Éric Ciotti dépose plainte devant la Cour de justice de la République contre le ministre Philippe Tabarot pour des menaces de mort
Par Anais Chaline
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Le maire de Nice avait déjà adressé une lettre réclamant la démission du ministre des Transports à Sébastien Lecornu. Il accuse le ministre de l’avoir traité de «nabot» et de l’avoir menacé de le faire «disparaître». Une version contestée par le mis en cause.
Passer la publicité Passer la publicitéLe feuilleton prend une nouvelle tournure. Comme révélé par Le Figaro, le maire de Nice (Alpes-Maritimes), Éric Ciotti (UDR), a adressé une lettre au premier ministre, lundi, pour exiger la démission du ministre des Transports, Philippe Tabarot. Le premier accuse le second de l’avoir «menacé de mort». Ce mercredi, le Niçois enfonce le clou et annonce déposer plainte devant la Cour de Justice de la République. «C’est d’une gravité extrême», dénonce-t-il sur TF1.
La scène se serait déroulée, dimanche, lors de l’inauguration du salon «Bharat Innovates» dans la ville d’Éric Ciotti. Le ministre Philippe Tabarot accompagnait le président, Emmanuel Macron, mais aussi le premier ministre indien, Narendra Modi. Le membre du gouvernement aurait taxé le président de l’UDR de «nabot» à voix haute et ce devant plusieurs témoins, rapporte le Canard enchaîné. Avant de renchérir : «Je vais te faire disparaître. Je vais te faire disparaître en t’envoyant des Géorgiens». Un épisode contesté par l’entourage du ministre, qui assure à l’AFP : «le Ministre a répondu dans le cadre d’un échange personnel avec Éric Ciotti, qu’il connaît depuis 30 ans, à une énième provocation de celui-ci, qui, en marge du déplacement du Président (Macron), lui a indiqué “vouloir (le) faire disparaître du Sénat” et maintenant du gouvernement».
Passer la publicitéBataille sénatoriale
«Je n’ai pas eu de réponse, on sent bien que le gouvernement est embarrassé», argue Éric Ciotti concernant la lettre qu’il a envoyé à Sébastien Lecornu, rapportant les potentiels faits. Il dénonce une «affaire ahurissante, scandaleuse» et assure vouloir : « ne rien laisser passer». Il a annoncé déposer plainte ce mercredi devant la Cour de Justice de la République. L’ex-président Les Républicains soutient que le ministre lui aurait aussi dit la chose suivante : «Tu n’as rien à faire ici, tu n’es pas macroniste». «Il était dans ses fonctions, il m’a menacé de mort», déplore-t-il. «C’est d’une extrême gravité, j’attends une réponse du premier ministre et j’attends que ce personnage soit exclu du gouvernement», défend-il encore.
Les deux hommes ne sont pas des inconnus l’un pour l’autre. Le ministre Tabarot fut sénateur des Alpes-Maritimes de 2020 à 2025. L’un roule pour l’UDR, allié du Rassemblement national (RN), et Philippe Tabarot pour LR, bien que suspendu du parti depuis son entrée au gouvernement. Mais ce dernier n’exclut pas de se représenter lors des prochaines élections sénatoriales, prévues en septembre. Et le département des Alpes-Maritimes est révélateur de cette guerre UDR-RN et LR, car les nationalistes ont empoché de nombreuses victoires aux dernières élections municipales. «S’il veut défendre ses intérêts, il a qu’à se présenter au Sénat. Et puis on verra bien le résultat électoral, je doute qu’il le fasse», raille Éric Ciotti.
