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Notre critique d’Ulysse : un truc en plus pour le handicap au cinéma

Par Florence Vierron

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Dans le film de Lætitia Masson, Stanislas Merhar et Élodie Bouchez incarnent les parents d’Ulysse, un enfant handicapé. ARP 2026

CRITIQUE - Le nouveau film de Lætitia Masson est inspiré de son histoire personnelle. Celle du parcours d’une combattante pour que son fils handicapé trouve une place dans la société. Poignant.

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Personne n’est préparé à cela. À l’annonce de l’arrivée d’un bébé, les parents expriment leur préférence pour un prénom, préparent une chambre voire imaginent ce qu’il fera plus tard. Mais découvrir aux alentours du premier anniversaire que leur enfant ne coche pas les cases du développement normal, aucun parent n’a les outils pour affronter un tel choc. C’est ce qui arrive à Alice (Élodie Bouchez), chercheuse en sociologie, et Vladimir (Stanislas Merhar), pianiste. À un an, Ulysse (Alphonse Roberts) ne tient pas sur ses jambes, est tout petit, ne mange pas et semble souvent absent. Après un premier bilan, le verdict tombe : il est atteint du syndrome de Noonan.

Dans leur appartement aux grandes baies vitrées sur le parvis des Olympiades, à Paris, Alice et Vladimir vont devoir s’adapter. La vie avec Ulysse promet des murs de difficulté, mais aussi de multiples graines de bonheur. Ulysse ignore les gâteaux d’anniversaire débordant de crème ? Sa mère lui présente une baguette beurrée avec des bougies puisque seules les tartines de beurre ont ses faveurs. Attraper un ballon ou faire ses lacets ? Mission impossible pour ce garçon hypersensible qui hurle quand on lui caresse la main. Mais à l’heure d’affronter le monde extérieur, les obstacles ressemblent à l’ascension d’un 8 000 mètres.

À lire aussi « Personne ne peut dire comment entend une personne sourde » : avec le film Sorda, Eva Libertad fait entendre la surdité

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Supporter la différence et l’impuissance

L’arrivée d’un enfant handicapé, c’est avant tout un séisme qui met le couple à l’épreuve. Celui d’Alice et Vladimir n’y échappe pas. Sans mode d’emploi, chacun fait comme il peut en pensant agir au mieux. Parfois sans concertation avec l’autre, ce qui amène des tensions. Pour l’épauler, Alice compte sur sa bonne copine Laura (Romane Bohringer), maquilleuse pour le cinéma un peu déjantée qui l’oriente vers le positif. Pour supporter la différence, et son impuissance, Vladimir, plus introverti que sa femme, parle à son piano et lui confie ses larmes. L’éloignement sera sa seule arme. Mais pas l’abandon.

Avec Ulysse, la réalisatrice Lætitia Masson parle d’un sujet qu’elle connaît bien. Mieux : d’un sujet qui l’a mise dans un tourbillon. Car Ulysse, le garçon handicapé dont elle raconte le parcours cabossé pour se faire une place dans la société, c’est son fils. Et Alphonse Roberts, qui incarne ce jeune homme attendrissant, c’est encore son fils. Si elle a mis de la fiction dans ce long-métrage et modifié quelque peu les vrais personnages, son film transpire la réalité. Elle est souvent embarrassante - « je ne suis pas magicien », balance un instituteur -, blessante - « il ne marchera jamais », annonce un médecin -, voire cassante - « la famille, ce n’est pas la vraie vie », affirme la directrice d’un institut spécialisé.

Un monde d’acronymes

Récemment, Sorda montrait comment une femme sourde devait s’adapter à son entourage et à une société où rien n’est prévu pour les non-entendants. Lætitia Masson s’inscrit dans la même veine quand elle décrit le combat des parents d’un enfant handicapé pour trouver une structure capable de l’accueillir. Soit un lieu où l’on accepte « les personnes pas comme les autres ». Un contre-la-montre qu’elle symbolise avec l’image récurrente d’un sablier et des couchers de soleil qui laissent espérer un lendemain plus souriant.

Bienvenue dans le monde des acronymes. Alice découvre la MDPH, les AVS, IME, CAJ et autres Esat. Le spectateur qui n’est pas familier avec le handicap reste éberlué, quand celui qui a été sensibilisé au sujet ou le connaît de près repart à l’assaut des montagnes russes administratives. Mais la réalisatrice d’Un hiver en été ou de Chevrotine choisit un traitement à rebours de la plainte. Au contraire, elle montre une mère combative au point de s’oublier, un père accablé par la douleur mais qui maintient un lien après s’être mis à distance et des institutions souvent décourageantes et parfois profiteuses. Elle parvient aussi à nous faire ressentir le monde tel que le perçoit Ulysse, avec des images dédoublées aux couleurs délavées. Aussi volontaire - il rêve d’être chef cuisinier - que sensible, Alphonse Roberts dans son propre rôle, lui, nous saisit autant qu’il nous émeut. Avec ce film, le handicap progresse d’un grand pas au cinéma.


La note du Figaro : 3,5/4.

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1 commentaire
  • Legrinchois

    le

    La science permet d’éviter une majorité de défaillance biologiques.

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