L’éditorial de Philippe Gélie : «Faut-il s’inquiéter du réarmement de l’Allemagne ?»
Par Philippe Gélie
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Non seulement les Européens sont tenus à l’écart, mais les projets communs impliquant Paris et Berlin sont dans l’impasse.
Passer la publicitéOn ne se préoccupe du « moteur » franco-allemand que lorsqu’il tousse, et voilà un certain temps qu’il ne fait que cela. On a d’abord pu croire que c’était dû à un manque d’alchimie personnelle entre Emmanuel Macron et le social-démocrate Olaf Scholz. Avec le chrétien-démocrate Friedrich Merz à la chancellerie, on se rend compte que c’est plus profond : les trajectoires des deux pays divergent dangereusement, au risque de devenir bientôt irréconciliables. Davantage aligné sur l’Italienne Giorgia Meloni, le chancelier « Merzoni » dilue les incantations du Français en faveur d’une « Europe forte » dans un appel à « refonder la relation transatlantique » sans « abandonner les États-Unis comme partenaire ».
L’Allemagne réarme en mode allemand, c’est-à-dire massif : quelque 500 milliards d’euros budgétés sur douze ans, déjà 190 milliards de commandes depuis 2023. L’essentiel de ces sommes est réservé à l’industrie nationale, en particulier au mastodonte Rheinmetall…
