L’Enlèvement au sérail : avec des voix pareilles, ce « petit » opéra de Mozart redevient grand
Par Christian Merlin
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CRITIQUE - Si la mise en scène de Florent Siaud tire l’œuvre vers l’esthétique des films d’aventures, les parties chantées laissent le spectateur en adoration. Avec Laurence Equilbey à la baguette.
Passer la publicitéIl est décidément loin, le temps où la psychanalyste Catherine Clément titrait son livre L’Opéra ou la défaite des femmes. Aujourd’hui, elles ont leur revanche. Le lendemain d’Ercole amante, au Palais Garnier, où elles ridiculisent un Hercule vieillissant, nous assistions à la première de L’Enlèvement au sérail de Mozart au Théâtre des Champs-Élysées : Osmin, l’inquiétant gardien du sérail, s’y retrouve ficelé par la jeune Blonde sous le regard réjoui des prisonnières.
Plus d’Orient et d’Occident dans la mise en scène de Florent Siaud, dont le spectacle semble aussi refuser de choisir entre sérieux et bouffe. La piste la plus intéressante qu’il propose est l’ambiguïté du pacha Sélim, présenté comme un riche amateur d’œuvres d’art de cultures diverses, éclairé mais menaçant, à l’image de ses gardes du corps en complet et lunettes noirs, qui sélectionnent des femmes pour le patron. Les quatre protagonistes sont bien libérés, mais les femmes qui restent sous sa coupe ne jubilent pas. Quant…
