À Toulouse, Salomé danse avec les voix
Par Christian Merlin
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CRITIQUE - Si la première mise en scène du baryton Matthias Goerne manque d’incarnation, l’Orchestre national du Capitole offre toute sa richesse sonore et sa virtuosité à l’œuvre de Strauss.
Passer la publicitéCinq fois salle pleine pour la toujours troublante Salomé, de Richard Strauss au Capitole de Toulouse, c’est déjà un légitime motif de fierté. Cent vingt et un ans après sa création, l’œuvre est toujours aussi perturbante par son regard sur le désir et l’inconscient. Pour sa première mise en scène d’opéra, l’immense baryton Matthias Goerne, qui pense peut-être déjà à une reconversion en douceur alors qu’il vient encore d’émouvoir la Philharmonie de Paris dans trois récitals Schubert, reste au milieu du chemin. L’idée d’axer le propos sur la domination est convaincante. La danse vue comme un viol collectif par les sbires d’Hérode, la scène finale avec le corps entier de Jean-Baptiste, non décapité, sont parlantes. Mais l’incarnation manque : la gestuelle des chanteurs est figée, le décor et les costumes d’Hernan Peñuela et Christof Cremer s’en tiennent au fonctionnel. Comme si Goerne avait voulu ménager ses collègues chanteurs au lieu de puiser dans leurs ressources dramatiques.
Mais…
