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Le Tokyo brutaliste : une promenade architecturale en 5 étapes

Par Arnaud Paillard

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L’église Saint Anselme, conçue par l’architecte tchèque Antonin Raymond en 1954. Arnaud Paillard

Le film The Brutalist a braqué les projecteurs sur l’architecture éponyme. Ce mouvement, qui fait la part belle au béton, a fait florès sur l’archipel après la Seconde Guerre mondiale, à l’heure de reconstruire au plus vite le pays détruit. Un parcours d’une journée à Tokyo pour découvrir les bâtiments les plus spectaculaires.

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Des lignes brutes, des formes très géométriques et surtout du béton apparent : le Japon regorge de bâtiments brutalistes, du nom de ce courant architectural, mis en lumière par le récent succès du film The Brutalist. La facilité de construction donnée par le béton a séduit les architectes de l’archipel nippon dès les années 50, au moment de reconstruire le pays ravagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

« Ceux qui ont une perception statique et ‘disneyfiée’ du Japon regrettent la présence de bâtiments brutalistes dans un pays fait de pagodes et de temples, écrit Paul Tullet, photographe britannique installé au Japon, dans un livre intitulé Brutalist Japan, a photographic tour of Post-war japanese architecture*. Pour ceux-là, cela reviendrait à porter un survêtement à un mariage ou un enterrement. Pourtant, Alison and Peter Smithson, les architectes à l’origine du brutalisme, ont reconnu que l’une des influences majeures de leur travail venait de l’architecture traditionnelle japonaise ». Pour lui, la simplicité, les proportions idéales et la rationalité de l’architecture traditionnelle japonaise sont même au fondement du mouvement brutaliste.

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À Tokyo, de nombreux témoins de ce mouvement architectural subsistent. Voici une promenade architecturale dans la capitale nippone, qu’il est possible d’effectuer en une petite journée.

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Villa Bianca

La Villa Bianca mélange architecture traditionnelle et brutaliste. Arnaud Paillard

Au départ de la gare d’Hara-Juku, après avoir longé les voies ferrées de la ligne Yamanote vers le nord et en prenant la première grande avenue sur la droite, vous tomberez sur la villa Bianca (2 Chome-33-12 Jingumae). Cette grande copropriété de 40 logements a été construite en 1964, l’année où Tokyo accueille ses premiers Jeux olympiques, selon les plans de l’architecte Eiji Hotta.

Elle offre un exemple frappant d’un mélange d’architecture traditionnelle japonaise utilisant la technique «poteaux-poutres» et une utilisation moderne du béton et du verre. Une approche minimaliste et contemporaine, qui met en avant la légèreté et la transparence. Le bâtiment ne se visite pas, mais les deux commerces en rez-de-chaussée sont ouverts au public.

Tower House

La «Tower House», une maison tout en béton. Arnaud Paillard

À dix minutes à pied, sur l’avenue Gaien nishi-dori, poursuivez la visite avec la «Tower House». Cette maison individuelle, construite en 1966 sur une parcelle minuscule de 20 m², selon les plans de Takamitsu Azuma, est entièrement faite de béton apparent, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec une texture horizontale visible qui souligne la superposition des étages. Les pièces sont empilées les unes au-dessus des autres, sans porte, reliées par un escalier central en béton qui constitue l’épine dorsale du bâtiment.

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Gymnase olympique Yoyogi

Le gymnase olympique Yoyogi, conçu pour les Jeux olympiques de 1964. Arnaud Paillard

En revenant vers la gare d’Hara-Juku, poursuivez votre promenade vers l’ouest et prenez la passerelle au-dessus de l’avenue Yoyogi pour embrasser le gymnase olympique Yoyogi dans sa totalité. Un bâtiment imposant, conçu pour les Jeux olympiques de 1964 par l’architecte japonais Kenzo Tange. Son toit suspendu spectaculaire, soutenu par deux pylônes en béton armé et une structure en câbles d’aciers précontraints, s’associe à la base en béton du bâtiment, relevée sur les côtés, pour donner à l’ensemble une impression aérienne.

