Bussy-Saint-Georges veut devenir « la capitale mondiale du jeu vidéo » avec son projet de musée
Par Simon Pierre
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3000 mètres carrés d’exposition, un village japonais, une arène pour des concerts et des compétitions d’e-sport... Le musée Odyssée ouvrira ses portes en 2028 si ses promoteurs bouclent leur budget de 50 millions d’euros.
Passer la publicité Passer la publicitéLe projet est chiffré à près de 50 millions d’euros et se targue d’avoir le soutien d’Emmanuel Macron. Imaginé par le Youtubeur Benoît Theveny et le collectionneur Ludovic Charles en 2022, il est présenté comme le « plus grand musée du jeu vidéo du monde ». Mais il n’est pas encore sorti de terre à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne). Après de nombreuses péripéties, il est annoncé maintenant pour 2028. Mardi, ses promoteurs ont présenté à Paris des images en 3D du complexe de 11 000 mètres carrés qui doit, selon leurs estimations, accueillir un million de visiteurs par an.
Dès l’entrée du musée, des écrans LED diffuseront des cinématiques iconiques de jeux vidéo. En bas d’un escalier, le hérisson bleu Sonic guidera les visiteurs vers la première salle d’exposition, dans un décor qui rappelle le jeu Final Fantasy .
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Passer la publicitéL’expérience Odyssée devrait s’organiser en différentes salles, avec des thématiques bien distinctes comme un « Fantasy village » inspiré des jeux de rôle médiévaux, une salle dédiée à la culture steampunk - un genre fantastique qui mélange l’ère industrielle et la technologie futuriste -, mais aussi un grand game center pour jouer à toutes les générations de consoles depuis 50 ans.
Parmi les pièces de collection qui seront exposées, la machine à sous Mad Money Sega de 1960, première acquisition du musée. Mais aussi, la plus grande console de jeux au monde en Lego et bien sûr l’Odyssey, sortie en 1972 et considérée comme la première au monde. « Il y aura des décors dignes du cinéma », promet le collectionneur Ludovic Charles, sans qui le projet ne pourrait exister. Statues grandeur nature, galeries artistiques et espaces d’exposition, près de 2500 pièces vont y être exposées. Un record que l’équipe envisage d’inscrire dans le livre Guinness.
Un village japonais au cœur de la Seine-et-Marne
Le musée Odyssée ne se contentera pas d’exposer ; « l’objectif est de créer une expérience interactive », promet Benoît de Ruyter, directeur marketing du projet. L’arène sera un espace de 2450 mètres carrés modulable en sept configurations différentes, accueillant aussi bien des compétitions e-sport que des concerts.
Comment retracer l’histoire du jeu vidéo sans l’associer à la culture nippone ? Plus de 5 000 mètres carrés seront consacrés à un village japonais, avec une agora commerces et une aire de restauration, dont la carte sera réalisée par Éric Ticana, chef sushi et coach de l’équipe de France de sushi. « On va amener le Japon à 30 minutes de Paris », s’enthousiasme Benoît de Ruyter. Et pour une immersion totale, « même les toilettes seront japonaises », précise Benoît Theveny.
L’ambition d’Odyssée dépasse les murs du musée. L’équipe a récemment participé à la création de La plus grande encyclopédie des consoles de jeux vidéo, publiée en 2024 par Florent Gorge, avec le soutien de la BNF. À terme, elle souhaite la développer sous forme numérique et participative, à la manière d’un Wikipédia du gaming.
Passer la publicitéUn jeu vidéo made in Odyssée
« Dernière surprise », annonce l’équipe du musée : la création d’un jeu vidéo en collaboration avec le studio PixelHeart. Disponible en 2027 sur toutes les consoles, il intégrera un système multiplateforme : « Tout ce que vous ferez dans le jeu aura une incidence sur l’expérience au musée et sur l’application », explique Benoît de Ruyter. En résolvant des énigmes dans le jeu, les visiteurs pourraient débloquer des pièces secrètes du musée ou accéder à des trophées physiques et numériques.
Malgré l’enthousiasme de ses promoteurs, Odyssée reste un projet en construction. Selon eux, 50 % du financement est déjà assuré mais le coût total est estimé entre 40 et 50 millions d’euros. Le permis de construire, pour ce complexe estimé entre 18 et 20 millions d’euros, n’a pas encore été validé. En attendant l’ouverture, l’équipe du musée Odyssée prévoit d’organiser des expositions temporaires à Paris pour découvrir une partie de la collection. « C’est une manière de tester ce qui plaît et ce qui ne plaît pas avant l’ouverture », explique Benoît de Ruyter.
