Nantes : après quatre fusillades mortelles, la police municipale en grève pour redemander le port d’une arme à feu
Par Laurène Trillard, Le Figaro Nantes
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La demande n’est pas nouvelle. Mais dans un contexte particulièrement tendu, où les coups de feu ont fait quatre morts en un mois, les policiers nantais ont peur pour eux et pour ceux qu’ils protègent. Ils débrayeront quelques heures ce vendredi après-midi.
Passer la publicité Passer la publicitéDans les rangs de la police municipale nantaise, la tension monte. Un débrayage et un rassemblement sont prévus ce vendredi 12 juin de 15 h à 17 h dans le cadre d’une grève organisée par FO. Une nouvelle fois, les agents demandent à être équipés d’une arme à feu. « Une victime de plus, les tirs de trop » mentionne un tract de l’organisation syndicale majoritaire, consulté par Le Figaro. Si le sujet n’est pas nouveau, les quatre fusillades mortelles survenues dans la cité des Ducs entre le 28 avril et le 4 juin ont eu raison de leur patience. « Il faut arrêter de s’inventer des excuses. Aujourd’hui, nous sommes sur le terrain. Les risques qu’on encourt sont de plus en plus importants », alerte Céline Pérémarty, déléguée du syndicat Force ouvrière qui avait déjà déposé à l’été 2025 un préavis de grève illimité.
Actuellement, les policiers sont dotés d’un bouclier, d’un casque individuel, d’un gilet pare-balles, d’un pistolet à impulsion électrique, d’un bâton télescopique et d’une gazeuse. Ils voudraient avoir une arme de poing, nécessitant une formation spécifique. Une demande à laquelle la maire socialiste Johanna Rolland , alliée aux Écologistes, n’a pour l’instant pas donné suite. « La Ville a été informée du débrayage de ce vendredi 12, le 4 juin dernier. Les représentants syndicaux seront naturellement reçus dans les prochains jours, comme c’est toujours le cas dans le cadre du dialogue social mené au sein de la collectivité », fait savoir au Figaro le service de presse de la municipalité. Invitée le 3 juin sur Public Sénat, l’édile de Nantes a été interrogée à ce sujet. « Il y a ce débat. Je le respecte et je l’entends. Vous voyez bien que démanteler le narcotrafic, le sujet d’aujourd’hui, ce n’est pas celui-là. Le sujet d’aujourd’hui, c’est comment on démantèle les réseaux », a répondu celle qui appelle à une « mobilisation totale de l’État ».
Passer la publicité« Épée de Damoclès »
« Il ne faut pas se tromper de sujet. L’arme, on ne la demande pas pour aller dans les quartiers régler le narcotrafic, rétorque Céline Pérémarty. On la redemande car on estime que la situation à Nantes nécessite que l’on puisse se défendre et protéger. On a tous une épée de Damoclès au-dessus de la tête ». Et même « une bonne étoile » ajoute la représentante de FO, alors que certains de ses collègues se sont déjà retrouvés à proximité de l’une des fusillades, une heure auparavant.
« On pourrait se retrouver à faire un banal contrôle routier, en contrôlant un conducteur qui ne met pas son clignotant », cite en exemple la policière qui s’interroge : que se passerait-il si celui-ci était armé ? « Toutes ces choses qui paraissent anodines peuvent mal tourner parce qu’on peut se retrouver à croiser les mauvaises personnes au mauvais moment. » Aussi, « le problème est que le narcotrafic est présent à de plus en plus d’endroits, pas aussi cartographiés qu’avant ». Récemment, les secteurs des Dervallières, Nantes Nord ou encore Bellevue, traditionnellement peu épargnés, se sont substitués à ceux de Bottière, Port-Boyer ou la Halvêque.
Ainsi, le risque se multiplie et « la direction nous interdit d’intervenir dans certains secteurs pour des raisons de sécurité », indique encore Céline Pérémarty, qui a le sentiment parfois « d’abandonner la population ». « Doter d’une arme de poing un policier municipal, c’est lui permettre de protéger des vies dont la sienne », résume FO, dans son prospectus. Selon Ouest France, le syndicat Unsa s’est également joint au mouvement.
Récemment, dans le département de Loire-Atlantique, la municipalité de Saint-Nazaire a décidé d’armer sa police. Traditionnellement « défavorable » au port d’une arme pour ses agents, la Ville dirigée par le socialiste David Samzun a finalement fait volte-face, justifiant sa décision par une « augmentation de la violence » et un renforcement de la protection des agents et de la population.