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Reconnu comme un chef-d’œuvre architectural du XXe siècle, le bâtiment illustre la capacité du grand architecte japonais à fusionner les principes du modernisme occidental et des éléments de l’architecture traditionnelle japonaise. Il n’existe pas de visites guidées du gymnase, mais de nombreux évènements y sont organisés. Il suffit d’acheter une place pour l’un d’eux afin d’en visiter l’intérieur.

Musée national de l’art occidental

Le musée national de l’art occidental a été conçu par Le Corbusier. Arnaud Paillard

En prenant la ligne circulaire Yamanote dans le sens des aiguilles d’une montre, descendez à l’arrêt Ueno pour poursuivre la visite. Le parc Ueno, l’un des plus connus de Tokyo, est également l’un des plus fréquentés, particulièrement pendant la saison des cerisiers. Avant d’entrer dans le parc, arrêtez-vous sur l’esplanade faisant face à la gare. Sur votre droite, vous apercevez le Musée national de l’art occidental, conçu par Le Corbusier et achevé en 1959.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2016, ce musée sur pilotis est conçu autour d’une rampe ascendante en son centre, qui offre aux visiteurs une visite continue, permettant d’apprécier le bâtiment dans son ensemble. Il accueille des œuvres majeures des peintres impressionnistes et des sculptures de Rodin.

Le musée est ouvert les mardis, mercredis, jeudis et dimanches de 9h30 à 17h30, et de 9h30 à 20h00 les vendredis et samedis. Fermé le lundi.

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Metropolitan Festival Hall

Le Metropolitan Festival Hall, face au musée du Corbusier, sert de salle de concert. Arnaud Paillard

Face au Musée de l’art occidental, vous apercevez le Metropolitan Festival Hall, avec son fronton percé d’ouvertures rectangulaires qui semble entamer un dialogue architectural avec le musée du Corbusier. Conçu par Kunio Maekewa et achevé en 1961, ce bâtiment offre au public un très vaste hall qui doit favoriser les interactions sociales, selon la volonté de son concepteur. Il est ouvert tous les jours, de 10h à 22h, et sert de salle de concert grâce à son acoustique exceptionnelle.


Pour aller plus loin

L’église Saint Anselme, se trouve à cinq minutes de l’arrêt de métro Meguro. Arnaud Paillard
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Si vous souhaitez poursuivre la visite du Tokyo brutaliste, reprenez la ligne Yamanote jusqu’à l’arrêt Meguro. De là, marchez cinq minutes jusqu’à l’église Saint Anselme, conçue par l’architecte tchèque Antonin Raymond en 1954. À l’intérieur, la nef est marquée par un design minimaliste et géométrique, qui offre un jeu de lumière saisissant sur son plafond.

Retournez à la grande gare de Shibuya puis prenez la ligne Den-en-Toshi pour vous arrêter à la station Komazawa-Daigaku. De là, marchez quinze minutes à travers le grand parc olympique de Komazawa pour découvrir deux œuvres brutalistes majeures construites pour les Jeux olympiques de 1964 : la tour de contrôle Komazawa, conçue pour abriter un réservoir d’eau ainsi qu’une antenne de retransmission télévisuelle, par Yoshinobu Ashihara. Ses poutres apparentes évoquent une pagode aux formes brutes.

Juste à côté, le stade olympique, qui a accueilli les épreuves d’athlétisme en 1964, ressemble à une soucoupe volante qui aurait atterri sur l’esplanade centrale du parc. Malgré sa peinture défraîchie, la promenade sous la canopée de béton qui entoure le stade dessiné par Masachika Murata vaut la visite. Il est possible d’y entrer lors des compétitions sportives.

Le stade olympique de Tokyo. Arnaud Paillard

* 2024, Prestel, 240 pages, non traduit en français

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1 commentaire
  • anonyme

    le

    L'architecture de Shinjuku mériteraient sûrement une petite place dans ce «classement».

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