Les 20 ans du Quai Branly : le musée-manifeste de Jacques Chirac à la gloire des cultures laminées par l’Occident
Par Anne Fulda
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RÉCIT - Pour l’ancien chef de l’État, qui a toujours manifesté de l’intérêt pour les cultures lointaines et oubliées par l’Occident, l’ouverture de l’institution consacrée aux arts premiers en 2006 a été une sorte d’aboutissement.
Passer la publicitéUn musée consacré aux arts premiers ? Lorsque Jacques Chirac, peu de temps après son élection en 1995, annonce son intention d’ouvrir un musée entièrement dédié aux arts premiers, d’aucuns s’étonnent. Certes, l’ancien président du RPR parvenu à l’Élysée après avoir mené une campagne contre la fracture sociale a l’habitude de déboussoler son électorat. Mais là, et notamment dans les milieux culturels et intellectuels, et parmi ces conservateurs de musées « qui portent si bien leur nom », comme cinglait souvent Jacques Chirac, ce qui domine, c’est une forme d’incompréhension. Et une réelle opposition à ce projet qui leur semble farfelu.
Simple tocade présidentielle, mode passagère ? Souhait de marquer son septennat avec son grand chantier culturel, comme le firent avant lui Georges Pompidou avec Beaubourg, Valéry Giscard d’Estaing avec le Musée d’Orsay et François Mitterrand avec le Grand Louvre ?
Il n’y a pas de raison que les masques africains n’aient pas leur place au Louvre alors qu’y sont entreposés tant de masques romains, dont les deux tiers ne valent pas un coup de cidre !
Jacques Chirac
En fait, bien avant cette annonce et ce désir exprimé de faire de la réhabilitation…
