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Onsen, l’art du bain au Japon : j’ai testé… et retenu les erreurs à ne surtout jamais commettre

Par Caroline Siavy

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Une règle, non négociable : la nudité totale. Pas de maillot, pas de sous-vêtements. Ici, à Yunomine, le onsen Tsubuyu, enregistré au patrimoine mondial de l'humanité. CHRISTOPHE MIGEON

LES DO ET DON’T - Au Japon, se baigner dans un onsen est une expérience incontournable mais aussi un terrain propice aux faux pas pour les visiteurs ! En testant ces bains traditionnels, j’ai découvert les erreurs qu’il vaut mieux éviter pour ne pas passer pour un touriste maladroit.

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Dans l’archipel nippon, se détendre ne s’improvise pas. Un onsen n’est pas une simple parenthèse bien-être mais bien un rituel culturel où les codes sont nombreux et souvent inconnus des étrangers. Cet établissement thermal public alimenté par des sources volcaniques – le pays étant assis sur l’une des zones sismiques les plus actives du monde – est ancré dans la culture japonaise depuis des siècles. Les locaux s’y rendent comme on prendrait un café dans l’Hexagone : seuls, en famille, entre amis... Et comme tout rituel qui se respecte, il repose sur des règles que personne ne vous explique parce qu’elles vont de soi.

À lire aussi «J’ai été choquée de ce qu’il se passe en France» : au Japon, les trains font (au contraire) la part belle aux enfants

Un pied dans l’eau, et déjà une erreur

C’est au Senkyaku Banrai Toyosu Manyo Club, un complexe thermal dans le quartier portuaire et ultra-moderne de Toyosu à Tokyo, que j’ai plongé dans le grand bain. L’endroit est impeccable, pensé dans les moindres détails et la zone de baignade se situe en hauteur à l’extérieur avec vue sur la baie. Une atmosphère presque joyeuse règne dans cet espace non mixte où l’on croise des groupes d’amies, des familles... Toutes respectent une chorégraphie millimétrée. Toutes, sauf moi. « No no no ! » Prononcé avec une pointe de panique dans la voix, ce petit mot venu de nulle part m’arrête net. Une femme me regarde, l’air sincèrement désolé pour moi. Première leçon : on ne rentre jamais dans un onsen sans s’être lavé. Il faut s’asseoir sur un petit tabouret et se nettoyer minutieusement avec du savon, sans éclabousser sa voisine. L’eau du bain est partagée. Elle se mérite.

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Autre règle, non négociable : la nudité totale. Pas de maillot, pas de sous-vêtements. Et surtout pas de téléphone ni d’appareil photo. C’est paradoxalement ce qui déstabilise le moins. Parce que personne ne regarde. Cette indifférence polie rend invisible et donc immédiatement à l’aise. Comme partout au Japon, on parle peu et à voix basse pour ne pas déranger les autres. Pas d’interdiction formelle, mais le silence s’impose presque instinctivement.

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Et puisqu’on est nu, autant savoir que les tatouages y sont souvent interdits. L’explication est historique. Ils furent longtemps la marque des yakuzas, la mafia japonaise, et l’imaginaire collectif ne s’en est pas tout à fait défait. Résultat, un touriste européen orné d’un attrape-soleil sur l’épaule peut se retrouver refoulé comme un présumé criminel. Certains établissements ont assoupli cette consigne, à condition de couvrir lesdits tatouages. Mieux vaut vérifier avant de faire le déplacement.

À lire aussi Japon : comment se comporter dans un onsen et quels gestes éviter ?

Tokyo depuis l’eau chaude

Le onsen n’est pas seulement un rituel social : on y vient aussi pour ses bienfaits. Ici, sources de Naruko Onsen. LAURENT FABRE

Vient le moment d’entrer dans le bassin. Entre 38 et 42 degrés, la température saisit d’abord, puis enveloppe. Le corps lâche prise presque aussitôt. Le onsen n’est pas seulement un rituel social : on y vient aussi pour ses bienfaits. La chaleur dilate les vaisseaux, stimule la circulation en surface, détend les muscles et aide à relâcher les tensions. Selon leur composition en minéraux (soufre, sodium, bicarbonate, etc.), certaines eaux peuvent aussi adoucir la peau ou soulager légèrement les douleurs articulaires.

Une fois immergée, je suis prête à m’installer pour la soirée mais les Tokyoïtes, elles, ne s’attardent pas. Elles restent quelques minutes, sortent, reprennent souffle, recommencent. Un rythme lent, alterné, qui ressemble davantage à une méditation qu’à une baignade. Interdiction de mettre la tête sous l’eau, les cheveux longs doivent être attachés hors du bain, il ne faut pas nager, ni trop s’agiter… On n’est pas à la piscine municipale un mercredi après-midi.

La sortie est presque aussi codifiée que l’entrée. On s’empare de sa serviette qui ne doit jamais toucher l’eau, et on se sèche soigneusement avant de retourner aux vestiaires. Là, on se rhabille, on repose yukata (kimono léger en coton) et chaussons à leur place. Des soins pour la peau et des produits pour les cheveux sont mis à disposition. Certains complexes proposent un espace détente, un restaurant, un bar à thé… Une façon de prolonger le relâchement sans brusquer la transition. On ne claque pas la porte, on ne consulte pas son téléphone dès le premier pas dehors. Un règlement intérieur long comme le bras et personne pour vous l’expliquer. Ici, les codes ne s’affichent pas, ils se vivent. Le Japon, en une leçon de bain.

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4 commentaires
  • RasLeBol

    le

    De belles traditions, à suivre avec Respect. Merci pour cet article.

  • Basile007052

    le

    Qu est-ce que c est pénible les traditions Un peu de fantaisie ne leur ferait pas du mal

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