«Pour pouvoir accueillir chez soi, il faut avoir un chez soi» : pour François-Xavier Bellamy, lutte contre l’immigration et foi catholique ne sont pas contradictoires
Par Eloi Passot
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L’eurodéputé a récemment fait adopter un durcissement majeur de la politique européenne en matière migratoire.
Passer la publicité Passer la publicitéDéfendre la lutte contre l’immigration ou se déclarer catholique. Faut-il choisir ? L’eurodéputé François-Xavier Bellamy, qui a récemment fait voter un durcissement des règles du retour des déboutés du droit d’asile à l’échelle européenne, ne voit là «aucune contradiction». «Notre monde vit un désordre profond sur le sujet migratoire dont les premières victimes sont toutes les personnes exploitées par les réseaux de passeurs, qui sont les mafias les plus dangereuses de notre temps. Sortir de cette situation est une priorité humanitaire», affirme-t-il dans un entretien accordé à La Croix.
La sensible question des migrants était au cœur du pontificat du Pape François qui, sans abandonner la doctrine classique de Rome sur la question, a beaucoup insisté sur l’accueil de l’étranger. L’eurodéputé de droite s’exprime alors que Léon XIV a pris la parole sur la question aux Canaries cette semaine. «Ce qui doit nous empêcher de dormir, ce sont tous les morts en Méditerranée», poursuit François-Xavier Bellamy. «Comme toujours, c’est le non-droit généralisé qui suscite cette violence, et nous n’en sortirons qu’en retrouvant des règles claires. C’est aussi la clé pour permettre le développement authentique des pays qui nous entourent : en restant passive, l’Union européenne a été trop longtemps complice de régimes corrompus qui exportent le désespoir pour ne pas avoir à se réformer.»
Passer la publicitéLa vertu chrétienne de la charité consiste à ouvrir à celui qui frappe à la porte, mais comment est-ce possible s’il n’y a pas de porte ?
François-Xavier Bellamy, eurodéputé
Interrogé sur ces supposées dissensions avec le Pape François, Bellamy rappelle que l’ancien souverain pontife «affirmait que les migrants ne doivent pas être considérés comme des ennemis à combattre», une vision qu’il partage. «Cela ne signifie pas pour autant que toute personne puisse entrer sans autorisation dans n’importe quel pays.» Serait-il illusoire de rendre les frontières infranchissables ? Sur ce point, l’eurodéputé reconnaît une dissension avec François. «La vertu chrétienne de la charité consiste à ouvrir à celui qui frappe à la porte, mais comment est-ce possible s’il n’y a pas de porte ? Pour pouvoir accueillir chez soi, il faut avoir un chez soi et décider d’accueillir (...).»
François-Xavier Bellamy défend également son «règlement retour», qui prévoit notamment l’extension de la durée de rétention jusqu’à vingt-quatre mois dans certains cas. «Le but n’est pas de maintenir une personne en rétention le plus possible, mais au contraire de rendre les retours effectifs, par l’expulsion si nécessaire, et par l’augmentation du nombre des départs volontaires», explique-t-il. Le texte ouvre aussi la possibilité de diriger un demandeur d’asile débouté vers un hub de retour dans un pays tiers hors des frontières de l’UE. «Nous ne parlons pas ici de candidats à l’asile, mais d’étrangers en situation irrégulière, par exemple parce qu’ils ont été déboutés du droit d’asile», insiste-t-il. «Si on veut défendre le droit d’asile, il faut qu’il y ait une différence entre ceux qui y sont éligibles et ceux qui ne le sont pas.»
