« Les locataires parisiens ont évité une hausse de loyer de 82 € par mois » : le bilan de l’encadrement des loyers à Paris est positif selon des économistes
Une équipe d’économistes vient de démontrer que le dispositif, en place depuis 2019, modère la hausse des loyers.
Passer la publicité Passer la publicitéVoilà qui devrait réjouir les locataires... moins leurs bailleurs. Mi-juin, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a montré que l’encadrement avait contenu la hausse des loyers dans la capitale. L’étude (1), réalisée par une équipe d’économètres du Cesaer (2) à la demande de la mairie de Paris, constate qu’entre la mise en place du dispositif, le 1er juillet 2019, et le 30 juin 2024, « les loyers ont été en moyenne inférieurs de 5,2 % à ce qu’ils auraient été en l’absence d’encadrement ».
« Nous ne nous sommes pas contentés d’observer l’évolution des loyers dans les petites annonces », explique Stéphanie Jankel, directrice d’études à l’Apur. « Notre modèle permet de déterminer ce qui se serait passé si les loyers n’avaient pas été encadrés. Et le résultat est sans appel : sur 5 ans, les locataires parisiens ont, en moyenne, évité une hausse de loyer de 82 € par mois, soit 984 € par an. »
Passer la publicitéDe plus en plus efficace
L’« efficacité » du dispositif s’est même accentuée avec le temps : il a conduit à une modération de la hausse des loyers à hauteur de 8,2 % sur les 12 derniers mois observés, contre à peine 2,5 % la première année.
Les petits logements davantage affectés
L’étude confirme par ailleurs que les effets de l’encadrement sont plus marqués sur les petits logements. La « hausse de loyer évitée » est ainsi de 13,1 % sur 5 ans pour les appartements de moins de 18 m², alors qu’elle n’est que de 5 % pour ceux de 40 à 60 m², par exemple.
L’étude n’a pas été commandée dans le vide. Barbara Gomès, chargée de la question à la mairie de Paris, rappelle que « l’encadrement, en place à titre expérimental, pourrait être suspendu fin 2026. L’Apur nous donne des arguments pour le débat qui ne manquera pas d’avoir lieu dans les prochains mois. » L’étude permet aussi à Paris – associée aux mairies des quelque 70 villes qui ont choisi d’encadrer leurs loyers – de prendre le gouvernement de court, en publiant, la première, un bilan chiffré de l’expérimentation.
Un rapport à l’automne
Conformément à ce que prévoit la loi, Matignon a en effet chargé, mi-avril, les économistes Gabrielle Fack et Guillaume Chapelle, professeurs respectivement à Paris Dauphine et CY Cergy Paris Université, de mesurer les effets de l’expérimentation. Leurs conclusions sont attendues à l’automne.
