Chiens dénutris, chiots morts en série... À Bordeaux, un couple condamné pour des faits de maltraitance animale
Par Clément Arion, Le Figaro Bordeaux
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Six chiens vivant dans des conditions insalubres ont été découverts en février dans un appartement de 30 m².
Passer la publicité Passer la publicitéLe 21 mai dernier, un couple a été reconnu coupables d’abandon d’animaux, après les avoir fait vivre dans des conditions particulièrement insupportables.
Trois mois plus tôt, le 18 février 2026, à Bordeaux, les forces de l’ordre ont procédé à une intervention, dans leur appartement d’environ 30 m², après plusieurs signalements répétés pour maltraitance. Elle conduit à la découverte de six chiens (deux malinois, deux huskies, un yorkshire terrier et un croisé Jack Russell) vivant dans un environnement particulièrement dégradé.
Passer la publicitéSelon les éléments de la procédure, l’appartement était sombre, peu aéré et marqué par une forte odeur d’ammoniaque liée à l’accumulation d’urine. Des déjections, des déchets et de nombreux poils jonchaient également le sol. Les animaux, eux, présentaient des signes manifestes de détresse. Lors de leur prise en charge, plusieurs d’entre eux ont montré des comportements de peur, d’évitement ou de sidération. L’un des chiens aurait par ailleurs été maintenu quotidiennement dans une salle de bains plongée dans l’obscurité, ses propriétaires estimant qu’il était « trop excité ».
17 chiots nés dans le foyer, puis laissé pour mort
Après leur transfert dans des refuges membres de la Confédération Nationale Défense de l’Animal (CNDA), les examens vétérinaires ont mis en évidence une maigreur importante, des problèmes dermatologiques ainsi que des troubles comportementaux chez les animaux.
L’un des chiens présente notamment un retard de croissance marqué, jugé compatible avec un état de dénutrition. Les expertises réalisées font également état de plusieurs cas de maigreur avancée. Le dossier a révélé par ailleurs un autre élément particulièrement choquant. Selon les pièces de la procédure, 18 chiots seraient nés au sein du foyer. 17 seraient morts. Certains auraient été dévorés par d’autres chiens dans un contexte de sous-alimentation.
« La confiscation définitive change tout »
Jugés le 21 mai 2026, les deux détenteurs ont donc été reconnus coupables d’abandon d’animaux. La propriétaire a été condamnée à quatre mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, assorti d’un suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Son conjoint, déjà sous le coup d’un précédent sursis, a quant à lui été condamné à quatre mois d’emprisonnement sous bracelet électronique. Le tribunal a ordonné la confiscation définitive des chiens ainsi qu’une interdiction définitive de détenir un animal ou d’exercer une activité en lien avec les animaux. Les deux prévenus devront également effectuer un stage de prévention de la maltraitance animale.
Pour les associations ayant recueilli les animaux, la décision marque une étape importante. « La confiscation définitive change tout : elle met fin à un cycle de souffrance où la mort était devenue une banalité. C’est le rôle de la CNDA : agir en justice pour que ces animaux, victimes de négligences extrêmes, ne retournent jamais dans de telles conditions », a réagi Sabine Fghoul, présidente de la Confédération Nationale Défense de l’Animal. « On regarde avec effroi une augmentation des maltraitances au sens large : des chiens qui sortent cinq minutes par jour, qui ne sont pas stimulés et pas suffisamment nourris », déplore Bruno Navarro, le délégué général de l’organisation.
