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« J’ai été réduit à l’état d’esclavage » : à 104 ans, Albert Corrieri saisit la CEDH pour faire reconnaître son travail forcé en Allemagne nazie

Par Nicolas Farmine, Le Figaro Marseille

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👁 «J’ai trop souffert pour laisser passer» : un ancien déporté du STO de 102 ans demande réparation à l'État

Albert Corrieri avait attaqué l’État français l’an dernier pour faire reconnaître ses droits de « déporté » dans un camp de travail allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il avait été débouté par la justice en appel.

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Le combat d’Albert Corrieri se poursuit. Le centenaire marseillais, qui vient de fêter ses 104 ans le 28 mai dernier, annonce ce lundi qu’il a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour faire reconnaître sa « déportation » en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO).

Âgé de 21 ans en mars 1943, Albert Corrieri avait été envoyé de force en Allemagne nazie afin d’intégrer l’un de ses camps de travaux forcés mis en œuvre par le régime de Vichy sous l’occupation. Le centenaire était resté à Ludwigshafen vingt-cinq mois jusqu’en avril 1945 après avoir vécu, selon lui, « les pires atrocités » dans un complexe chimique d’IG Farben. Il avait même failli y perdre un bras lors de bombardements alliés.

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Accompagné d’un historien et de son avocat, Me Michel Pautot, Albert Corrieri entreprend désormais de faire reconnaître le préjudice auprès de l’État afin d’obtenir une réparation financière à hauteur de 43.200 euros. Il avait porté l’affaire devant le tribunal administratif de Marseille l’an dernier, mais s’était heurté à un refus de la justice.

Débouté par le tribunal administratif puis en appel

Les juges avaient une première fois estimé qu’Albert Corrieri ne pouvait pas « se prévaloir des dispositions de la loi du 26 décembre 1964 » qui tend à constater l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité, ce dernier n’ayant pas « la qualité de déporté ». Le centenaire avait été débouté une seconde fois dans la foulée, la cour administrative d’appel de Marseille estimant que la loi du 14 mai 1951 relative « au statut des personnes contraintes au travail en pays ennemi » permettait déjà « l’indemnisation des préjudices de toute nature causés aux victimes » du STO.

Albert Corrieri a donné une conférence de presse avec son avocat. Nicolas Farmine / Le Figaro

« J’ai été réduit à l’état d’esclavage, contraint d’effectuer les travaux les plus pénibles, sous la menace des armes, sept jours sur sept, dix heures d’affilée. Et sans percevoir le moindre centime de rémunération », a rappelé Albert Corrieri ce lundi matin lors d’une conférence de presse. « Parce que c’est l’État français qui l’a provoqué, et qu’il n’est pas prescrit, j’estime que la France a une dette envers moi », a-t-il ajouté, demandant à la justice française de « lui attribuer (son) dû ». « Arrivé au soir de ma vie, j’ai bon espoir d’obtenir gain de cause ».

« À 104 ans, Albert est au grand crépuscule de sa vie, il mène ce combat pour l’Histoire et la mémoire. Albert est un Marseillais, l’un des derniers témoins de la déportation pour le travail forcé. Il n’attend pas seulement une réparation financière, il attend que la justice européenne valide sa dignité avant qu’il ne soit trop tard », souligne son avocat, Me Pautot, qui explique que la CEDH est l’« ultime espoir » de son client.

Trois ou quatre «survivants» restants

Cette requête, qui a été adressée par courrier recommandé à la Cour européenne en fin de semaine dernière, est motivée par la violation présumée des articles 3 et 4 de la Convention européenne des droits de l’homme par l’État français, en ce sens que « nul ne peut être soumis à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » et que « nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude, nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé et obligatoire ».

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La requête devrait être enregistrée par la CEDH, qui peut ensuite la transmettre à l’État français afin de déclencher une instruction. Un processus qui prendra au moins plusieurs mois selon Me Michel Pautot. « Saisir la Cour européenne à cet âge-là, pour une affaire qui concerne la déportation du travail, je pense que c’est un évènement unique en Europe », estime-t-il. Fin novembre dernier, Erpilio Trovati, lui aussi centenaire et ayant travaillé 13 mois dans le cadre du STO, est décédé sans avoir pu obtenir gain de cause.

Albert Corrieri, quant à lui, serait l’une des « trois ou quatre » dernières victimes survivantes du Service du travail obligatoire, qui a permis à l’Allemagne de réquisitionner pas moins de 600 000 Français afin de participer à l’effort de guerre allemand. « Ce que je ne comprends pas, c’est que la souffrance, on l’a eue. Non seulement moi, mais tous mes amis qui sont partis là-bas ont souffert. La prescription ne devrait pas exister », se désole Albert Corrieri, qui soutient avoir entrepris de premières démarches en 1957, sans succès.

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65 commentaires
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    le

    il est un peu tard - il a bien supporté le sto, preuve en est sa longue vie - que veut-il de plus - il y a une arrière pensée venant de son entourage derrière ce genre d'attitude -

  • tariu

    le

    Georges Marchais, réduit àl'état d'esclavage? allons donc !

  • tariu

    le

    il n'y a pas d'étiquette malheureuse mais des faits. Thorez a fait sa résistance à Moscou, un déserteur. Les communistes ont d'ailleurs eu comme comme motif essentiel de défendre l'URSS et d'installer en France une démocratie populaire . Ils n'ont pas agi par patriotisme

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