Des ONG appellent à abandonner le projet de ligne aérienne à très haute tension en Camargue
Par Le Figaro avec AFP
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Après la prise de position d’Emmanuel Macron en faveur de ce projet controversé entre le Gard et les Bouches-du-Rhône, une lettre signée par 15 organismes dont WWF ou encore France Nature Environnement appellent l’État à abandonner le projet.
Passer la publicité Passer la publicitéUne coalition d'associations environnementales et de gestionnaires de sites naturels appelle l'État à abandonner le projet de ligne aérienne à très haute tension (THT) entre le Gard et les Bouches-du-Rhône, estimant que la Camargue ne devait pas être «sacrifiée sur l'autel de la souveraineté énergétique».
Cette future ligne aérienne à 400.000 volts est «nécessaire», avait jugé mardi Emmanuel Macron, martelant qu'il fallait «tout mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d'ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation et permettre l'électrification des industries présentes et à venir».
Passer la publicitéRépondant au président de la République et à plusieurs ministres dans une lettre consultée jeudi par l'AFP, 15 signataires, dont France Nature Environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux ou WWF France, estiment que les espaces naturels protégés «ne peuvent être des variables d'ajustement des politiques de souveraineté énergétique».
180 pylônes sur 65 kilomètres
L'État avait annoncé le 13 mai lancer l'instruction de la déclaration d'utilité publique (DUP) de ce projet censé partir de Jonquières (Gard) jusqu'à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), en prévoyant l'implantation de 180 pylônes de 50 à 90 mètres de haut sur les 65 kilomètres de parcours qui traverse notamment une partie de la réserve naturelle du parc de Camargue.
Selon les signataires, une ligne aérienne fragmenterait les habitats naturels et menacerait plusieurs espèces protégées d'oiseaux migrateurs. Ils alertent également sur les «impacts cumulés» d'autres projets prévus dans le delta du Rhône et ses environs : pipelines d'hydrogène, autoroute ou encore éoliennes offshore.
Rappelant que la Camargue, l'une des plus vastes zones humides d'Europe, est constituée de nombreux labels environnementaux (réserve de biosphère Unesco, réserves naturelles...) les signataires demandent à l'État d'étudier «une solution alternative qui ne soit pas aérienne», mais enfouie ou sous-marine, comme le proposent de longue date des élus locaux et scientifiques.
Près de 20 millions d’euros d’investissement
En pleine crise au Moyen-Orient qui a provoqué une flambée des prix de l'énergie, la ligne THT est, selon ses promoteurs, une infrastructure essentielle à la sécurisation de l'approvisionnement électrique de la région, ainsi qu'à la décarbonation et la réindustrialisation de la zone industrialo-portuaire de Fos-Berre, une des plus polluantes et émettrices de gaz à effet de serre du pays.
Passer la publicitéSelon les industriels et l'État, les investissements projetés dans cette zone pourraient atteindre de 16,9 à 19,9 milliards d'euros (à 72% privés et 28% publics) d'ici à 2030. Avec à clé, la création potentielle de près de 10.000 emplois directs.
Un des projets emblématiques de cette réindustrialisation a toutefois été récemment abandonné, avec la liquidation judiciaire de la société française Carbon, qui prévoyait un projet de giga-usine de panneaux photovoltaïques, avec la création de plus de 3000 emplois directs.
