Présidentielle : «C’est l’Académie des menteurs», dénonce Bayrou pour cibler le déni des candidats sur les comptes publics
Par Anais Chaline
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Neuf mois après son départ de Matignon, l’ancien premier ministre doit publier jeudi un pamphlet pour continuer inlassablement d’alerter sur la dette et les déficits du pays.
Passer la publicité Passer la publicitéUn livre, qui ne sera pas suivi d’une candidature. Neuf mois après son départ de Matignon, l’ancien premier ministre, François Bayrou, s’apprête à publier Alerte sur la France qui vient (Éd. L’Observatoire), le 18 juin prochain. Le Palois, troisième homme en 2007, a déjà écarté l’idée de se relancer une quatrième fois à l’assaut de l’Élysée. Régulièrement dépeint en Cassandre sur les finances françaises, le septuagénaire en a fait l’objet de son dernier ouvrage. «C’est un livre de traduction d’une inquiétude, d’un souci, d’une gravité que jusqu’à maintenant personne ne fait», a répondu François Bayrou ce mardi sur France Inter.
«Vous ne pouvez pas dire “c’est votre obsession la dette” ! C’est comme si vous disiez à un médecin “l’hémorragie c’est son obsession”», grince-t-il. Et de reprendre : «Ce qui est en jeu, c’est la survie du pays. Depuis 50 ans, nous n’avons jamais remboursé un euro de notre dette. Depuis 50 ans, nous faisons monter cette accumulation incroyable de dette». Convaincu que les oppositions accordaient la même importance que lui à la situation budgétaire du pays, François Bayrou avait convoqué à la surprise générale un vote de confiance en septembre dernier. Vote sur lequel il est tombé.
Passer la publicité«Je ne l’aurais jamais fait»
«Tous ces gens qui commentent, ils demandaient sans cesse des dépenses supplémentaires. Jamais personne n’est monté à la tribune pour dire “il faut faire des économies”. Marine Le Pen demandait au moment du Covid 10 milliards de plus, le Parti socialiste qui demandait qu’on ouvre tout grand les vannes de la dépense publique», égratigne-t-il. L’ancien maire de Pau, qui a perdu sa ville aux municipales de mars dernier, s’inquiète aussi du système de retraites. «Sébastien Lecornu a accepté de renoncer à la réforme des retraites, je ne l’aurais jamais fait», égratigne-t-il. Avant de décrocher quelques flèches aux premiers candidats - déclarés ou putatifs - pour 2027 : «Qui en parle de tout cela dans l’élection présidentielle ? C’est l’Académie des menteurs de Moncrabeau». Ce village du Lot-et-Garonne connu pour ses «menteries».
Le président du MoDem, à l’exception de beaucoup d’autres, a exclu l’idée de se lancer à la présidentielle. «Ce n’est pas les annonces de non-candidature qui ont encombré les ondes. Et si j’étais candidat en même temps, que penseraient les Français ? (...) Ils penseraient que moi aussi je suis adhérent à ce parti TPMG : “tout pour ma gueule”». Le centriste, qui avait renoncé à se présenter pour soutenir Emmanuel Macron en 2017, refuse pour le moment de donner ses préférences sur le casting. «Bien sûr que si, je prendrai parti. La question n’est pas celle-là», affirme-t-il. L’homme attend surtout de savoir «qui va traiter ce sujet ?», sous-entendu la dette. «Édouard Philippe fera des référendums, mais quels seront les sujets ?», feint-il d’interroger, au sujet du candidat Horizons qu’il connaît bien, pour l’avoir croisé il y a 10 ans dans le sillage d’Alain Juppé, avant de le retrouver dans l’aventure macroniste.
