Test de Pragmata : Capcom signe un nouveau grand jeu d’action
Par Steve Tenré
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CRITIQUE - L’éditeur japonais poursuit sa lancée et livre à nouveau un jeu vidéo qui devrait faire date. Et ce, grâce à un système de combat unique en son genre.
Passer la publicité9/10
Addictif, magnifique, touchant, novateur... Les superlatifs sont insuffisants pour qualifier Pragmata, dont le seul défaut est, peut-être, son relatif manque d’ambition.
Qui arrêtera Capcom? L’éditeur nippon, qui a consécutivement publié ces deux derniers mois les très bons Resident Evil Requiem (8/10 dans nos colonnes) et Monster Hunter Stories 3 (7/10), rempile ce 17 avril avec le tant attendu Pragmata. Les rumeurs quant à sa potentielle production chaotique n’ont cessé de bruisser tout autour, alors que le titre d’action, annoncé en 2020 avant d’être reporté «indéfiniment» en 2023, porte le fardeau d’être la toute première nouvelle licence solo de Capcom depuis Dragon’s Dogma, sorti en 2012.
Une croix que les développeurs derrière Pragmata ont, semble-t-il, soulevée d’une seule main. Car si l’histoire ne dit pas pour l’heure, si leur chemin a été semé d’embûches, force est de constater que le jeu s’impose aujourd’hui comme une formidable aventure, à même de marquer cette génération, et peut-être même les suivantes. Nous avons trouvé l’aventure si maîtrisée, si parfaitement calibrée, que nous nous sommes immédiatement lancés dans une seconde partie à l’instant où le générique de fin terminait de défiler - quelque chose que nous ne faisons que très, très rarement.
Les affres de l’intelligence artificielle
On ne vous apprendra rien si vous avez suivi la genèse du projet, mais pour ceux qui ne s’y sont intéressés que de loin, Pragmata prend place dans une station de recherche lunaire. Jusqu’ici dédié au développement de la «lunafibre» - un matériau révolutionnaire semblable aux filaments utilisés en impression 3D, et capable de reproduire synthétiquement tout et n’importe quoi, de la voiture au chat en passant par les gratte-ciels -, l’édifice orbital subit une brutale avarie, précipitant la venue d’une équipe d’ingénieurs venus de la Terre. Parmi eux, Hugh, notre protagoniste, qui se verra rapidement séparé de son escouade, et cherchera coûte que coûte à revenir sur la planète bleue.
Le postulat du titre de Capcom est on ne peut plus classique, mais se voit bousculé par la rapide rencontre d’un «Pragmata», un être artificiel disposant de toutes les caractéristiques d’une petite fille. La blondinette, rapidement surnommée Diana par Hugh, se révèle dès les premières minutes comme étant le cœur du jeu. En sus d’être méticuleusement modélisée (ses cheveux comptent parmi les plus impressionnants du jeu vidéo) grâce au puissant moteur graphique de Capcom, le RE Engine, le robot, crédule et enjoué, insuffle paradoxalement au récit cette dose d’humanité qui manque à bien trop de scénarios de jeux vidéo. Et si l’on ne divulgâchera pas les éléments clés de son aventure, Pragmata parvient toujours à saisir l’attention du joueur, ne serait-ce que pour connaître le sort de notre attachante androïde et de son père de substitution, dont le passé se révèle au gré des discussions.
On reprochera peut-être un peu à Capcom d’avoir difficilement su masquer ses références, Death Stranding, The Last of Us et Stellar Blade en tête, mais l’on ne peut que saluer la modernité du récit, définitivement ancré dans l’ère du temps, et posant la question de la place de l’intelligence artificielle dans le monde du vivant. L’univers du jeu se dévoile d’ailleurs au gré de brillantes petites notes à trouver à travers les niveaux, qui nous informeront, notamment, du mal-être des employés de la station spatiale, peu à peu remplacés par les robots et réduits au rang de simples spectateurs.
Un petit pas pour l’homme, un grand pour le jeu vidéo
La narration de Pragmata nous accroche donc, mais si l’on y reste, c’est pour son gameplay. Dans les grandes lignes, Capcom reprend ici les bases de Resident Evil post-RE4 (tir à la troisième personne, caméra à l’épaule, déplacements lourds...), mais l’agrémente d’une idée inédite qui dynamite le tout: le hacking. Confronté aux robots de la station, contrôlés par une IA ivre de pouvoir, Hugh va rapidement se rendre compte que ses armes sont impuissantes face à leurs fuselages. Diana, en revanche, dispose de technologies capables de pirater leur système, les rendant vulnérables aux balles. Pour survivre, vous devrez donc contrôler à la fois l’androïde et l’homme, et constamment jongler entre leurs capacités distinctes.
En jeu, tout se fait en temps réel: le stick gauche vous permettra de déplacer Hugh, les gâchettes basses (L2 et R2 sur une Dualsense) de viser et tirer. Lorsque vous viserez un robot, une fenêtre de hack, semblable à un labyrinthe vu de haut, apparaîtra sur le côté droit de l’écran. Vous devrez alors utiliser les touches de la manette (Croix, Carré, Rond, Triangle) pour vous frayer un chemin à travers ce dédale et ainsi atteindre la matrice du…
