Nantes : le domicile d’une élue macroniste « forcé et souillé », une plainte déposée
Par Laurène Trillard, Le Figaro Nantes
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Du ketchup et de l’huile ont été déversés principalement sur ses affaires personnelles, à l’intérieur de son logement. Une enquête est en cours.
Passer la publicité Passer la publicitéL’appartement privé d’une élue centriste nantaise a fait l’objet d’une intrusion lundi après-midi. « Le domicile de Valérie Oppelt, conseillère municipale de Nantes et conseillère métropolitaine, a été forcé et souillé », indique dans un communiqué de presse publié ce mardi le groupe d’opposition de la droite et du centre à Nantes. « Au-delà de l’atteinte matérielle, c’est son intimité, celle de sa famille et de son foyer, qui a été violée. Rien ne saurait justifier une telle intrusion dans la vie privée d’une élue de la République », alertent ses soutiens qui mentionnent un « acte d’intimidation inacceptable ».
Selon nos informations, si aucune preuve matérielle n’atteste d’un geste politique, la manière dont le logement de l’ex-députée LREM (2017-2022) a été retrouvé interroge. En effet, du ketchup et de l’huile ont été déversés dans la chambre de Valérie Oppelt et dans une autre pièce. Ses affaires personnelles ont été particulièrement ciblées et aucun objet de valeur n’a été dérobé. Une plainte a été déposée. « Une enquête est en cours » confirme au Figaro le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy.
Passer la publicitéSoutien de Johanna Rolland
« S’en prendre au domicile d’une élue, c’est franchir une ligne rouge. Derrière chaque mandat, il y a une femme ou un homme, une famille et une vie privée qui doivent être respectés », a réagi Sarah El Haïry, présidente du groupe Un nouveau souffle à la métropole, dans un message de soutien. « À force de banaliser les insultes, les menaces et les intimidations, certains finissent par considérer que tout est permis. Nous refusons cette dérive », a ajouté la haut-commissaire à l’Enfance. « S’attaquer au domicile d’une élue est un acte de lâcheté qui n’a pas sa place dans notre République », a abondé le chef de file de l’opposition nantaise Foulques Chombart de Lauwe. « Honte à ces individus haineux et stupides qui préfèrent la violence au débat », a encore écrit la sénatrice LR Laurence Garnier.
Ce mardi soir, la maire socialiste de Nantes a, à son tour, apporté son soutien à Valérie Oppelt. « Ces actes constituent une atteinte inacceptable à l’intimité d’une élue et de sa famille : je condamne avec la plus grande fermeté ces faits dont les auteurs devront répondre devant la Justice dans les meilleurs délais », a écrit Johanna Rolland, qui a échangé au téléphone avec l’intéressée. La préfecture de Loire-Atlantique s’est aussi manifestée. « La directrice de cabinet a contacté Mme Oppelt après avoir été informée des dégradations dont elle a été victime, pour lui adresser le soutien de l’État. Le “pack sécurité des élus” lui a été proposé à cette occasion, ainsi que dans un courrier signé par M. le préfet » font savoir au Figaro les services de l’État.
Numéro quatre sur la liste d’union du centre et de la droite aux dernières municipales, Valérie Oppelt s’est aussi présentée en 2020 en tant que tête de liste investie par LREM. Récemment, celle qui soutient Gabriel Attal s’est exprimée sur le narcotrafic après les fusillades mortelles. « Il faut frapper fort les trafiquants », a-t-elle suggéré. Le 1er mai, elle a signalé la présence de slogans violents contre la police lors d’une manifestation, apportant son soutien aux forces de l’ordre. Fin avril, elle a aussi dénoncé les dégradations commises par Extinction Rebellion et Les Soulèvements de la Terre sur l’entreprise Léon Grosse, constructrice du futur centre de rétention administrative qui fait l’objet d’une forte opposition localement. « Pression et sabotage, des méthodes vraiment honteuses », a-t-elle regretté lors d’un conseil métropolitain, ajoutant que « la violence n’est pas un moyen d’expression, elle est une impasse ».
