Catastrophe d’Air India : après un crash d’avion, les numéros de vols sont-ils réattribués ?
Par Pierre Georges
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Un crash aérien, à l’instar du vol Air India 171 qui a fait 279 victimes le 12 juin, est souvent baptisé par son numéro de vol. Comment les compagnies gèrent-elles ensuite ces chiffres embarrassants ?
Passer la publicité Passer la publicitéAprès la catastrophe d’Air India, qui a coûté la vie à 279 personnes lors du crash d’un Boeing 787 reliant Ahmedabad à l’aéroport de Londres Gatwick, la compagnie a très rapidement retiré le numéro de vol AI 171 de son programme. Depuis le 17 juin, soit cinq jours après le drame, cette liaison a été rebaptisée «AI 159». Air India Express, filiale low cost du transporteur indien, a également abandonné le code IX 171. Une mesure très courante dans le secteur aérien, pour des raisons de respect des victimes et d’image.
De manière générale, le numéro d’un vol impliqué dans une catastrophe majeure n’est ni conservé, ni réattribué à une autre route. Il est mis au placard et disparaît définitivement des systèmes de réservations et de planification. Air France le confirme au Figaro : le vol AF447 (Rio-Paris en 2009, plus gros crash de l’histoire de la compagnie nationale), n’est plus utilisé.
Passer la publicitéIl en est de même pour les vols Malaysia Airlines MH370 et MH17 (disparition et crash), le Korean Air Lines 007 (abattu par un chasseur soviétique en 1983) ou encore les vols United Airlines UA175 et UA93, impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001. Ces deux derniers avaient par ailleurs été ressuscités temporairement en 2011 à la faveur d’une erreur informatique, avant que la compagnie ne les retire et s’excuse rapidement.
Superstition ou pragmatisme ?
Les autres exemples ne manquent pas. Si la superstition joue sans doute un rôle dans la pratique, le retrait d’un numéro de vol après un crash relève avant tout d’un pragmatisme émotionnel et commercial. Changer un numéro de vol après un crash permet autant de protéger un peu l’image du transporteur mais aussi d’éviter toute association négative dans l’esprit des passagers, comme des personnels navigants. L’objectif restant de tourner la page tout en rendant hommage aux victimes.
À noter enfin que si la décision semble bien ancrée dans la culture aérienne, il n’existe aucune règle écrite au niveau international, ni de recommandations émises par l’Association internationale du transport aérien (Iata), sur le sujet.
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