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Crash du Rio-Paris en 2009 : le procès s’ouvre en appel

Par Le Figaro avec AFP

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La marine brésilienne récupère une partie de la queue de l’A330 d’Air France, écrasé en plein vol au-dessus de l’océan Atlantique, le 1er juin 2009. - / AFP

En 2023, le tribunal de Paris a considéré que si des «imprudences» et «négligences» avaient été commises par Airbus et Air France, «aucun lien de causalité certain» n’avait «pu être démontré» avec l’accident.

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Seize ans après le crash du vol Rio-Paris AF447 qui a tué 228 personnes, le procès pour homicides involontaires de la compagnie Air France et le constructeur Airbus, relaxés en première instance, s’est ouvert lundi 29 septembre pour deux mois à la cour d’appel de Paris.

Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’est abîmé en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage. En 2023, le tribunal de Paris a considéré que si des «imprudences» et «négligences» avaient été commises par Airbus et Air France, «aucun lien de causalité certain» n’avait «pu être démontré» avec l’accident.

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Les boîtes noires ont confirmé le point de départ de l’accident: le givrage des sondes de vitesse Pitot alors que l’avion volait à haute altitude dans la zone météo difficile du «Pot au noir», près de l’équateur. Pour cet accident aérien, passé à la postérité par la célèbre photo de la dérive tricolore arrachée à l’avion et flottant au milieu de l’océan Atlantique, les deux entreprises sont jugées jusqu’au 27 novembre par la cour d’appel de Paris. Elles encourent jusqu’à 225.000 euros d’amende.

«Soumettre l’affaire à un second degré de juridiction»

«Air France maintiendra ici qu’elle n’a pas commis de faute pénale à l’origine de cet accident. J’ai conscience que cette parole peut être difficile à entendre pour les proches des victimes mais je tiens à souligner qu’elle n’altère en rien notre compassion pour ce qu’elles ont vécu et continuent à vivre», a déclaré à la barre la directrice générale d’Air France, Anne Rigail.

Alors que le ministère public avait requis à l’audience la relaxe des deux entreprises, le parquet général a tout de même fait appel du jugement, «afin de donner leur plein effet aux voies de recours prévues par la loi et soumettre l’affaire à un second degré de juridiction».

«Dernière cartouche»

Sur les 489 parties civiles constituées lors du procès de première instance, 281 se sont jointes à l’appel dans ce dossier aux 20.000 cotes de procédure s’étalant sur 105 tomes. Pour les familles, ce procès représente la «dernière cartouche», selon Philippe Linguet, frère d’une victime du crash.

«Nous souhaitons une justice qui soit combative, qui sorte du cadre pour condamner deux entreprises européennes et multinationales pour leur dire, des mots simples: "vous avez commis des fautes, vous devez les reconnaître"», a déclaré à la presse avant le début du procès le vice-président de l’association Entraide et solidarité AF 447.

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Le transporteur Air France est poursuivi pour ne pas avoir mis en œuvre une formation de pilotes adaptée aux situations de givrage des sondes Pitot, qui mesurent à l’extérieur de l’avion la vitesse de l’appareil, et procédé à une information suffisante des équipages.

Les dirigeants interrogés à partir du 27 octobre

Quant au constructeur aéronautique européen Airbus, la justice lui reproche d’avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques et de n’avoir pas pris toutes les dispositions nécessaires pour en informer d’urgence les compagnies aériennes qui en étaient équipées, ce que le constructeur conteste également.

«Nous ne reconnaissons pas les charges qui nous sont reprochées. Je le dis avec humilité, dans le respect du rôle de la justice, et avant tout avec mon profond attachement à la sécurité du transport aérien», a indiqué à la cour d’appel Guillaume Faury, le PDG d’Airbus. Les premiers débris de l’avion et des corps ont été retrouvés dans les jours suivant le crash. Mais l’épave n’a été localisée que deux ans plus tard, après de longues recherches, à 3900 mètres de profondeur.

Déstabilisé par les conséquences de la panne des sondes, l’un des copilotes a adopté une trajectoire ascendante et, dans l’incompréhension, les trois pilotes n’ont pas réussi à reprendre le contrôle de l’avion, qui a décroché et heurté l’océan 4 minutes et 23 secondes plus tard. Selon le calendrier prévisionnel, le premier mois du procès sera consacré à des auditions de témoins et d’experts. Les représentants d’Airbus et Air France devraient être interrogés à partir du 27 octobre.

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10 commentaires
  • Berlinois

    le

    A tous ceusses qui lancent des cries d'orfraies au sujet du mot écrasement :
    Arrêté du 21 septembre 1993 relatif à la terminologie des transports : écrasement n. m.
    Domaine : Transport/Transport aérien
    Définition : Accident qui intervient lors de l'atterrissage ou de l'amerrissage non maîtrisé ou du décollage interrompu d'un aéronef
    Note : 1 Cet accident se distingue de la collision avec un aéronef.
    Note : 2. Le terme écrasement, utilisé dès le début de l'aviation, est courant au Canada.
    Note : 3. Le terme crash ne doit pas être utilisé en français.
    Et l'académie française est d'accord :
    S’il est possible d’employer crash aérien pour désigner un accident dans lequel un avion se fracasse contre quelque chose, on évitera de dire qu’un avion s’est crashé pour expliquer qu’il s’est écrasé au sol puisque le français dispose de termes adéquats pour rendre compte de ce fait.

  • optimator

    le

    Airbus et AIr France ne sont quasiment pour rien dans ce drame, la responsabilité pesant presque exclusivement sur la suite d'erreurs commises par l'équipage comme le démontre parfaitement le rapport du BEA. On ne peut évidemment pas leur en vouloir. Mais ce procès ne vise qu'à tenter de déplacer les responsabilités, c'est inacceptable.
    On ne peut qu'espérer que la relaxe, prononcée en première instance, soit confirmée en appel.

  • marseillaise

    le

    Quand on monte dans un avion on sait les risques que l’on prend.

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