre 6 et 11 ans - sont des «victimes probables» de harcèlement, et près de 18% ont des «comportements agressifs». Enfin, un peu plus de 6% cumulent la probabilité d’être victime de harcèlement et d’avoir des comportements agressifs. En 2023, une toute première enquête statistique du ministère de l’Éducation nationale consacrée au harcèlement évoquait 19% des élèves du CE2 au CM2 en «situation de harcèlement à surveiller».

L’enquête Enabee, portant sur «la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle ou en élémentaire en France hexagonale» a été lancée en 2022 pour «combler un manque d’enquêtes en santé mentale chez les plus jeunes», explique à la presse Michel Vernay, épidémiologiste à SpF. Elle avait déjà permis de dessiner quelques de grandes tendances: un plus de 13% des enfants en élémentaires présentent probablement au moins un trouble de santé mental (trouble émotionnel, trouble oppositionnel, ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), mais seuls 52,8% d’entre eux ont eu recours aux soins. Un autre volet d’Enabee a mis en lumière un accès très précoce aux écrans chez les enfants, principalement la télévision, tandis que 25% des 9-11 ans accèdent par ailleurs déjà à des réseaux sociaux.

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Petites filles et «fin d’année» plus vulnérables

Dans ce nouveau volet, l’enquête Enabee s’est penchée sur le harcèlement, défini comme «la répétition de violences, l’intention de nuire et un déséquilibre de pouvoir et de réciprocité». Près de 8200 enfants scolarisés du CP au CM2 en France hexagonale ont été interrogés ainsi que leurs parents et leurs enseignants. L’enquête a montré que les filles étaient davantage victimes (11,2%) que les garçons (9,4%), qui sont eux davantage harceleurs (16,6% vs 6,8% chez les filles). La victimation augmente en outre au fil de la scolarité, autant chez les filles que les garçons. Par ailleurs, les victimes probables de harcèlement (avec ou sans comportement agressif) sont plus souvent «nés en fin d’année (mois d’octobre à décembre)» et donc font «partie des enfants les plus jeunes de leur classe».

Autre enseignement clé de cette publication, les enfants victimes de harcèlement et/ou avec un comportement agressif «ont plus fréquemment au moins un trouble probable de santé mentale que les enfants non impliqués», indique le rapport. Surtout, parmi les enfants qui cumulent «victimation et agressivité, 40,9% présentaient au moins un de ces troubles». Près de trois sur dix présentent un trouble oppositionnel probable, environ deux sur dix un trouble probable d’inattention/hyperactivité, et un sur dix un trouble émotionnel. «Pour les victimes, l’agressivité peut en effet être un mécanisme de protection contre leur propre détresse émotionnelle, soulignant l’importance d’une prise en charge», souligne le communiqué de SpF.

41% des «victimes-agresseurs» ont au moins un trouble de santé mental associé

Ces résultats confirment l’importance de renforcer la prévention «dès l’enfance, en complément d’un repérage précoce et efficace des situations de harcèlement», souligne l’agence nationale de santé publique. SpF préconise «le développement des compétences psychosociales» - à savoir des compétences sur le plan émotionnel, cognitif et social. «Les compétences émotionnelles permettent d’apprendre à mieux identifier et réguler ses émotions de type stress», explicite Stéphanie Monnier-Besnard, chargée de projet de l’enquête Enabee. «Les compétences cognitives vont permettre d’acquérir la résolution de problème, comme savoir demander de l’aide, parler quand on n’apprécie pas le comportement de son camarade de classe ou d’un club sportif».

En ce sens, SpF rappelle avoir apporté son expertise pour la construction du «kit empathie de l’Éducation nationale», généralisé à l’entrée 2024 en maternelle et élémentaire, ainsi que pour le programme Phare, dispositif de lutte contre le harcèlement à l’école. De même, des programmes de prévention efficaces sont recensés dans un registre national intitulé ReperPrev, tels le «Good Behavior Game» et, bientôt recensé, le «programme de soutien aux familles et à la parentalité». Enfin, le 3018, numéro national gratuit porté par l’association e-Enfance, offre une aide aux enfants victimes de harcèlement et à leurs familles.

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4 commentaires
  • CONSTAT 1

    le

    La lecture du rapport me laisse franchement dubitative en ce que, d'une part, mettre au même niveau les enfants harcelés (victimes) ainsi que les enfants harcelés et possiblement agressifs et d'autre part, affirmer que els enfants harcelés (victimes), seraient possiblement atteints d'une trouble mental à l'instar des enfants agressifs...j'avoue être plus que septique! Ma petite fille 9 ans est harcelées par deux gamines de sa classe et je vous assure qu'elle n'est atteinte d'aucun trouble mental!!! Encore un rapport pour pas grand chose alors que le sujet est crucial!

  • anonyme

    le

    Enseignants, ATSEM, personne n’agit.

  • Esclavier

    le

    Ces enfants harceleurs ont des parents. Pourquoi ne sont-ils pas responsables de l’éducation qu’ils donnent ?

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