Très méconnu, cap sur le Gunma : tous les trésors de la montagne japonaise... à deux heures de Tokyo
Par Régis Arnaud
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JAPON FACE B - Gunma, une destination ? Jusqu’à récemment, cette préfecture était de celles qu’on traverse plutôt que d’y séjourner.
Passer la publicité Passer la publicitéEntre l’hyper-urbaine Tokyo, côte Est, et les paysages immuables de Niigata côte Ouest, Gunma est comme un « sas » reliant les deux Japons, l’ancien et le moderne. L’attractivité de cet arrière-pays montagneux souffrait de ce trait typiquement japonais, chez les individus comme en groupe, qui est une qualité et un défaut : la difficulté de se mettre en avant. Bref, c’était un voyage qui se méritait.
La réalité a fini par s’imposer : Gunma bénéficie d’un cadre naturel exceptionnel, encore peu exploité, à deux petites heures de Tokyo en train ou en voiture, qui en fait aujourd’hui la destination des « affranchis » du voyage au Japon. On associe souvent le Japon à la mer ; Gunma offre le meilleur de la montagne japonaise. Il est un pôle majeur d’une nouvelle tendance dans l’Archipel : celui du tourisme de plein air, qui s’appuie sur les montagnes, les forêts (47% du territoire), les vallées et les rivières du coin, que les touristes étrangers découvrent avec émerveillement et font redécouvrir aux autochtones, comme souvent dans ce pays. « Le Gunma, c’est la nature à proximité de Tokyo. Les paysages sont scéniques » résume Bernard Delmas, vice-président de l’association franco-japonaise de Gunma.
Passer la publicitéDÉCOUVRIR NOTRE SÉRIE - Le Japon des montagnes : retrouvez tous les épisodes de notre série
Une préfecture pour toutes les saisons
Séjours de nos partenaires
L’automne à Gunma, on admire, pour quelques jours, le feuillage incandescent du « patrimoine forestier » du Japon (chêne, érable, cyprès, sapin…), ici préservé alors qu’il a été souvent sacrifié après-guerre dans le reste du pays. On part y skier en hiver depuis Tokyo pour une journée ou plus dans de petites stations à Hodaïgi, Kusatsu, Minakami ou Kawashina. On y part en randonnées, à pied ou à vélo, au printemps sur le Mont Tanigawa ou dans le parc naturel d’Ozé. L’été, on y trouve la fraîcheur qui a déserté Tokyo, baignant dans le mushiatsui (chaleur humide au bord de l’intolérable).
Au-dessus de ses vallées spectaculaires, on y pratique - rare au Japon - le parapente, le planeur et autres sports aériens. On y descend les rivières en kayak ou en rafting, mené par des guides expérimentés, souvent étrangers ou anglophones – autre rareté dans ce pays qui manque de ressources. La gastronomie locale combine produits de la montagne (viandes, légumes du coin – notamment le konjac) et de la mer, jamais loin au Japon. Nulle part ailleurs enfin : la préfecture dispose de centaines de sources d’eaux chaudes (459 sources répertoriées), prétexte à toutes les variations possibles de la culture onsen, notamment dans la ville d’eaux Kusatsu.
Luxe et air pur
Malgré l’incapacité de la préfecture de Gunma à parler d’elle, les autochtones ont fini par la découvrir : selon le dernier classement d’une association, Furusatokaiki, Gunma est la préfecture préférée des Japonais pour déménager. Les tour operators aussi. Le très en vue Not a hotel, agence immobilière de villégiatures design de luxe pour clientèle (très) fortunée, a niché ses villas les plus impressionnantes dans les forêts de de Kitakaruizawa et de Minakami.
Yoshiharu Hoshino, le fondateur visionnaire de l’agence Hoshino Resorts, a ouvert le premier hôtel d’une nouvelle chaîne destinée au tourisme de plein air au cœur du parc naturel d’Ozé ; il ouvrira en juin dans la station thermale Kusatsu Onsen Kai Kusatsu, un ryokan consacré à la culture locale du bain. «Le Japon est bon pour le tourisme culturel, pas pour le tourisme naturel. Si on peut créer une offre liée à la nature dans les 35 parcs nationaux du pays, nous pourrons réussir à étendre le tourisme dans les régions », note Yoshiharu Yoshino dans une récente interview au quotidien Asahi. Pèlerins, en route pour Gunma.
