Corse: un échec du projet d'autonomie serait «lourd de conséquences», prévient Gilles Simeoni
Par Le Figaro avec AFP
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Un projet de loi constitutionnelle lancé par Gérald Darmanin en 2022 prévoit d’accorder une «autonomie» à la Corse. Approuvé par les députés en commission début juin, le texte divise dans l’hémicycle.
Passer la publicité Passer la publicitéL'ex-président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, estime qu'un rejet du projet de loi constitutionnelle visant à reconnaître l'autonomie de l'île, dont l'examen débute mardi à l'Assemblée nationale, serait «lourd de conséquences perturbantes», dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche.
«Si le Parlement nous ferme la porte au nez ou s'il nous envoie un signal négatif en édulcorant ce texte et en remettant en cause l'accord politique qui le sous-tend, l'un et l'autre validés par une très large majorité des élus de l'île, toutes strates et familles politiques comprises, ce sera lourd de conséquences perturbantes», prévient le maire de Bastia qui a démissionné de la présidence du conseil exécutif le mois dernier mais siège toujours en son sein. Cette réforme accordant une «autonomie» à la Corse et une latitude dans l'adaptation de certaines lois et normes sur son territoire a été approuvée par les députés en commission début juin, mais le texte promet des échanges animés dans l'Hémicycle, où les avis restent divisés, y compris au sein de la majorité.
Passer la publicité«Nous, nous ne renoncerons pas»
«Ce rendez-vous clôt un triple cycle: un cycle de plus d'un demi-siècle de combat, de crises, de violences, structuré par la revendication d'autonomie ; un cycle de plus de dix ans avec l'arrivée des nationalistes à la tête de la Collectivité de Corse, où nous avons mis l'autonomie au cœur de notre projet politique», souligne l'élu, chargé de cette question et du suivi du processus devant le Parlement. «Et enfin un cycle entamé il y a quatre ans après l'assassinat d'Yvan Colonna et les manifestations violentes qui se sont ensuivies», ajoute-t-il.
Initié en 2022 par Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, à la demande d'Emmanuel Macron, pour mettre un terme à ces violences, le projet de loi constitutionnelle vise notamment à octroyer à l'île «une autonomie au sein de la République». Concrètement, les lois et règlements français pourront faire «l'objet d'adaptations justifiées» par les «spécificités» de l'île, sous conditions, selon le texte. La collectivité de Corse pourrait aussi «être habilitée à fixer les normes» adaptées à l'île.
Le nationaliste corse explique avoir rencontré de nombreux députés et sénateurs de tous bords politiques afin qu'ils «comprennent que la situation actuelle est intenable et qu'il faut faire le pari de la confiance». Selon lui, les parlementaires sollicités «sont prêts à s'engager sur un chemin qui ouvre le champ des possibles». «Si en revanche c'était un échec, je serais très inquiet des conséquences politiques. Nous, nous ne renoncerons pas», insiste Gilles Simeoni.
