La feuille de route présentée par le président américain ne mentionne même pas l’arsenal balistique des mollahs ni leurs supplétifs du Hezbollah, fauteurs de troubles dans la région.
À Évian pour le G7, Trump s’apprête à jouer les grands faiseurs de paix, fort d’un accord avec l’Iran annoncé dimanche soir. Mais derrière le triomphe de façade, le chemin vers une résolution durable du conflit reste très long.
De ses ambitions les plus triviales mises en échec, aux enjeux politiques et économiques plus sérieux, et jusqu’aux rapports de force internationaux, rien ne va comme le président américain le voudrait.
La deuxième puissance économique et militaire s’impose déjà comme l’astre autour duquel gravitent les planètes. Mais c’est un soleil froid, qui ne veut pas d’ennemis et ne reconnaît pas d’alliés.
Donald Trump peut se moquer de l’effet corrosif des conflits d’intérêts sur la démocratie, la Constitution n’en mentionne pas moins la corruption comme motif d’impeachment…
Le pays fait mieux que survivre : il a repris récemment aux forces russes quelques dizaines de kilomètres carrés , et exporte jusque dans le Golfe son savoir-faire et sa technologie de guerre aérienne.
Le 47e président américain a gravé son nom dans le marbre du Kennedy Center et déroulé son portrait géant sur les façades des ministères. Simple aperçu : Trump imperator veut maintenant laisser une empreinte éternelle sur sa Nouvelle Rome.
Jusqu’à cette année, le président Trump avait boycotté cet événement, temps fort de la vie politico-mondaine de la capitale fédérale des États-Unis. En 2019, le correspondant du Figaro à Washington y avait assisté.
Avec sa Fureur économique (après la Fureur épique), le président américain a amené la partie iranienne à lever son propre blocus durant la trêve, redonnant de l’optimisme aux milieux d’affaires pressés de voir la fin de la crise.
Staline avait demandé en 1935 : « Le pape, combien de divisions ? ». Au même niveau, Trump a obtenu la réponse après avoir criblé Léon XIV d’accusations politiques et d’insultes ad hominem : un milliard et demi de catholiques dans le monde.
Les délégations américaine et iranienne qui doivent se retrouver ce samedi à Islamabad restent à la merci d’un incident - en particulier au Liban - qui court-circuiterait les plans du médiateur pakistanais.
On peut s’interroger sur l’efficacité, l’ampleur et les conséquences de la réponse menée par l’armée israélienne au Liban. Tsahal ne peut plus s’imaginer régler le problème par la seule force des armes.
Le Figaro’s foreign editor says the gap between the American and Iranian interpretations of the accord, with each claiming victory, creates room for dangerous misunderstandings.
Les menaces du président américain d’abandonner l’organisation transatlantique et Ormuz visent à forcer la main des pays qui lui refusent leur aide, de l’Europe à l’Asie en passant par les monarchies du Golfe.
Donald Trump a ajouté de nouvelles cartes à son jeu : une offre de négociations qui, pour l’heure, réplique ses exigences de désarmement et de capitulation ; et l’arrivée de forces terrestres.
Les derniers zigzags du président américain montrent qu’il n’aborde pas nécessairement la phase diplomatique du conflit en position de force, malgré les coups portés à l’Iran depuis près d’un mois.
Donald Trump voit dans le désaccord stratégique qui l’oppose aux dirigeants européens l’éclatante démonstration qu’il avait raison, à savoir que l’Alliance est «une voie à sens unique». Si les difficultés s’accumulent face à l’Iran, l’Europe en sera d’autant plus tenue pour responsable.
ENTRETIEN EXCLUSIF - En pleine guerre contre l’Iran, le PDG du troisième groupe mondial de transport maritime explique comment il a ouvert de nouveaux corridors logistiques pour contourner la fermeture du détroit d’Ormuz.
En déployant huit frégates et deux porte-hélicoptères en supplément du porte-avions Charles de Gaulle, notre pays se prépare à devoir faire des choix stratégiques majeurs.
Le président américain rassemble une véritable armada en Méditerranée orientale. Mais il reste muet sur les objectifs d’une éventuelle intervention militaire.
DISPARITION - L’ancienne déléguée générale de la Palestine à Paris et à Bruxelles, avocate passionnée de la solution à deux États, s’est éteinte à l’âge de 76 ans.
Sous la pression de la rue, le président ukrainien a rétabli les garde-fous anticorruption. Les Européens, qui s’apprêtent à débloquer un prêt de 90 milliards d’euros, attendent eux aussi des conditions de transparence draconiennes.
Face à l’inarrêtable appétit de pouvoir du président chinois, les Européens qui se pressent à Pékin en quête d’alternative à Donald Trump ne doivent pas oublier avec quelle force ils cherchent à pactiser.
Le président américain s’est déjà engagé très loin dans le rapport de force. Reculer à ce stade nuirait à sa réputation et à sa crédibilité internationale.
DÉCRYPTAGE - Pour les premiers ministres danois et groenlandais, reçus mercredi à l’Élysée, il s’agirait de la meilleure riposte aux prétentions de Donald Trump d’accaparer l’île arctique.
La théocratie corrompue des mollahs ne se réformera pas, ni ne lâchera prise. La question est de savoir comment aider les Iraniens à recouvrer leur liberté, mais en faisant preuve de réalisme.
