Le marché de la bière reprend des couleurs, malgré la fermeture de plus de 200 brasseries en 2025
Selon des chiffres publiés ce mardi, le marché français de la bière s’est stabilisé en 2025 après deux années de baisse. On note malgré tout la fermeture de plus de 200 brasseries.
Passer la publicité Passer la publicitéLe marché de la bière en France, après deux années de baisse, s'est stabilisé en 2025 mais avec la fermeture de plus de 200 brasseries, malgré la montée du sans-alcool, a souligné mardi le syndicat Brasseurs de France. Les deux années de repli (-7% entre 2022 et 2024) ont fragilisé le secteur. En 2025, les volumes ont progressé légèrement pour la bière consommée à domicile (+1,2% en grandes et moyennes surfaces, selon NielsenIQ). Mais Brasseurs de France évalue à 1,5% le recul de la consommation en dehors du domicile (dans les cafés, restaurants, hôtels...), qui représente environ un tiers du chiffre d'affaires de la bière.
Période clé, l'été dernier a enregistré une progression de 1,4% par rapport à l'été 2024, marqué par une météo défavorable. En juillet et août, 600.000 litres supplémentaires de bière sans alcool ont aussi été vendus par rapport à la même période en 2024, sans inverser la tendance annuelle. Ce segment a crû de 11,5% sur un an, et sa part approche désormais 6% du marché en grande distribution. Parmi les raisons de cette hausse figure «un plus grand choix : désormais, on trouve des IPA , des bières ambrées ... sans alcool», a expliqué à l'AFP Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France.
Passer la publicitéSelon une enquête menée en janvier par le syndicat, 40% des brasseurs interrogés produisent de la bière sans alcool, et 30% disent avoir un projet. Mais, l'an dernier, le secteur a enregistré la fermeture de 209 brasseries - un nombre quasiment équivalent au nombre d'ouvertures (213) -, due au repli de la consommation combiné à l'augmentation des coûts de production. En 2024, il y avait eu plus de fermetures que d'ouvertures. Les coûts de production ont augmenté : électricité (avec la fin de l'Arenh, le mécanisme de régulation des prix de l'électricité nucléaire), redevances sur l'eau... «On a un sujet de perte de compétitivité», a alerté Mme Filhue, en soulignant aussi le «besoin de stabilité fiscale et réglementaire». «La filière investit, mais il lui faut une capacité de vision à moyen terme», a-t-elle plaidé.
La France reste le dernier pays consommateur de bière de l'UE (33 litres par habitant), mais elle est aussi le premier pays en nombre de brasseries (environ 2.500, à 96% des TPE-PME), note Brasseurs de France. Le secteur met en avant sa capacité de diversification. Outre la bière sans alcool, la tendance reste sur les IPA, les pils (blondes) en cœur de marché et les bières de spécialité. Quant aux contenants, 2025 a vu croître les canettes en grande distribution (une bière sur quatre) et les bouteilles de 75 cl.
