Sept kilomètres de fans, banderoles... À Buenos Aires, des adieux monstres au rockeur « Indio » Solari
Par Le Figaro avec AFP
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Décédé à 77 ans, Carlos Solari faisait l’objet d’un culte en Argentine. Ses admirateurs se sont réunis, dimanche, pour saluer un « compagnon de vie ».
Passer la publicité Passer la publicitéDes chants, des larmes et une gratitude émue. Des dizaines de milliers de personnes ont rendu dimanche près de Buenos Aires un ultime hommage à Carlos Solari, rockeur à la fibre sociale et idole argentine, décédé à 77 ans.
Tôt le matin, dès la veille même pour certains, les fans ont commencé à former une file, pour venir s'incliner ou déposer une fleur devant le cercueil, reposant en un complexe sportif à Villa Dominico, en banlieue sud de la capitale. Dans l'après-midi, la file atteignait environ sept kilomètres, a constaté l'AFP.
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Passer la publicitéPour ses fans, un « compagnon » de vie
La veillée s'annonçait longue, jusque tard dans la nuit voire l'aube lundi. La famille du rockeur avait prévenu dans un communiqué qu'elle durerait « à partir de 11 heures et aussi longtemps que nécessaire, afin que personne ne perde la possibilité de lui dire adieu ».
« C'est un compagnon de vie », résumait dans la foule Alan Ruiz, un maçon de 26 ans, expliquant le lien si particulier del « Indio » Solari avec son public, souvent comparée à une tribu, traversant les âges. « Il y a quelque chose d'une dimension sociale, avant tout. »
« Ici en Argentine tout est cyclique, il y a toujours des hauts et des bas, et la musique de l'Indio (...) représente beaucoup de tout ça. Il y a toujours un moment où un morceau de lui va représenter ce qui t'arrive. Dans les bons, les mauvais moments ».
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Des drapeaux argentins, des banderoles à l'effigie du rockeur, des chansons coloraient l'interminable cortège où des gens continuaient d'arriver dans l'après-midi. Sur le chemin, des balcons, des voisins saluaient en faisant marcher leur sono.
Rebelle et poète
Solari, qui souffrait de la maladie de Parkinson, a été retrouvé mort vendredi à son domicile, victime d'un AVC. Depuis la fin des années 70, avec ses groupes successifs - le plus connu étant Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota - ou en solo, il a incarné un rock électrique, nerveux, aux textes poétiques parfois cryptiques, empreints de critique du consumérisme et de l'establishment.
Passer la publicitéPeu connu à l'étranger, il drainait par contre un véritable culte dans son pays depuis ses débuts sur la scène alternative. Particulièrement auprès d'une jeune génération des années 90, libérée de la dictature (1976-1983) mais désabusée quant à son avenir économique.
Solari et son groupe étaient « un phénomène qui allait bien au-delà de la musique », résumait cette semaine le critique musical Alfredo Rosso sur la radio 750. À la fois rebelle et poète, vulgarisateur de références littéraires pour un public qui n'y avait pas nécessairement accès, Solari a marqué plusieurs générations d'Argentins, un public plutôt populaire.
« El Indio est comme mon père, il m'a appris tellement. À ouvrir un dictionnaire pour comprendre le sens des mots », confiait à l'AFP Gerardo Lopez, chef de PME de 45 ans. Issu d'un quartier défavorisé « de toxicomanes et délinquants », et qui rendait grâce a Solari pour l'avoir élevé et ouvert à la philosophie.
Bousculade tragique
Solari était aussi réputé pour des concerts monstres pouvant rassembler jusqu'à 300.000 personnes, donnant lieu parfois à des débordements, à l'image d'une bousculade tragique en 2017 qui fit deux morts et 12 blessés.
Vendredi soir à l'annonce de sa mort, des rassemblements spontanés s'étaient formés dans plusieurs villes du pays, dont un spectaculaire Plaza de Mayo, à Buenos Aires : des milliers de fans réunis avec guitares, amplis, enceintes, chantant pendant des heures des titres d’« Indio ».
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Passer la publicitéLa famille de Solari, engagé à gauche et critique du président ultralibéral Javier Milei, avait demandé aux fans venant l'honorer du « respect » car « ce n'est pas le moment de laisser éclater sa colère ». Appel entendu, dans une foule calme et bon enfant, mais tout de même parcourue de temps à autre par quelques slogans anti-Milei.