VOS QUESTIONS À LA RÉDACTION - Philippe Gélie, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, et Laure Mandeville, grand reporter au service international, donnent leur éclairage sur le vertige diplomatique qui saisit le Vieux Continent.
RÉCIT - Le président américain a fait ratifier par une vingtaine d’États la charte d’une nouvelle organisation internationale entièrement à sa main dont le premier test sera Gaza.
Ceux qui pensent qu’il vaut mieux un Groenland américain que russe ou chinois se méprennent gravement sur l’enjeu. Ce à quoi nous assistons n’est que la première étape d’une offensive américaine contre la souveraineté des pays européens.
La stratégie d’endiguement déployée face au président américain a intégralement échoué, l’encourageant au contraire à piétiner davantage cette Europe fragile et divisée.
GRAND ENTRETIEN - À l’occasion du bicentenaire du Figaro, l’écrivain et le directeur de l’Ifri étaient réunis au Grand Palais pour une conversation sur la nouvelle donne géopolitique. Face aux velléités néo-impériales de Donald Trump, à la menace russe et aux prédateurs de la tech, ils dessinent les contours d’un possible réveil européen.
En déployant, même symboliquement, des uniformes sur l’île, les Européens tracent une ligne théoriquement infranchissable entre partenaires d’un même camp. La piétiner sonnerait assurément le glas de l’Otan.
La nouvelle flambée de contestation apparue fin décembre, qui ne cesse de s’étendre dans le pays, va-t-elle être réprimée comme l’ont été les précédentes ?
Entre représailles, idéologie et appât du gain, le champion de «l’Amérique d’abord» ne peut plus être soupçonné d’isolationnisme et désigne sans appel ses ennemis.
Non content d’une immigration zéro, le président des États-Unis s’en prend maintenant aux arrivés légaux, souhaitant « dénaturaliser» le plus possible de citoyens récents.
Cantonnés au rôle de payeurs avec un plan d’aide de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, les Européens se préparent à la guerre en redoutant qu’une paix soit conclue sur leur dos.
Si le président américain s’en tenait à ce brouillon de nouveau plan de paix, il se renierait une nouvelle fois. Surtout, et c’est bien plus gênant à ses yeux, il courrait à l’échec.
Néoconservateur sans complexe, inspirateur de l’invasion américaine de l’Irak, l’ancien vice-président, qui vient de s’éteindre, était devenu un farouche adversaire de Donald Trump.
LES ARCHIVES DU FIGARO - Notre journaliste Philippe Gélie était présent sur la Place des Rois d’Israël où venait d’avoir lieu le plus grand rassemblement pour la paix de l’histoire du pays. Quand soudain, trois coups de feu ont tué le premier ministre Yitzhak Rabin...
Le bon sens voudrait que le président américain applique au conflit russo-ukrainien la leçon apprise au Proche-Orient : la paix ne peut advenir qu’à condition de faire pression sur les deux belligérants à la fois.
Le «deal» mis sur la table par Donald Trump n’est qu’une première étape. Il devra continuer de peser de tout son poids pour trouver une solution durable au conflit israélo-palestinien.
Si tous les obstacles ne sont pas levés pour la suite, le plan de paix de Donald Trump a néanmoins permis d’amorcer un premier pas crucial vers la libération des derniers otages détenus par le Hamas.
Vladimir Poutine ne veut sûrement pas élargir le conflit à tout le continent européen. Mais, en affichant son audace, il espère intimider les soutiens de Kiev.
On a déjà vu des accords de paix bien plus élaborés et minutieusement négociés se fracasser sur la mauvaise volonté des parties ou les sabotages de factions extrémistes.
Il suffit au chef du Kremlin de pousser ses pions pour tester les réactions, les défenses et les failles de toute l’Europe et de l’Alliance atlantique.
DÉCRYPTAGE - Alors qu’il recevait son homologue ukrainien dans le Bureau ovale, le 18 août dernier, le président américain a lancé : « J’ai mis fin à six guerres. » Le lendemain, sur Fox News, il se vantait d’avoir résolu sept conflits. Revue de détail.
DÉCRYPTAGE - Le nouvel ambassadeur des États-Unis en France, beau-père d’Ivanka Trump a été convoqué au Quai d’Orsay après ses propos sur la politique de Macron concernant la lutte contre l’antisémitisme.
Ancien correspondant à Washington, Philippe Gélie livre son éclairage après la rencontre à la Maison-Blanche entre Donald Trump, Volodymyr Zelensky et sept dirigeants européens.
Les Européens semblent être parvenus en partie à rattraper par la manche le président américain, qu’ils voyaient dériver à grande vitesse vers les positions de Vladimir Poutine, le laissant en position de médiateur à défaut d’être solidement dans leur camp.
En amenant l’Américain à laisser tomber sa demande de cessez-le-feu pour rechercher un « accord de paix rapide », le président russe a posé d’emblée la question territoriale sur la table.
Donald Trump, confronté, à 10.000 km de là, à un autre dirigeant désireux de faire entériner ses annexions, aurait donné son blanc-seing à Benyamin Netanyahou.
Pour le maître du Kremlin, la normalisation des relations avec Washington, une coopération économique accrue et la relégation de l’Ukraine au rang de question subsidiaire semblent à portée de main.
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